Résumé de la table ronde sur le numérique et les données : le 30 août 2018 — Montréal (Québec)

De : Innovation, Sciences et Développement économique Canada

Domaine d'intervention : La mobilisation de l'innovation
Animée par Janie Béïque

Faits saillants des discussions

La transformation axée sur le numérique et les données demeure un grand défi pour les entreprises. Plusieurs doivent composer avec une pénurie de main-d'œuvre grandissante. De toutes les provinces canadiennes, c'est au Québec où le taux de postes vacants est le plus élevé. Au même moment où les entreprises doivent adopter de nouvelles technologies, près de 6 400 postes en technologies numériques sont à combler au Québec. Le déluge de données dans lequel nous vivons actuellement suscite de plus en plus d'intérêt pour les scientifiques des données et les entreprises s'arrachent même les candidats avant la fin de leur étude.

La majorité des entreprises, particulièrement des PME, n'ont pas encore atteint la maturité numérique nécessaire pour connaître leurs besoins en données connectées. Nous devons mettre en place des mesures d'accompagnement pour que des spécialistes /analystes d'affaires travaillent avec les entreprises afin de poser un diagnostic correspondant à leurs besoins et les aident à gérer la période de transition.

De plus, le passage au numérique est un long processus, d'un minimum de 4 à 5 ans, qui amène des pressions financières pour les entreprises qui n'ont pas le budget pour investir massivement dans le numérique. Plusieurs mesures fiscales sont disponibles, mais peu d'entreprises les utilisent, car elles ne les connaissent pas ou elles ne savent pas comment les obtenir.

Lorsque les entreprises envisagent la mise en œuvre d'une stratégie des sciences des données, la crainte de la propriété des données devient importante. Dès qu'il y a une annonce dans les médias d'une brèche de sécurité qui compromet de l'information confidentielle, cela fait peur aux entreprises et crée un frein pour celles qui voudraient passer à l'action.

Le gouvernement du Canada peut avoir un rôle clé en diffusant des histoires à succès pour inspirer les entreprises à prendre le virage numérique. Dans la Silicon Valley, ce type de pratiques existe déjà et les entreprises s'en inspirent pour amorcer leurs virages numériques.

Si le Canada veut être un leader en innovation et en numérique, il doit être en mesure de donner l'exemple en adoptant les nouvelles technologies, par exemple en utilisant les services infonuagiques et en optant pour un cadre réglementaire agile où la protection de l'identité numérique, des données et des particuliers seront respectées. Les modèles d'affaires changent rapidement et les cadres réglementaires ne sont plus adaptés aux nouveaux modèles qui peuvent offrir des données ouvertes tels qu'Airbnb ou Uber.

Le Canada devrait innover sur ces propres fonds d'investissements et de subvention et assouplir les règles au niveau des demandes de financements universitaires. Il faut faire tomber les barrières entre les institutions et établir des ponts entre le collégial et l'universitaire. On ne peut pas innover en restant dans des silos. Il faut laisser de côté les « égos institutionnels ».

Possibilités/facteurs/défis

Talent et pénurie de main-d' œuvre
Il est primordial d'aller chercher les talents de ce monde pour favoriser le transfert des connaissances chez nous. Le nerf de la guerre c'est le talent. L'immigration! Il faudrait que l'immigration pour les talents de l'international vers le Canada soit facilitée. Il faut penser à la rétention des étudiants étrangers. Aujourd'hui le quart reste après leurs études. Un étudiant étranger qui a étudié au Canada pourrait recevoir, en même temps que son diplôme, un passeport canadien. Nous passons à côté de 26 000 étudiants qui quittent après leurs études.
Les compétences numériques 
L'apprentissage du numérique doit être intégré dès le primaire afin de sensibiliser les jeunes à un bas âge et former la main-d'œuvre future. À titre d'exemple, le Luxembourg a instauré une initiation au code, appelée CodeKlass, pour stimuler la réflexion des jeunes sur l'importance du numérique pour leur avenir. Pour appuyer le besoin de formation adapté aux besoins spécifiques de la main-d'œuvre de l'industrie, le gouvernement pourrait contribue davantage au Fonds de développement et de reconnaissance des compétences de la main-d'œuvre.
Cybersécurité
Les entreprises doivent veiller à la sécurité de leurs systèmes internes et structure opérationnelle. Beaucoup de brèches de sécurité viennent d'un manque de compétences et connaissances et non de malfaisance. Tous les travailleurs en entreprises, incluant ceux qui n'occupent pas des postes technologiques, doivent recevoir de la formation sur les bonnes pratiques à adopter. Le réseau collégial ou le Conseil national de recherches Canada pourrait offrir des cours de formation. De plus, pour renforcer la sécurité des entreprises et le réseau canadien, l'instauration d'une désignation en cybersécurité de style Energy Star est suggérée.
L'infonuagique 
Plus de 50 % des entreprises canadiennes ne sont pas encore passées à l'infonuagique. Les entreprises désirent obtenir des données en temps réels, mais elles ignorent souvent qu'elles doivent préalablement passer à l'infonuagique avant de pouvoir les obtenir.

Idées/Résultats

Les données de santé 
Le secteur des sciences de la vie est à la fois un grand utilisateur de technologies numériques et un immense générateur de données. Le manque d'accès aux données ou la complexité du processus pour les obtenir freine l'utilisation des mégadonnées nécessaire à la recherche médicale. Puisqu'il y a une réticence des patients à fournir leurs données de santé avec le secteur privé, le gouvernement pourrait effectuer une preuve de concept en créant une base de données interne pour l'étendre avec des données externes ensuite. Israël, qui a numérisé ses données en santé il y a 15 ans, attire des compagnies et des chercheurs de partout dans le monde qui désirent travailler avec leur énorme base de données de patients.
Accompagnement 
Un programme d'accompagnement inspiré du programme PME 2.0 en partenariat avec le gouvernement du Canada pour soutenir les entreprises dans l'adoption de technologies numériques. Plus précisément, pour les aider à poser un diagnostic adapté à leurs besoins et les guider dans la mise-en-place d'une stratégie numérique adaptée.
Les modèles gouvernementaux 
Lorsque nous élaborons une approche du numérique et des données, il est important de mettre en place une approche coordonnée. À titre d'exemple, pour augmenter son taux de croissance de 5 % dans l'innovation et les TI, Israël a revu tout son système d'incitatifs destiné aux entreprises selon leur stade de développement d'une manière globale. Le gouvernement du Royaume-Uni a instauré un modèle de Data Trust qui négocie l'utilisation des données au nom du citoyen.
Crédit d'impôt
Le crédit d'impôt est un bon outil pour la recherche et le développement, mais il est sous-utilisé en ce moment. Le défi est d'être novateur dans les façons d'inciter les entreprises à passer au numérique. Alors que les start-ups sont agiles et prennent des risques, les PME établies ont de la difficulté à innover. L'instauration d'un crédit d'impôt pour inciter les PME établies à consommer des produits de start-up favoriserait le développement de nouvelles technologies et permettrait aux entreprises de maintenir leurs niveaux de compétitivité. Il est difficile pour les entreprises multidisciplinaires de se qualifier pour obtenir les crédits d'impôt, autre que pour la R&D, avec des codes SCIAN qui sont désuets. Une méthode plus représentative pourrait les aider à concurrencer face aux géants du Web, comme les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon).

Il faut aussi reporter les prises de contrôle de sociétés numériques (agences numériques) par des sociétés de l'extérieur. Comment faire en sorte qu'elles restent ici, que les centres de décisions ne sortent pas du Québec et du Canada. Le gouvernement peut donner des conditions au financement d'entreprises internationales (dont les crédits R&D et crédits multimédias) qui sont installées au Canada comme de redonner à la communauté en réinvestissant localement : en créant des partenariats et en choisissant des fournisseurs locaux.
Les dispositions législatives et réglementaires du Canada
Dans le cadre de la réforme de la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques (LPRPDE), le Canada doit demeurer une juridiction ou l'équilibre entre l'économie du numérique et les droits individuels est respecté. Le Luxembourg offre un environnement réglementaire adapté aux derniers développements technologiques auxquels nous pourrions nous inspirer. Le gouvernement Canadian doit faire connaître le cadre réglementaire aux entreprises et aux particuliers. Il existe déjà des initiatives privées d'autoréglementation de la publicité ciblée comme Choix de pub.
Les infrastructures numériques
le gouvernement pourrait permettre aux municipalités d'obtenir des infrastructures sans passer par le CRTC pour que ce soit comme les routes, les aqueducs, etc. Les infrastructures doivent être durables et alimentées par les énergies vertes. Il faut donner l'accès à l'internet à haute vitesse PARTOUT. Il doit y avoir une stratégie canadienne sur les infrastructures. 12 milliards ont été versés au gouvernement fédéral pour l'achat du droit des spectres. Ces fonds pourraient être réinvestis dans les infrastructures.

Liste des participants

  1. CargoM
  2. Transmedtech
  3. Montréal InVivo
  4. MedTeq
  5. Fédération des chambres de commerce du Québec
  6. CENTECH
  7. Youth Employment Services (YES)
  8. Technocompétences — CSMO
  9. Université McGill
  10. Techno Montréal
  11. Centre facilitant la recherche et l'innovation dans les organisations, à l'aide des technologies de l'information et de la communication (CEFRIO)
  12. LDJ Conseil
  13. Alliance Numérique
  14. Réseau QuébecInnove
  15. Université Concordia
  16. Computers for Success
  17. EY
  18. Centre de recherche informatique de Montréal (CRIM)
  19. École polytechnique de Montréal
  20. Montreal Institute for Learning Algorithms (MILA)
  21. Université de Montréal
  22. École de technologie supérieure
  23. Université Concordia
  24. Montréal International
  25. Institut de valorisation des données (IVADO)
  26. Association des agences de communication créative
  27. Deep Mind — AI Research Lab
  28. HEC Montréal Summer School on Management of Creativity in an Innovation Society
  29. Fonds FTQ
  30. Calcul Québec
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