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Portrait des communautés d’expression anglaise du Québec


Remerciements

Le Direction générale des programmes d’appui aux langues officielles de Patrimoine canadien remercie les nombreuses personnes et organismes qui ont contribué à l’élaboration de ce document, en commençant par la principale rédactrice, Beverley Caplan, du bureau régional de Montréal, ainsi que la Direction générale, politique, planification, et recherche stratégiques du Ministère et le Quebec Community Groups Network. Un comité d’experts associé au Réseau de recherche sur les communautés québécoises d’expression anglaise a également fourni de nombreux conseils pour déterminer le contenu du document.

Avant-propos

Le présent document constitue une synthèse de la recherche actuelle sur les communautés anglophones du Québec en tant que communautés de langue officielle en situation minoritaire au Canada. Au cours des dernières décennies, plusieurs études ont tenté de saisir la réalité de vie de cette population par rapport à un large éventail d’enjeux, qu’ils soient démographiques, institutionnels ou politiques. L'aperçu suivant souligne le travail de chercheurs universitaires, d’organismes gouvernementaux, du secteur communautaire et dresse un portrait à jour de ces communautés à partir de données probantes récentes.

Bien que l’étude ait une grande portée, elle ne tente pas de couvrir en détail les enjeux cités dans le texte et ne fait pas référence à tous les aspects du développement communautaire. Pour plus d’information, le lecteur est invité à consulter la bibliographie, qui comprend une liste de références utilisées dans cette synthèse, ainsi que d’autres lectures suggérées, qui portent également sur la vitalité des communautés. Une de ces lectures est le rapport de mars 2011 du Comité sénatorial permanent des langues officielles : L’épanouissement des communautés anglophones québécoises : du mythe à la réalité, qui fait une description exhaustive des communautés et formule une série de recommandations visant à favoriser leur développement.


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Introduction

L’un des éléments qui définissent les communautés d’expression anglaise du Québec est leur statut unique au Canada, soit celui d’une minorité au sein de la majorité francophone du Québec, elle même en situation minoritaire au Canada. Autrefois perçue comme une élite socioéconomique, la minorité de langue anglaise de la province est actuellement en déclin et perd de son dynamisme, si l’on en croit certaines mesures telles que les données démographiques, le réseau institutionnel et le statut juridiqueNote de bas de page 1. Comme leurs porte-parole le soulignent, le principal sujet de préoccupation des communautés d’expression anglaise n’est pas l’avenir de l’anglais, qui domine largement en Amérique du Nord et dans le reste du monde, mais plutôt celui des communautés elles mêmes, particulièrement celles qui se trouvent dans les régions rurales ou éloignées. Malgré ces défis auxquels les communautés d’expression anglaise font face, le présent rapport présentera des constatations qui laissent entrevoir une vigueur renouvelée dans certaines sphères de la vie en société.

Le concept de l’épanouissement est tiré de la Loi sur les langues officielles (LLO) qui oblige le gouvernement fédéral à prendre des mesures positives pour favoriser l’épanouissement des minorités francophones et anglophones et pour appuyer leur développement. Cette même notion sous tend la recherche sur les communautés d’expression anglaise dont il sera question dans la suite du présent document.Note de bas de page 2


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Données Démographiques

Caractéristiques de la population

L'une des caractéristiques de l'épanouissement des communautés de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM) est le capital démographique, soit la taille de la minorité par rapport à celle de la majorité ainsi que sa concentration numérique.Note de bas de page 3 De 1971 à 2001, la proportion de personnes déclarant l'anglais comme langue maternelle au Québec a considérablement chuté, passant de 13,1 % à 8,3 % de la population totale de la province. C'est seulement durant la dernière période de recensement (2001 2006) que les anglophones de langue maternelle anglaise ont connu une légère croissance, soit de 591 365 à 607 165.Note de bas de page 4

S'il est vrai que la population ayant l'anglais comme langue maternelle a diminué au Québec depuis les années 1970, cette baisse est en partie compensée par la hausse du nombre d'allophones dont la première langue officielle parlée est l'anglais. C'est principalement sur cette définition élargie de première langue officielle parlée que le gouvernement fédéral se fonde lorsqu'il évalue la taille de la population anglophone du Québec, notamment aux fins de la prestation de services fédéraux.Note de bas de page 5Note de bas de page 6 Ainsi, selon les données de 2006, la population totale d'anglophones a atteint 995 000, ce qui correspond à 13,4 % de la population québécoise et équivaut approximativement au total des membres des CLOSM dans le reste du Canada.Note de bas de page 7

La proportion des anglophones qui n'ont pas l'anglais comme langue maternelle ne cesse de croître depuis 1981, et résulte à la fois du départ vers d'autres provinces des personnes ayant l'anglais comme langue maternelle et du nombre croissant d'allophones qui se joignent aux effectifs de la communauté d'expression anglaise. Pour la période de 2001 à 2006 seulement, le nombre de personnes ayant l'anglais comme langue maternelle a augmenté de 16 000, tandis que le nombre d'allophones a fait augmenter les effectifs de la population anglophone de 76 000.Note de bas de page 8

Outre les importants changements ayant marqué leur évolution démographique, les communautés d'expression anglaise présentent de grandes disparités d'une région à l'autre, en termes de répartition et de concentration. Si 80,5 % des anglophones vivent dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal, le reste est très dispersé dans la province : 5,9 % vivent en Outaouais, 5,1 %, en Estrie et dans les régions du Sud, et 1,7 %, dans la ville de Québec et ses environs. Les anglophones représentent 22,3 % de la population dans la RMR de Montréal, 17,4 %, en Outaouais, 8,7 %, en Estrie et dans les régions du sud, et 1,3 %, dans la région de Québec et de ses environs.Note de bas de page 9

Diversité

Longtemps perçues comme monolithiques, les communautés d'expression anglaise sont aujourd'hui décrites comme des communautés multiples à la fois diversifiées, multiculturelles et multiraciales.Note de bas de page 10 Les données révèlent que les communautés d'expression anglaise du Québec d'aujourd'hui présentent une plus grande hétérogénéité ethnoculturelle que les communautés francophones et qu'elles sont les plus diversifiées de toutes les CLOSM au Canada.Note de bas de page 11 Traditionnellement, l'immigration en provenance de l'Europe assurait la croissance des communautés d'expression anglaise, et les signes de ces origines sont encore très présents dans les communautés régionales de la province. Toutefois, depuis les années 1970, la proportion des immigrants au Québec ayant l'anglais comme première langue officielle parlée est en baisse : ils représentaient 20 % des nouvelles arrivées autrefois, mais seulement 2,5 % en 2006.Note de bas de page 12 Étant donné que la majorité (88 %) de ceux qui immigrent au Québec choisit de résider dans la grande région métropolitaine de Montréal, la communauté anglophone est de plus en plus composée de personnes dont la langue maternelle n'est pas l'anglais. Un anglophone sur cinq est membre des minorités visibles, lesquelles sont majoritairement composées de Noirs, les Asiatiques du Sud formant le deuxième groupe en importance.

Les communautés d'expression anglaise du Québec diffèrent entre elles non seulement sur le plan de la composition, mais aussi en raison de leur situation. D'une part, celles qui se trouvent en région et à l'extérieur de la région métropolitaine de Montréal subissent, à différents degrés, des pertes économiques et démographiques, accentuées par les conditions difficiles qui sévissent dans les régions éloignées comme la Basse Côte Nord et la Côte Nord. D'autre part, à Montréal, les communautés d'expression anglaise reposent sur un fondement socioéconomique plus solide, mais doivent faire face à des difficultés constantes liées à leur nature hautement hétérogène, multiraciale et multiethnique.Note de bas de page 13

Migration interprovinciale

De 1971 à 2006, année qui a marqué la fin de la phase de déclin, la perte nette a totalisé plus de 180 000 personnes, y compris les immigrants qui parlaient uniquement l'anglais à leur arrivée au Québec. La baisse du nombre de Québécois ayant l'anglais comme langue maternelle s'explique en grande partie par l'exode vers d'autres provinces à la suite de l'élection du Parti Québécois en 1976 et de l'entrée en vigueur de la Charte de la langue française en 1977, et par le transfert vers l'ouest d'éléments clés de l'économie. Durant cette période de transition, la migration nette vers les autres provinces et territoires (particulièrement l'Ontario, et surtout durant les années 1970) a été plutôt massive, et le taux de natalité a baissé au point de se retrouver sous le seuil de renouvellement des générations.Note de bas de page 14 Les principaux facteurs qui ont motivé les anglophones à envisager de quitter la province étaient d'ordre politique ou linguistique pour les non immigrants (26 %) et d'ordre éducatif ou économique pour les immigrants (31 %).Note de bas de page 15

Ce taux de rétention des anglophones du Québec (soit la proportion de ceux qui résidaient dans leur province de naissance au moment du Recensement) est atypique lorsqu'on le compare à celui d'autres populations canadiennes, y compris les francophones en situation minoritaire à l'extérieur de la province. Selon l'analyse basée sur la langue maternelle, des 70 % d'anglophones nés au Québec et vivant dans la province en 1971, près de 50 % avaient migré ailleurs au Canada en 2001. De plus, ceux qui avaient un niveau de scolarité élevé étaient plus nombreux que les autres à quitter la province. Par ailleurs, l'analyse des cohortes donne à penser que ceux qui sont demeurés au Québec avaient un taux de chômage plus élevé (8,5 %) que ceux qui en étaient partis (4,3 %), et que cette tendance devrait se poursuivre.Note de bas de page 16 Comme Floch et Pocock le font remarquer, cet exode des communautés d'expression anglaise est le résultat d'un phénomène de « milieu manquant » : autrement dit, une surreprésentation de ceux qui sont plus âgés et bien intégrés à la population active à un bout du spectre socioéconomique et de ceux qui sont moins âgés et moins scolarisés à l'autre bout.

Bilinguisme

La hausse du niveau de bilinguisme observée ces dernières décennies est une autre caractéristique des communautés d'expression anglaise qui témoigne de leur désir de faire partie intégrante de la société québécoise. Le bilinguisme anglais français a connu une progression marquée chez les anglophones (étant passé de 37 % en moyenne en 1971 à 69,8 % en 2006), où il est plus courant que chez les francophones (36,1 % en 2006). Par ailleurs, des écarts sont observés entre les régions et semblent corrélés avec la concentration d'anglophones au sein de la population majoritaire, en ce sens que les anglophones affichent généralement un taux de bilinguisme plus élevé (par exemple 90,4 % dans la région de Québec, 89,5 % en Mauricie et 56 % en Outaouais) dans les communautés où la proportion d'anglophones est plus faible. De plus, les taux de bilinguisme varient selon les catégories d'âge : les personnes âgées de 50 ans ou plus ont une moins bonne connaissance du français que les membres des autres groupes, et les personnes âgées de moins de 24 ans présentent le taux de bilinguisme le plus élevé (82,5 %).Note de bas de page 17

Identité

Selon l'Enquête sur la vitalité des minorités de langue officielle, qui porte sur le lien entre le bilinguisme et l'identité, « environ 55 % [des anglophones] ont déclaré s'identifier "surtout" ou "seulement" au groupe anglophone comparativement à 37 % ayant déclaré s'identifier tant au groupe anglophone que francophone »Note de bas de page 18. Les résultats sont plus contrastés lorsqu'on distingue les Anglo québécois ayant uniquement l'anglais comme première langue officielle parlée de ceux ayant et le français et l'anglais comme première langue officielle parlée: ainsi, « 59 % des premiers ont déclaré s'identifier uniquement ou surtout au groupe anglophone comparativement à 19 % des seconds ».Note de bas de page 19

Sentiment d'appartenance

Selon les résultats de l'Enquête sociale générale (Statistique Canada, 2003), qui évaluait le sentiment d'appartenance des Canadiens à leur ville, à leur province de résidence et au Canada, les Québécois ayant l'anglais comme langue maternelle montraient un plus grand attachement au Canada que les Québécois francophones (93,6 % contre 71,2 %), et le sentiment d'appartenance à leur province le plus faible (69,7 %). Une enquête subséquente sur Montréal réalisée par Decima et Patrimoine canadien a donné des résultats similaires, qui illustrent la très grande diversité de la population d'anglophones ayant l'anglais comme première langue officielle parlée et le fait que bon nombre de Québécois qui ne sont pas nés au Québec ressentent un fort sentiment d'appartenance à leur lieu d'origine.Note de bas de page 20


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Dimension économique

Le statut économique a aussi des répercussions sur la vitalité des communautés de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM), et les principales caractéristiques de cette dimensionNote de bas de page 21 sont liées au niveau de scolarité, à l’emploi et au revenu.Note de bas de page 22

Scolarité

À l’échelle nationale, les anglophones ont un niveau de scolarité plus élevé que les autres Canadiens : ils ont 17 % plus de chances d’avoir un diplôme d’études postsecondaires, et une probabilité de ne pas avoir de diplôme d’études secondaires inférieure de 14 %.Note de bas de page 23 Au Québec, les Anglo-Québécois se situent à l’autre extrémité du spectre de la scolarité, par rapport à la majorité francophone, 25 % d’entre eux ayant un diplôme universitaire, contre à peine plus de 15 % des Québécois francophones.Note de bas de page 24 Au sein même des communautés d’expression anglaise, le profil de la scolarité varie généralement en fonction de la région ou de la génération. De plus hauts niveaux de scolarité sont observés dans les régions urbaines, par exemple dans les villes de Montréal et de Québec, et chez les cohortes plus âgées.Note de bas de page 25

Profils socioéconomiques

Malgré les niveaux élevés de scolarité et de bilinguisme des communautés d’expression anglaise, la situation socioéconomique de ces communautés s’est détériorée en raison des mutations importantes qu’a connues la population au cours des 40 dernières années.Note de bas de page 26

Chômage

  • Dans leur analyse des données du Recensement de 2001, Floch et Pocock révèlent que les communautés d’expression anglaise ont le taux de chômage le plus élevé au Canada à 9,4 %, contre 7,4 % pour l’ensemble de la population canadienne et 8 % pour la majorité francophone du Québec. Au Québec, le taux de chômage des communautés d’expression anglaise était supérieur à la moyenne provinciale dans pratiquement toutes les régions, exception faite de Montréal, et même considérablement plus élevé dans certaines régions, comme la Côte Nord (30,9 %) et Gaspé (29,2 %). Le taux de chômage subit aussi l’influence des générations, le recul socioéconomique étant plus prononcé chez les cohortes plus jeunes (les 15 à 24 ans et les 25 à 44 ans).

D’après les données du Recensement de 2006, l’écart entre le taux de chômage des communautés d’expression anglaise et celui de la majorité francophone, lequel était, à 17 %, déjà considérable au cours de la dernière période de recensement, s’est creusé davantage et atteint maintenant 33 %. L’écart entre la minorité et la majorité linguistiques s’atténue graduellement à l’extérieur du Québec, tandis que l’inverse se produit dans la province. Comparativement aux autres CLOSM au Canada, les communautés anglophones du Québec se situent maintenant au deuxième rang, après la minorité francophone du Nouveau Brunswick, pour ce qui est du taux de chômage supérieur à celui de la majorité environnante.Note de bas de page 27

Selon une étude sur la population noire de Montréal faite en 2009 par l’Université McGill, les taux de chômage ne varient pas seulement en fonction de la région, mais aussi en fonction du sous groupe de la population. Selon cette étude, la communauté noire anglophone de Montréal subit un désavantage économique encore plus grand que les communautés d’expression anglaise. En effet, les membres de la communauté noire risquent deux fois plus d’être au chômage que les autres habitants de Montréal, et les titulaires d’un diplôme d’études supérieures ont moins de chances d’occuper un emploi que les autres Montréalais qui ont décroché au secondaire.Note de bas de page 28

Revenu

  • Les données du Recensement de 2006 montrent que les anglophones du Québec gagnent 1 806 $ de moins par année que les Québécois francophones si la comparaison est fondée sur les gains médians, mais 3 080 $ de plus si la comparaison est fondée sur les gains moyens.Note de bas de page 29

Les données sur le revenu de 2006 ont fait couler beaucoup d’encre dans les médias au Québec, notamment à propos des faussetés persistantes qui circulent encore sur la situation économique des communautés d’expression anglaise. Peu importe la mesure utilisée, la recherche montre que l’écart de revenu observé autrefois entre la minorité anglophone et la majorité francophone s’est considérablement resserré. Aujourd’hui, plus d’anglophones que de francophones vivent sous le seuil de faible revenu (22 % contre 16 %), et ceux qui vivent en dehors des grands centres urbains ont des taux de chômage et de pauvreté plus élevés. Certains facteurs, comme l’émigration d’anglophones, l’immigration internationale et le fléchissement de la demande de travailleurs anglophones,Note de bas de page 30 ont eu un effet déterminant sur les niveaux de revenu au sein des communautés d’expression anglaise.

Exode des cerveaux

La perte de capital humain, caractérisé par l’exode des esprits les plus talentueux et les plus brillants, figure parmi les grandes préoccupations socioéconomiques des communautés d’expression anglaise. Si ce phénomène s’explique en partie par des éléments structurels de l’économie québécoise (voir paragraphe ci-haut), il convient toutefois de souligner que ce sont essentiellement les membres bilingues des communautés d’expression anglaise qui désertent la province. L’analyse de la mobilité observée de 1996 à 2001 montre que sur les 8 000 anglophones qui sont partis s’installer ailleurs au Canada, 60 % avaient un diplôme d’études postsecondaires et 69 % étaient bilingues.Note de bas de page 31 Même si les données du Recensement de 2006 indiquent que l’exode des anglophones scolarisés a ralenti, le groupe des 25 à 29 ans, dont le niveau de bilinguisme est fort probablement élevé, a néanmoins enregistré une perte nette de 1 000 personnes.

Selon une perception vivace répandue dans les communautés d’expression anglaise, une connaissance accrue des deux langues officielles améliorerait les possibilités d’emploi et aurait un effet concomitant sur les taux de maintien en poste du personnel, surtout chez les jeunes. Or, à ce jour, rien ne semble étayer cette corrélation.Note de bas de page 32 Des rapports gouvernementaux provinciaux révèlent que les anglophones qui maîtrisaient aussi le français gagnaient 17 % de plus que les unilingues francophones en 1970, mais que l’écart s’était entièrement résorbé en 2000. Même si de meilleures compétences en français devraient logiquement se traduire par de meilleurs résultats sur le marché du travail, les membres des communautés d’expression anglaise, qu’ils soient bilingues ou unilingues, ont des revenus inférieurs à ceux des francophones qui maîtrisent aussi l’anglais.Note de bas de page 33

En ce qui concerne le bilinguisme, les anglophones qui apprennent le français comme langue seconde ne peuvent se reporter à aucune norme reconnue pour déterminer le niveau de compétences linguistiques dont ils ont besoin afin d’améliorer leurs perspectives d’emploi au Québec.Note de bas de page 34 Selon les résultats de certaines enquêtes, même si les jeunes des communautés d’expression anglaise, plus que les groupes d’âge moyen ou les groupes plus âgés, estiment que leurs études élémentaires ou secondaires leur ont permis d’apprendre le français, ils craignent néanmoins de ne pas avoir les compétences nécessaires pour travailler au Québec. Dans le cadre d’une consultation menée par le Quebec Communitiy Groups Network (QCGN) auprès de 300 jeunes anglophones en 2009, la majorité des participants ont exprimé le désir de demeurer dans la province, mais reconnu l’attrait que l’« ouest » exerçait sur eux, expliquant qu’à l’extérieur du Québec, la maîtrise de la langue française constituait un avantage concurrentiel.Note de bas de page 35 En l’absence de points de repère nets quant aux compétences linguistiques nécessaires sur le marché du travail, les anglophones bilingues continueront de chercher du travail à l’extérieur du Québec.Note de bas de page 36

Stratégies pour renforcer l’employabilité et l’emploi : quelques exemples

Ces dernières années, des recherches communautaires ont permis de définir certaines stratégies pour atténuer les taux de bas revenu et de chômage élevés des communautés d’expression anglaise. Dans ses résultats de recherche, le QCGN affirme que les obstacles à l’intégration sur le marché du travail et les entraves à la mobilité des travailleurs sont à l’origine de l’exclusion de ressources essentielles à la vitalité de la communauté dans tous les secteurs.Note de bas de page 37

Au chapitre de l’éducation, le renforcement des cours de français, particulièrement à l’écrit pour augmenter le niveau d’employabilité des anglophones dans des milieux de travail à prédominance francophone, constitue une mesure prioritaire en vue d’aider les membres des communautés d’expression anglaise à trouver un emploi au Québec. Dans un rapport établi pour le QCGN, Qu’Anglo Communications avance que les responsables de l’éducation et les responsables du développement économique devraient collaborer davantage, de sorte que les initiatives puissent être conçues pour mieux concilier la formation en langue seconde et les exigences du marché du travail.Note de bas de page 38 Le QCGN a aussi proposé l’institution d’une culture d’apprentissage continu pour pallier les lacunes perçues dans les compétences linguistiques des anglophones.Note de bas de page 39 Les mesures possibles comprennent l’amélioration des cours de langue seconde aux niveaux secondaire et postsecondaire et la promotion d’affectations de travail dans des milieux francophones privés et publics.

Le Conseil consultatif de l’Association des commissions scolaires anglophones du Québec (ACSAQ) a aussi recommandé que la formation professionnelle soit présentée comme une option intéressante pour le perfectionnement des compétences au sein du système scolaire anglophone. Bien qu’au niveau collégial 70 % des étudiants anglophones choisissent une formation préuniversitaire plutôt que technique, la recherche révèle que le secteur des services d’utilité publique et de la construction pourrait offrir des emplois bien rémunérés aux anglophones dans toutes les régions.Note de bas de page 40 Pour soutenir la croissance de ce secteur, le QCGN a proposé que des efforts soient déployés pour faire la promotion des programmes de formation technique et professionnelle à l’échelle régionale et pour « créer des réseaux dans les domaines du développement économique, de l’éducation et du secteur privé pour [y] encourager le recrutement ».Note de bas de page 41

En ce qui concerne l’emploi dans la fonction publique, le QCGN préconise des mesures pour remédier à la sous représentation des communautés d’expression anglaise, y compris « la désignation explicite d’anglophones comme groupe bénéficiaire ».Note de bas de page 42 D’après les données de 2006, les anglophones représentaient seulement 7,7 % des fonctionnaires fédéraux en poste au Québec, exception faite de la région de la capitale nationale, et relevant du Conseil du Trésor, tandis qu’ils représentaient à peine 0,7 % dans la fonction publique québécoise, soit un dixième de leur proportion dans la population du Québec. Bien que le gouvernement fédéral ne considère pas les communautés d’expression anglaise comme un groupe visé par l’équité en matière d’emploi aux fins de l’embauche, il est néanmoins tenu, aux termes de la LLO, de voir à ce que les effectifs de la fonction publique reflètent la présence des CLOSM dans la population canadienne. Compte tenu de l’importante pénurie de ressources humaines qui se fera probablement sentir à l’avenir, le gouvernement a mis le renouvellement de la fonction publique au rang de ses grandes priorités et s’est engagé à poursuivre le « recrutement ciblé et coordonné » pour créer une fonction publique diversifiée et représentative (Greffier du Conseil privé, 2010).


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Dimension politique et juridique

À l’instar des aspects démographiques et économiques, les facteurs politiques et juridiques que sont les lois linguistiques, la représentation politique, la force des institutions et l’accès aux services du gouvernement ont une influence sur la vitalité des CLOSM au Canada.Note de bas de page 43

Lois, politiques et règlements linguistiques

À l’échelle fédérale, les garanties constitutionnelles et législatives qui protègent les droits linguistiques acquis sont issues de la Loi constitutionnelle de 1982 et de la Charte canadienne des droits et libertés qui s’y rattache, de la Loi sur les langues officielles (LLO; en particulier la partie VII modifiée en 2005) et des décisions des tribunaux. La Constitution et la Charte reconnaissent le français et l’anglais comme les langues officielles du Canada et renferment des dispositions à l’égard de l’usage des langues au Parlement et dans les tribunaux et à l’égard de l’instruction dans la langue de la minorité. La LLO, adoptée en 1969 puis enrichie en 1988 et en 2005, clarifie les droits et les obligations des institutions fédérales énoncés dans la Charte : elle expose la politique linguistique à respecter dans la fonction publique, fait mention du droit des CLOSM de recevoir les services du gouvernement dans leur langue si le nombre de locuteurs le justifie, et, depuis sa modification en 2005, oblige les ministères fédéraux à prendre des « mesures positives » pour favoriser le développement et l’épanouissement des CLOSM. En plus de ces instruments, le gouvernement fédéral a à sa disposition une série de politiques, de directives et de programmes pour veiller au respect de ces droits.

Au Québec, la Charte de la langue française (communément appelée la loi 101) expose le cadre législatif à l’appui de la politique linguistique de la province. Promulguée le 26 août 1977, la Charte constitue le point culminant d’une série de lois linguistiques adoptées par la province durant la Révolution tranquille. Elle a pour objectif de promouvoir l’usage du français au Québec et d’assimiler les immigrants au reste de la population. Au moment où la Charte a été adoptée, les principaux facteurs au cœur du débat sur la langue étaient la domination de l’économie québécoise par l’élite anglophone, le déclin du taux de natalité chez les Québécois francophones (parmi les plus faibles taux enregistrés dans l’hémisphère occidental) et la préférence des immigrants pour l’école anglophone plutôt que l’école francophone.

Présentée comme l’instrument de défense de la langue française et de la culture francophone, la loi 101 visait d’abord et avant tout à déclarer le français langue officielle de la fonction publique et des affaires et à ancrer le droit des Québécois francophones de travailler dans la langue officielle de la province. En assurant ainsi la prédominance du français au Québec, la loi 101 a aussi eu pour effet de restreindre trois éléments, soit l’accès aux écoles primaires et secondaires anglophones (réservé aux élèves dont les parents ont fréquenté l’école anglophone au Canada), la garantie constitutionnelle d’accès aux procédures judiciaires en anglais et l’usage d’autres langues que le français sur les enseignes commerciales.

Répercussions de la loi 101

Au départ, les réactions à l’adoption de la loi 101 étaient partagées : d’un côté, la loi a été accueillie favorablement par ceux qui la considéraient comme une mesure essentielle de protection de la langue française; de l’autre, certains membres des communautés d’expression anglaise (dont les immigrants) se sont soulevés contre cette loi qui limitait leurs droits. Certains anglophones, qui se sentaient de plus en plus exclus du processus politique, ont formé le groupe Positive Action (précurseur du groupe Alliance Québec), qui appuyait l’usage du français comme langue commune au Québec en vertu de la loi 101, mais qui rejetait les éléments plus coercitifs qui ne favorisaient pas le caractère pluraliste de la société québécoise.

Depuis la promulgation de la loi 101, une série de questions d’ordre juridique ont été soulevées. À l’issue de ces débats, certaines dispositions ont été jugées inconstitutionnelles par la Cour suprême. Le premier point était la langue de l’administration publique — la Cour suprême a rendu les lois et les tribunaux du Québec accessibles en anglais — et le deuxième concernait les enseignes unilingues en français. En réaction à la décision de la Cour suprême, le gouvernement du Québec a adopté les modifications proposées dans le projet de loi 178 (1988) et le projet de loi 86 (1993), qui allaient désormais permettre l’utilisation d’une autre langue que le français sur les enseignes commerciales, du moment que le français demeure prédominant.

Accès à l’éducation en anglais

Question tout aussi litigieuse, la langue de l’enseignement — considérée comme la pierre angulaire de la loi 101 — a longtemps fait l’objet de débats. En octobre 2009, la Cour suprême a invalidé la loi 104 du Québec (laquelle modifiait la loi 101) au motif qu’elle ne respectait pas les garanties données dans la Charte canadienne des droits et libertés à l’égard des droits des communautés linguistiques en situation minoritaire. La loi 104 visait à colmater une brèche dans la loi 101 : en effet, les enfants qui n’étaient pas admissibles à l’enseignement public en anglais pouvaient acquérir ce droit en fréquentant pendant un an une école anglophone privée non subventionnée (« école passerelle »).

La Cour suprême a ainsi déclaré la loi 104 inconstitutionnelle et accordée au gouvernement du Québec un an pour trouver une solution de rechange qui redéfinirait le droit d’accès aux écoles anglophones tout en respectant les droits des communautés linguistiques en situation minoritaire. En juin 2010, le gouvernement du Québec a présenté sa solution de rechange — le projet de loi 103 — dont les dispositions restreignent encore davantage l’accès aux écoles publiques anglophones : en effet, les élèves qui ne sont pas admissibles au réseau public anglophone doivent fréquenter pendant trois ans une école privée anglophone non subventionnée, en plus d’avoir accumulé un certain nombre de points attribués au cas par cas, avant d’être admis dans une école anglophone.

Le nouveau projet de loi, aujourd’hui devenu loi, a essuyé les critiques des deux groupes concernés par la question de la langue au Québec. Selon les nationalistes, les restrictions quant à l’accès aux écoles anglophones devraient être encore plus rigoureuses et s’appliquer aux cégeps, aux établissements collégiaux et aux universités. Quant à elles, les communautés d’expression anglaise sont d’avis que de telles mesures empêcheront de raviver la population étudiante anglophone défaillante et, qu’au final, elles menaceront la viabilité à long terme du système d’éducation en anglais (entre 1971 et 2006, le nombre d’inscriptions dans les écoles anglophones est passé de 248 000 à 108 000 en raison de facteurs tels que les restrictions imposées par la loi 101, la proportion considérable de mariages unissant deux personnes qui parlent des langues différentes [anglais et français] et les parents anglophones qui souhaitent que leurs enfants perfectionnent leur apprentissage du français). Note de bas de page 44 Présentée comme un « remède » à la loi 104, la loi 103 doit encore être soumise à une évaluation; il faut en effet déterminer si elle cadre avec les dispositions de la Constitution et avec les décisions de la Cour suprême en matière d’éducation. Ainsi que le souligne Bourhis, si les lois linguistiques du Québec ont permis de renforcer le statut de la majorité francophone et le prestige qui y est associé, elles ne sont pas parvenues à définir une place légitime pour les communautés d’expression anglaise.Note de bas de page 45 Cette perception a été réitérée dans le rapport de la Commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables publié en 2008, dans lequel les communautés d’expression anglaise sont définies comme une minorité en difficulté dont les membres « ont été les principaux perdants de la nouvelle dynamique linguistique ayant suivi la loi 101 ».Note de bas de page 46

Représentation politique

Ainsi qu’il a été mentionné ci-dessus, la mesure dans laquelle la population peut avoir une influence sur les décideurs constitue un autre facteur politique qui a des répercussions sur la vitalité des communautés d’expression anglaise. D’après un sondage réalisé en 2006 par Décima et PCH sur les attitudes et les perceptions des Canadiens à l’égard des langues officielles, près des deux tiers des anglophones (62,4 %) croient que les administrations municipales s’efforcent de représenter leurs intérêts.Note de bas de page 47 La proportion de répondants qui ont dit la même chose du gouvernement fédéral est un peu plus faible (51,9 %), mais elle est beaucoup plus faible dans le cas du gouvernement provincial (39,1 %). Un sondage réalisé en 2002 par GPC et PCH faisait ressortir la même tendance. En effet, dans le cadre de ce sondage, les membres des communautés d’expression anglaise avaient exprimé des préoccupations similaires quant aux efforts déployés par le gouvernement provincial sur le plan de la représentation.

Un des principaux facteurs qui limitent la possibilité pour les anglophones d’avoir une influence sur la vaste communauté francophone du Québec est le déclin démographique (conjugué à une surconcentration de la population dans le Grand Montréal), problème qui est aggravé par la représentation disproportionnellement faible des anglophones à l’Assemblée nationale du Québec et dans l’ensemble de l’administration publique.Note de bas de page 48 Puisque les communautés d’expression anglaise sont non seulement sous-représentées mais aussi inégalement représentées à l’échelle provinciale, elles sont moins à même d’avoir une influence sur les décisions touchant les politiques et les programmes, en particulier celles qui ne sont pas approuvées par la majorité québécoise.

Un autre élément tout aussi important ayant contribué à affaiblir le rôle des communautés d’expression anglaise dans le milieu politique est la réorganisation du gouvernement du Québec qui s’est opérée dans les années 1960, au moment de la Révolution tranquille. À cette époque, la province a pris le contrôle de la prestation des services dans les secteurs où les établissements communautaires, comme ceux gérés par les communautés d’expression anglaise, jouaient un rôle plus direct, notamment dans la prise de décisions. Depuis le transfert de cette responsabilité à des organismes gérés par la province ou bénéficiant de son soutien, les communautés d’expression anglaise ne sont pas parvenues à atteindre un niveau de représentation au gouvernement provincial leur permettant de contrebalancer les effets du transfert. Autrement dit, les tâches liées au soutien social et à l’intervention sociale autrefois assumées par les établissements communautaires sont désormais la responsabilité du gouvernement provincial, mais le niveau de participation des communautés d’expression anglaise n’a pas fait l’objet d’un transfert proportionnel.Note de bas de page 49

Soutien des institutions et leadership

Sur le plan du capital politique, la mesure dans laquelle une CLOSM maintient et fait valoir sa présence au sein des institutions officielles, en particulier celles qui ont pour but de veiller aux intérêts de la collectivité, constitue un autre facteur de la vitalité des CLOSM. Pendant longtemps, on a affirmé que les communautés d’expression anglaise bénéficiaient de l’appui d’une vaste gamme d’organismes et d’institutions. Toutefois, dans les dernières décennies, ce réseau s’est affaibli en raison de la diminution de la population, de la restructuration du gouvernement provincial et des lois et règlements de la province, comme la loi 101. À titre d’exemple, en matière de services sociaux et de santé, même s’il existe encore un certain nombre d’établissements désignés en vertu de la loi 101 comme ayant une responsabilité particulière à l’égard des communautés d’expression anglaise, la réorganisation de la prestation des services dans ce secteur a entraîné la fermeture de certains fournisseurs, ce qui a eu pour effet de transformer le mandat traditionnel des autres fournisseurs ou, dans certains cas, de transférer la gouvernance à la communauté majoritaire.Note de bas de page 50 En ce qui concerne l’éducation, même si les communautés d’expression anglaise semblent bien servies par les trois universités, les cinq collèges communautaires (cégeps) et les neuf commissions scolaires qui forment le réseau anglophone, les établissements postsecondaires, dont on dit souvent qu’ils contribuent à la vitalité des communautés d’expression anglaise, ne remplissent pas des mandats qui sont propres à la communauté, mais se définissent plutôt comme étant au service d’une clientèle plus vaste.Note de bas de page 51

En plus d’avoir subi des changements structurels (notamment démographiques), le réseau d’institutions anglophones a vu sa force être ébranlée par la répartition de plus en plus inégale d’une région à l’autre. Si Montréal est encore aujourd’hui la région du Québec qui jouit de la plus forte concentration du soutien institutionnel, la situation est tout autre à l’extérieur de l’île. Si on évalue la « santé » des institutions des communautés d’expression anglaise d’une région à l’autre, les Cantons de l’Est (région de l’Estrie), où le système d’éducation a conservé sa stabilité malgré le départ de 8 000 locuteurs anglophones entre 1996 et 2000, se situent à une extrémité de la distribution, à l’opposé de la Côte-Nord, qui est caractérisée par un poids démographique peu élevé et un soutien institutionnel tout aussi faible.Note de bas de page 52

Comme c’est le cas pour toutes les CLOSM, les organismes de défense jouent un rôle clé dans le renforcement des institutions. En reconnaissance de ce rôle, le gouvernement fédéral offre un appui aux CLOSM afin de les aider à créer de solides réseaux communautaires qui favoriseront la vitalité globale. Par l’élaboration de programmes à l’appui des langues officielles, le ministère du Patrimoine canadien améliore les capacités des CLOSM en investissant dans des secteurs prioritaires qui s’inscrivent dans une stratégie globale de développement à long terme des communautés.

Au Québec, le Ministère fournit l’accès à une vaste gamme de programmes, par le truchement de financement périodique ou ponctuel, en vue de soutenir les organismes qui travaillent dans l’intérêt des communautés d’expression anglaise. Le Quebec Community Groups Network un groupe de coordination réunissant 36 membres, lesquels représentent 15 des 17 régions administratives du Québec et des secteurs prioritaires comme la santé ainsi que les arts et la culture, a été désigné par le Ministère comme le représentant officiel des communautés d’expression anglaise.Note de bas de page 53 Constitué en personne morale en 1999, le QCGN cerne, explore et règle les questions stratégiques ayant trait à l’épanouissement et à la vitalité des communautés d’expression anglaise du Québec et favorise le dialogue et la collaboration entre ses membres (organismes, particuliers, groupes communautaires, institutions, autorités).

Le précurseur du QCGN, le groupe Alliance Québec, axait ses activités sur la défense des droits des communautés linguistiques en situation minoritaire. La formation du groupe se voulait une réponse collective des communautés d’expression anglaise au contexte politique des années 1980. Toutefois, comme les opinions sur les questions touchant les communautés d’expression anglaise étaient de plus en plus partagées, le groupe a fini par perdre le soutien dont il bénéficiait de même que son statut d’organisme provincial. La dissolution du groupe a laissé un vide — il n’y avait alors plus d’organisme voué à la protection des droits juridiques — et a ouvert la porte à un débat sur le type de leadership nécessaire pour que les communautés d’expression anglaise soient adéquatement représentées.Note de bas de page 54

Accès des communautés linguistiques en situation minoritaire aux services du gouvernement

L’accès aux services du gouvernement dans la langue de la minorité constitue également un facteur de la vitalité des CLOSM. Le sondage réalisé en 2006 par GPC et Patrimoine canadien sur les perceptions et les attitudes des CLOSM au Canada visait, d’une part, à évaluer dans quelle mesure les CLOSM étaient convaincues que le gouvernement représentait leurs intérêts et, d’autre part, à évaluer la satisfaction des CLOSM à l’égard des services qui leur étaient destinés. La comparaison de tous les ordres de gouvernement a révélé que les répondants anglophones étaient plus mécontents que les répondants francophones des services offerts par la province (24 % des répondants anglophones satisfaits contre 57 % des répondants francophones) et moins convaincus que ces services s’étaient améliorés dans les cinq dernières années (17 % contre 40,4 %).

Accès aux services d’emploi

  • Si on analyse plus en profondeur les résultats du sondage, des neuf secteurs visés par les questions, c’est à l’égard des services d’emploi destinés aux communautés linguistiques en situation minoritaire que les anglophones ont exprimé le plus faible niveau de satisfaction. En outre, ce niveau de mécontentement n’a pas changé au fil du temps : 54 % en 2002 et 55 % en 2006 dans le cas des communautés d’expression anglaise; 72 % en 2002 et 70 % en 2006 dans le cas des communautés francophones en situation minoritaire. Encore moins de répondants anglophones ont dit être convaincus que les organismes du secteur de l’emploi veillaient à leurs intérêts (47 % en 2002 et 50 % en 2006).

En 1997, dans le cadre d’une entente conclue avec le gouvernement du Québec, le gouvernement fédéral a transféré la responsabilité de la formation de la main-d’œuvre à la province. Comme la langue des communications entre la province et la population est, en vertu de la loi 101, le français, les services destinés aux communautés linguistiques en situation minoritaire constituent un des éléments qui a négativement subi les répercussions de ce transfert de responsabilité, malgré le fait que l’accès à ces services devait être fourni là où la demande le justifiait : [TRADUCTION] « Les obligations inhérentes à l’application de la Loi sur les langues officielles ont grandement été mises de côté, compte tenu des pressions politiques exercées par le Québec en vue d’avoir le plein contrôle de cette importante sphère de compétence. »Note de bas de page 55

Depuis le transfert, le gouvernement du Québec a également fragmenté par région la prestation des services d’emploi et des services de développement économique, en confiant ces tâches à un certain nombre d’organismes non gouvernementaux qui exercent leurs activités à l’échelle des municipalités ou des municipalités régionales de comté, p. ex. les Conférences régionales des élus.Note de bas de page 56 Comme les communautés d’expression anglaise — en particulier celles de l’extérieur de l’île de Montréal — n’ont pas un poids démographique suffisant à l’échelle des régions ou des municipalités pour être représentées dans les structures de gouvernance locales, la décentralisation a eu pour effet de les exclure des décisions qui touchent l’élaboration et la mise en œuvre des stratégies régionales liées au marché du travail et à l’emploi.Note de bas de page 57 Pour compenser cette participation déficiente, une des solutions proposées dans le cadre des recherches communautaires (p. ex. Policy Dialogue) est que les organismes représentant les communautés d’expression anglaise nouent des relations avec les décideurs locaux dans ce secteur afin de leur transmettre les renseignements concernant les priorités des communautés qui pourraient améliorer l’accès aux services.Note de bas de page 58

Accès aux services sociaux et aux services de santé

  • Les résultats du sondage réalisé en 2006 par GPC et PCH indiquent que les répondants des communautés d’expression anglaise sont non seulement peu satisfaits de l’accès aux services d’emploi, mais également de l’accès aux services sociaux et aux services de santé.Note de bas de page 59 La loi 101 impose également des restrictions aux fournisseurs de ce type de services, ce qui donne lieu à des écarts dans le niveau d’accès d’un coin à l’autre de la province. Ainsi qu’il a été mentionné antérieurement, en vertu de cette loi, seuls les établissements désignés (c.-à-d. ceux dont la population desservie est composée à plus de 50 % de non-francophones) sont tenus d’offrir des services en anglais, et le nombre de fournisseurs qui répondent à ce critère a diminué sous l’effet de la restructuration. La disparité sur le plan de l’accès aux services est particulièrement marquée dans les régions comme celles à l’extérieur des grands centres urbains et les régions éloignées, où la masse critique de locuteurs anglophones est plus faible. Les études sur les communautés d’expression anglaise font ressortir qu’un accès restreint aux services offerts en anglais limite également l’accès à l’information sur la santé ou sur les programmes de prévention diffusée par les établissements publics de soins de santé et de services sociaux, ce qui au bout du compte mine l’efficacité de la politique globale en matière de santé.

Afin de faciliter l’accès aux services dans la langue des CLOSM au Canada, le gouvernement fédéral attribue des ressources additionnelles aux provinces et aux territoires par le truchement d’ententes de transfert. À titre d’exemple, depuis 1989, le ministère du Patrimoine canadien a signé trois générations d’ententes avec le gouvernement du Québec visant à soutenir la prestation de services en anglais dans le domaine de la santé et des services sociaux aux locuteurs anglophones de la province. Dans le cadre de la Feuille de route pour la dualité linguistique canadienne 2008-2013, Santé Canada a accordé du financement au Réseau communautaire de santé et de services sociaux (CHSSN) afin qu’il dresse un portrait exhaustif des communautés d’expression anglaise pour orienter la planification des politiques et des programmes et qu’il crée 18 réseaux de santé aux quatre coins de la province pour permettre aux professionnels, aux établissements de soins de santé, aux autorités gouvernementales et aux organismes communautaires d’entreprendre des activités visant à améliorer les soins de santé. En outre, le Ministère a accordé à l’Université McGill des ressources pour soutenir l’enseignement de l’anglais auprès des professionnels francophones, en particulier ceux qui travaillent dans les établissements francophones à l’extérieur de Montréal, car ces centres sont les principaux fournisseurs de services pour les membres des communautés d’expression anglaise vivant à l’extérieur de l’île.

Malgré les améliorations observées dans le secteur des soins de santé et des services sociaux attribuables aux efforts conjoints du gouvernement fédéral et du gouvernement provincial, l’investissement continu demeure une priorité. Les communautés d’expression anglaise ne se comparent pas favorablement à la majorité francophone au regard des facteurs qui permettent d’évaluer la santé d’une communauté, notamment le revenu, l’emploi, les caractéristiques démographiques et les mesures de soutien social.Note de bas de page 60 Du point de vue de la santé de la population, les locuteurs anglophones doivent également composer avec le fait de vivre dans un environnement où l’accès à des services adéquats sur le plan linguistique et culturel est limité par leur situation minoritaire.Note de bas de page 61 D’après les recherches faites en ce sens, la barrière des langues donne lieu à des inégalités en matière de santé : les problèmes de communication diminuent l’utilité des services de prévention, augmentent la durée des consultations et des tests diagnostiques et ont une influence négative sur la qualité des services dans les domaines où la communication est essentielle, p. ex. les services de santé mentale, les services sociaux, la physiothérapie et l’ergothérapie.Note de bas de page 62

Accès aux médias

  • Enfin, les médias constituent le secteur à l’égard duquel les communautés d’expression anglaise ont exprimé le plus haut niveau de satisfaction dans le cadre du sondage de 2006 sur les CLOSM. Il s’agit du secteur sur lequel les institutions publiques provinciales exercent le moins d’influence. Les communautés d’expression anglaise, en particulier celles de Montréal, ont accès à des moyens de communication de masse en anglais, qu’ils soient privés, publics ou communautaires : deux quotidiens (The Montreal Gazette et The Sherbrooke Record) et 32 hebdomadaires régionaux; sept stations de radio commerciales établies à Montréal et la radio de Radio-Canada à Québec, cinq stations de radio communautaires (trois dans la Basse-Côte-Nord, une dans les Cantons de l’Est et une en Gaspésie) et trois stations de radio universitaires; quatre chaînes de télévision en anglais offertes aux abonnés de la câblodistribution partout dans la province.Note de bas de page 63 En outre, les communautés d’expression anglaise ont à leur disposition une vaste gamme d’options provenant de l’extérieur du Québec en raison de la proximité des marchés anglophones du reste du Canada et des États-Unis. Si ces ressources offrent aux communautés d’expression anglaise un accès rapide et facile à de l’information en anglais, on s’inquiète de plus en plus du fait que cette information ne reflète pas nécessairement la réalité culturelle des communautés d’expression anglaise du Québec, en particulier celles des régions. En revanche, ce problème concerne également la majorité francophone du Québec, car les fournisseurs de services sont de plus en plus centralisés et s’intéressent de moins en moins aux régions autres que Montréal et Québec.

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Dimension culturelle

Pour certains observateurs, le capital culturel des CLOSM (autrement dit, les ressources culturelles qui s’offrent à ces communautés) est le « plus petit dénominateur commun associé à la condition minoritaire ».Note de bas de page 64 En revanche, la majorité est d’avis que l’épanouissement culturel et artistique est indispensable à la survie d’une communauté linguistique. Comme le souligne Rodrigue Landry dans Policy Dialogue, « les arts et la culture jouent un rôle clé dans la vitalité des CLOSM et font partie intégrante de l’identité des communautés linguistiques et ethniques ».Note de bas de page 65 D’ailleurs, le sondage réalisé en 2004 par Décima et PCH sur les CLOSM fait état de cette interconnexion entre les arts et la culture et l’identité linguistique : près de 90 % des répondants anglophones ont affirmé qu’il était important d’avoir accès à une communauté artistique et culturelle dynamique.Note de bas de page 66 Les résultats du sondage réalisé en 2010 par le CHSSN et CROP sur les attitudes et les perceptions des communautés d’expression anglaise témoignent également de l’importance de la question.Note de bas de page 67

Réseaux culturels

Dans les dernières années, les autorités des communautés d’expression anglaise ont entrepris de soutenir le secteur culturel, reconnaissant qu’il contribue au sentiment de fierté et d’appartenance à la communauté. Même si, dans les années 1960, il existait déjà des troupes de théâtre anglophones, p. ex. Centaur et Playwrights’ Workshop, les organismes représentant les grandes disciplines, p. ex. la Quebec Drama Federation et la Quebec Writers’ Federation (anciennement la Quebec Society for the Promotion of English Language Literature et la Federation of English-language Writers of Quebec), n’ont commencé à poindre qu’à la fin des années 1980 et au début des années 1990. Ce n’est qu’en 2004, grâce à l’appui de 100 artistes anglophones réunis dans le cadre du Quebec Arts Summit, qu’un organisme de coordination multisectoriel nommé l’English Language Arts Network (ELAN) a été créé.

Avant 2004, les artistes anglophones étaient réticents à s’associer à un organisme de représentation comme l’ELAN, craignant l’effet polarisant de la langue et l’affaiblissement des liens qui les unissaient à leurs homologues francophones et « préférant plutôt exprimer leur identité par la voie de l’art ».Note de bas de page 68 Depuis, le taux d’adhésion à l’ELAN ne cesse de grimper, ce qui témoigne de la réussite des efforts déployés par l’organisme pour fournir de l’appui et créer des liens entre les intervenants de ce milieu.

Obstacles à l’épanouissement

En réaction à l’intérêt croissant observé dans le domaine culturel, le QCGN a ciblé les arts, la culture et le patrimoine comme étant les grandes priorités au titre du développement des communautés d’expression anglaise. Il a ainsi consacré des ressources aux travaux de recherche axés sur les communautés d’expression anglaise, aux séances de consultation publiques et sectorielles et à l’élaboration d’un cadre stratégiqueNote de bas de page 69 (pour les communautés anglophones, le patrimoine est considéré comme une composante du secteur et est représenté par le Réseau du patrimoine anglophone du Québec (RPAQ)). Un des obstacles évoqués dans le cadre de cette analyse stratégique du QCGN a trait au fait que les artistes anglophones ne jouissent pas d’une grande visibilité et que, par conséquent, ils ne sont pas reconnus comme une entité culturelle distincte tant par les anglophones du reste du pays que par les francophones du Québec. Parmi les autres obstacles, notons le fait que le public anglophone se fait plus restreint en raison du déclin de la population, ce qui diminue les occasions pour les artistes anglophones de présenter leurs œuvres, surtout à l’extérieur de Montréal. À l’extérieur de l’île, en particulier dans certaines régions bien précises, l’infrastructure déficiente — tant sur le plan des ressources humaines que sur le plan des installations — freine l’essor et la prospérité des industries culturelles locales. Autre obstacle : les artistes et les organismes culturels anglophones sont d’avis qu’ils ne jouissent pas d’un accès équitable aux mesures de soutien offertes par les gouvernements fédéral et provincial; autrement dit, ils affirment que les ressources qui leur sont attribuées ne sont pas proportionnelles à celles reçues par les communautés francophones en situation minoritaire ou par le reste du Québec. Par ailleurs, ils soutiennent que les programmes de financement du gouvernement fédéral prévoient des critères d’admissibilité (p. ex. ceux applicables aux tournées) qui ne tiennent pas compte de la réalité des demandeurs qui travaillent en région.

Occasions dans le secteur culturel

Toutefois, malgré certaines contraintes, la communauté culturelle anglophone, en particulier celle de Montréal, connaît une « renaissance visible (et audible) »,Note de bas de page 70 pour citer le directeur général de l’ELAN. Le secteur québécois des arts et de la culture est en plein essor, ce qui rend la province de plus en plus attrayante pour les artistes anglophones nés au Québec mais aussi pour les artistes anglophones du reste du Canada et des États-Unis. D’après le document de discussion de la Greater Montreal Community Development Initiative (GMCDI) portant sur ce secteur, les artistes montréalais sont considérés comme des chefs de file dans les domaines de la littérature, de la musique, des arts visuels, du cinéma, de la danse, du théâtre et des autres disciplines artistiques.Note de bas de page 71 Comme ce groupe démographique ne cesse de prendre de l’expansion et de gagner en importance, la majorité francophone reconnaît de plus en plus son art et, à ce titre, elle décerne des prix prestigieux aux artistes anglophones. Par exemple, en 2004, le Grand prix du livre de Montréal a été remis au poète David Solway pour son œuvre Franklin’s Passage.

Montréal est le cœur de cette « renaissance ». Rapidement, la ville est en train d’acquérir la réputation de métropole créative, l’économie montréalaise étant en partie alimentée par le dynamique secteur artistique et culturel. Un des facteurs qui contribuent au potentiel culturel de la ville est la diversité de sa population, qui se manifeste sur les plans ethnique, religieux et linguistique. Voici les propos tenus par l’écrivain Rawi Hage, lauréat de plusieurs prix, au sujet de la ville de Montréal : « Outre la beauté de la ville, j’adore son hétérogénéité. Je suis fasciné par l’idée qu’ici, tout le monde est en situation minoritaire, même les francophones, en ce sens qu’ils vivent sur une île dans une mer d’anglophones. Nous livrons tous le même combat pour faire valoir notre identité, laquelle s’exprime souvent par les arts. Lorsque les frontières s’estompent et que les minorités fusionnent librement, une extraordinaire effervescence s’installe généralement et donne lieu à une culture florissante. »Note de bas de page 72

Ainsi qu’on peut le lire dans le rapport de 2007 de la GMCDI du QCGN, les artistes bilingues sont à même de contribuer à la consolidation de la réputation de métropole culturelle acquise par Montréal car ils peuvent créer des produits culturels s’adressant à un vaste public, tant francophone qu’anglophone.Note de bas de page 73 Depuis longtemps, les artistes anglophones organisent des manifestations bilingues, donnant ainsi une image contemporaine des communautés d’expression anglaise, caractérisée par la diversité culturelle et linguistique. Par exemple, le festival littéraire Metropolis Bleu a vu le jour en 1999 et est aujourd’hui un festival multilingue. En 2010, pour son 12e anniversaire, la manifestation a réuni plus de 230 auteurs, traducteurs littéraires et éditeurs de partout dans le monde. Autre exemple : le festival Accès Asie, dont la première édition a eu lieu en 1995. Ce festival présente la culture des Asiatiques anglophones par le truchement d’œuvres artistiques qui ne font pas intervenir la langue, notamment la danse, et par des lectures dans différentes langues.Note de bas de page 74 Grâce à des manifestations de ce genre, les artistes anglophones créent des possibilités de collaboration entre les communautés minoritaires et la collectivité majoritaire, ce qui favorise la diversité et la dualité linguistique.


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Conclusion

Le rapport, qui est un portrait à jour des communautés anglophones du Québec, tente de résumer les principales constatations sur un certain nombre de facteurs qui ont une incidence sur la vitalité des communautés et qui pourraient avoir des implications pour les décideurs dans l’avenir. Le rapport met en évidence le fait que les communautés anglophones se heurtent à une difficulté unique, soit celle d’être une minorité au sein d’une population qui se trouve elle-même déjà en situation minoritaire. Ces caractéristiques particulières doivent être prises en considération dans l’élaboration des stratégies visant à accroître le bien-être des communautés anglophones. À cette fin, le gouvernement fédéral joue un rôle clé en offrant des mesures de soutien dans le but de favoriser une meilleure compréhension de ces communautés et, donc, d’encourager l’adoption de stratégies adaptées à une dynamique en constante évolution.

Comme il a été mentionné en avant-propos, ce rapport a pour but de constituer une première lecture utile en ce qui concerne la recherche récente, et il vise à servir de complément à d’autres lectures sur le sujet. Il témoigne également du besoin d’une base de connaissances fiable sur cette communauté et de la surveillance continue de la recherche nouvelle et émergente dans ce secteur.

Bibliographie

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