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Bioniche : l'innovation canadienne à l'œuvre

« L'investissement de PTC contribuera dans une large mesure à notre réussite avec notre vaccin contre E. coli O157:H7 pour les bovins — une première mondiale. Le vaccin est introduit sur le marché nord-américain, où il devrait avoir une incidence positive sur la santé humaine. « traduction » »

Graeme McRae,
président-directeur général de Bioniche Life Sciences Inc.

Fondée en 1979, Bioniche, entreprise canadienne en sciences de la vie, est implantée à Belleville, Ontario, et se divise en trois secteurs d'activités : santé humaine, santé animale et sécurité des aliments. C'est grâce à l'ingénuité du troisième secteur que Bioniche a créé un vaccin qui aidera le premier secteur.

Bioniche a mis au point un vaccin contre E. coli pour les bovins qui réduit la quantité de E. coli O157:H7 dans leur fumier. L'organisme ne rend pas les bovins maladies, mais contamine l'environnement, les approvisionnements en aliments et en eau, causant ainsi des maladies chez les humains, et même la mort. Les éruptions d'E. coli O157:H7 entraînent plus de cent mille maladies humaines chaque année en Amérique du Nord. Le vaccin, qui prévient la maladie chez les humains en étant administré à des animaux en santé est le premier du genre au monde.

En 2001, Partenariat technologique Canada (PTC) a conclu une entente de contribution de 7,6 millions de dollars avec Bioniche, en vue du développement d'un vaccin contre E. coli pour les bovins. Le coût total du projet était 58,7 millions de dollars.

En décembre 2006, l'Agence canadienne d'inspection des aliments a accordé à Bioniche une licence conditionnelle de vente pour ce vaccin. Les vétérinaires peuvent acheter le vaccin à condition de certifier par écrit à Bioniche et à l'ACIA qu'ils savent que le produit n'a pas été complètement autorisé et que d'autres études sont en cours pour vérifier son efficacité.

En février 2008, le département de l'Agriculture des États-Unis a avisé Bioniche que son vaccin est admissible à un permis conditionnel. Ce permis permettra à Bioniche d'accéder au marché américain, à la condition qu'au moins une étape du processus de fabrication se fasse aux États-Unis et que Bioniche n'utilise pas le nom déposé du vaccin.

La première vente commerciale du vaccin Bioniche E. coli O157:H7 a été conclue à Clarksburg, en Ontario, au mois de septembre 2007. À moins de 10 $ par vache, ce vaccin revient en fait à environ 2 cents par livre de bœuf dans le secteur du détail de l'industrie des viandes (épicerie).

Il est possible que le vaccin contre E. coli O157:H7 de Bioniche puisse être utilisé pour d'autres souches néfastes d' E. coli et pour traiter d'autres animaux. Des études sont en cours pour examiner d'autres applications potentielles de ce vaccin innovateur.

Bioniche a été nommée l'une des dix meilleures entreprises du Canada en sciences de la vie en 2008. Elle demeure une petite entreprise, qui emploie environ 200 personnes à l'échelle internationale et, l'an dernier, Bioniche a reçu l'Animal Pharm Award pour 2007 dans la catégorie du Meilleur nouveau produit vétérinaire — bétail, pour son vaccin contre E. coli O157:H7.

Principe scientifique du vaccin

Escherichia coli, couramment appelé E.coli, est une bactérie qui se retrouve dans l'intestin des animaux. Toutefois, une souche mutante de cette bactérie a été découverte dans l'intestin de bovins, de chevreuils, de chèvres et de moutons. Il s'agit d'une bactérie zoonotique qu'on trouve chez les animaux et qui peut être transmise à l'humain. Dans le cas de E.coli O157:H7, sa transmission est dangereuse pour les humains puisque la consommation par l'humain de seulement 10 bactéries E. coli O157:H7 peut rendre gravement malade ou, dans certains cas, peut même entraîner la mort.

En 1995, Brett Findlay, Ph. D., de l'Université de Colombie-Britannique, a découvert que E. coli O157:H7 sécrète des protéines qui permettent à la bactérie d'adhérer à la paroi intestinale des bovins et de la coloniser. À la suite de cette découverte, l'Université de Colombie-Britannique a conclu un partenariat avec l'Alberta Research Council et la Vaccine and Infectious Disease Organization de l'Université de Saskatchewan, pour développer une technologie utile à partir de la découverte de M. Findlay. Bioniche s'est joint en tant que partenaire commercial en 2000.

Le vaccin contre la bactérie E. coli stimule la production d'anticorps chez les bovins, ce qui empêche la protéine de colonisation de se fixer. Sans les protéines nécessaires pour se fixer, les bactéries ne peuvent pas faire de colonies et elles sont par conséquent évacuées par l'intestin. Administré aux vaches en trois doses, ce vaccin réduit nettement la quantité d'E. coli O157:H7 présente dans l'intestin et dans le fumier.

E. coli O157:H7 se retrouve rarement dans le sang des bovins; la viande est infectée lorsque des intestins ou de la poussière du pelage de l'animal entrent en contact avec du bœuf au moment du conditionnement des viandes. La contamination peut aussi provenir de la proximité croissante des bovins et des fermes maraîchères, ainsi que de la diversification des exploitations agricoles. Le ruissellement de l'eau de pluie entraîne les bactéries jusqu'aux fermes ou cultures voisines. De plus, les parcs d'engraissement posent aussi des problèmes puisque le fumier des nombreuses vaches présentes n'est pas composté assez longtemps pour permettre à la chaleur dégagée par le compost de détruire E. coli O157:H7. De plus, le contact humain direct avec les bovins et autres ruminants, comme dans les zoos pour enfants ou les foires agricoles, peuvent favoriser la transmission de l'organisme des animaux aux humains.

Pour plus d'information, veuillez visiter www.Bioniche.com.

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