L’industrie pharmaceutique canadienne et ses perspectives

1.0  Résumé

L'industrie pharmaceutique canadienne et internationale a été exposée à une somme sans précédent de défis et de changements au cours des dernières années. La croissance du marché mondial fléchit et son rythme actuel est inférieur à la moyenne quinquennale historique. La tendance au ralentissement est notable, tout comme le contraste frappant entre les éléments de cette croissance globale :  les marchés développés de l'Europe et de l'Amérique du Nord progressent à des taux inférieurs à 3 % tandis que les marchés émergents affichent une croissance supérieure à 10 %. Ce contraste a forcé plusieurs multinationales à concentrer leurs investissements et leurs efforts dans les pays émergents où la croissance est plus rapide ce qui, en retour, leur complique la tâche d'augmenter, voire de maintenir leurs investissements au Canada.

Ce contraste sur le plan de la performance géographique se répète lorsque nous examinons les différences importantes en ce qui concerne les facteurs de la croissance dans des domaines thérapeutiques. Les produits biologiques continuent d'accaparer une part de marché de plus en plus grande et deviennent un moteur exceptionnel de la croissance. Par opposition à cette innovation dans les produits biologiques, l'expiration de brevet engendre des niveaux record de pertes de revenu pour les produits de marque et stimule l'expansion du secteur des produits génériques, au Canada et ailleurs.

Tandis que la chute des brevets dans le domaine public marque presque la fin de l'époque des « médicaments-vedettes » pour les soins primaires, les sociétés pharmaceutiques se réorganisent et adoptent des stratégies destinées à réduire leur risque et à composer avec des facteurs externes et la faible productivité de leur filière de développement de produits. Ces stratégies comprennent l'adoption de nouveaux modèles d'affaires fondés sur des réseaux externes et l'établissement de partenariats avec des tiers axés sur la recherche médicale et le développement de produits. Cette tendance vers un modèle d'affaires reposant sur l'impartition de nombreuses fonctions opérationnelles, notamment la fabrication, offre des possibilités de croissance à des fournisseurs de services contractuels (FSC) au Canada.

L'un des plus grands problèmes qui se posent est la capacité des entreprises canadiennes de rivaliser avec d'autres pays sur de nombreux facteurs clés, notamment leur attrait en matière de coûts, de talent et de marché et l'attractivité du marché telle qu'elle est définie par les exigences réglementaires, l'accès au marché, les lois régissant la propriété intellectuelle et les contrôles des prix. L'évolution et la domination grandissante des produits biologiques ainsi que le désir des multinationales d'améliorer la productivité de leur service de développement de produits signifient que les PME biopharmaceutiques du Canada ont la chance de s'épanouir. Toutefois, l'accès au capital devrait avoir une incidence énorme sur la mesure dans laquelle ces dernières réussissent à prospérer et à rivaliser dans les années à venir.

La faible croissance du marché et les pressions découlant de la concurrence mondiale ont exacerbé les tendances récentes dans l'industrie pharmaceutique au Canada, mais celle-ci demeure une industrie très viable qui peut prospérer et rivaliser avec succès dans ce nouveau contexte d'affaires beaucoup plus compétitif à l'échelle mondiale, si elle bénéficie d'un appui plus solide du secteur industriel. Le Canada a aussi une possibilité d'être un chef de file mondial dans certains nouveaux domaines de croissance.

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2.0 Introduction

Tant au Canada qu'à l'échelle internationale, l'industrie pharmaceutique se transforme pour affronter les nouvelles réalités. Ces pressions comprennent, entre autres, l'expiration sans précédent de brevets de nombreux médicaments-vedettes, un phénomène qu'on désigne souvent du nom de «  chute des brevets dans le domaine public », et des mesures de compression des coûts mises en œuvre par les payeurs publics et privés. Conjuguées à une dynamique mondiale axée de plus en plus sur la concurrence pour les investissements et l'amélioration du rendement des activités de R. et D., ces forces extérieures au marché ont remodelé leurs opérations et continueront de le faire. L'évolution du contexte mondial a de profondes répercussions sur l'industrie pharmaceutique canadienne et engendre de nouvelles menaces et de nouvelles possibilités (FFPM).

Dans le présent document de travail, nous évaluons l'industrie pharmaceutique canadienne et la dynamique qui existe au sein de l'industrie dans le contexte de la performance de celle-ci sur le marché canadien et international. Nous décrivons les perspectives à moyen terme de l'industrie en recensant les principaux facteurs qui la modèleront dans les années à venir. En nous inspirant de l'évaluation des perspectives actuelles et prospectives de l'industrie, nous analysons les forces, les faiblesses, les possibilités et les menaces de l'industrie. Il ne sera pas question ici des canaux de distribution canadiens.

Le document de travail se divise en trois sections principales. Après l'introduction (2.0), la section 3.0 présente un portrait de la situation de l'industrie canadienne, notamment la performance récente du marché global ainsi que les quatre catégories d'activités (produits de marque, produits génériques, fournisseurs de services contractuels et PME biopharmaceutiques) en soulignant les tendances des activités de R. et D. Dans la section 4.0, nous faisons des observations sur les perspectives de l'industrie. La dernière section renferme une analyse FFPM de l'industrie pharmaceutique canadienne.

2.1 Source de données

IMS Brogan et Industrie Canada ont travaillé de concert pour produire le présent document de travail. L'analyse a tiré parti des données et des renseignements provenant des études disponibles à Industrie Canada ainsi que des idées et des renseignements fournis par les spécialistes et les sources d'information d'IMS Brogan. Cette dernière a complété les analyses exécutées par Industrie Canada en présentant des commentaires et des observations sur le dynamisme de l'industrie pharmaceutique canadienne. IMS Brogan a utilisé ses propres études et analyses, le cas échéant.

Sources de données d'IMS : 

  • Leaders d'opinion canadiens et internationaux — IMS Brogan a utilisé son équipe de leaders d'opinion pour l'aider à donner un éclairage précieux sur les perspectives de l'industrie pharmaceutique canadienne.
  • PharmaFocus — Source d'examens indépendants et détaillés de l'industrie pharmaceutique canadienne dans le contexte global des soins de santé. Le rapport couvre un vaste éventail de sujets, des politiques aux soins de santé en passant par les initiatives de réforme du secteur public et les enjeux liés à la réglementation, la gestion et la commercialisation des produits pharmaceutiques.
  • Knowledge Link — Source d'information sur la stratégie globale des fabricants de produits pharmaceutiques, les tendances des ventes canadiennes et internationales, les domaines thérapeutiques, les produits en développement et les nouvelles de sociétés.
  • LifeCycle — Source d'information sur les produits en développement, donnant un éclairage sur les gammes de produits futures.
  • IMS Company Profiles — Source d'information sur la structure, la stratégie, les résultats financiers, les programmes de recherche et développement, le portefeuille de produits et les principales activités de sociétés. Les renseignements proviennent d'entrevues menées auprès de cadres supérieurs des sociétés, de prévisions et commentaires d'analystes boursiers et de différentes publications.
  • IMS World Review et IMS Country Review — Source d'éclairage exhaustif sur les tendances en matière de performance des principales sociétés pharmaceutiques et des pays, marchés, domaines et catégories de produits thérapeutiques.
  • Market Prognosis Canada — Principaux enjeux environnementaux ayant une incidence sur les multinationales, les PME et les segments génériques à moyen terme (d'ici 2016).
  • Canadian Drug Store & Hospital Purchases — Tendances des ventes des multinationales et des PME au Canada et par catégorie thérapeutique
  • Provincial Reimbursement Advisor (PRA) — Source d'information sur les principaux enjeux en matière de remboursement auxquels l'industrie pharmaceutique canadienne est confrontée par rapport à l'évolution des politiques provinciales et des activités qui influent sur l'accès au marché et le remboursement de nouveaux produits pharmaceutiques.

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3.0 Portrait de l'industrie pharmaceutique canadienne

3.1 Examen de la performance générale récente des marchés international et canadien

L'industrie pharmaceutique canadienne affronte d'énormes défis. En 2011Note de bas de page 1, le marché canadien se classait au huitième rang mondial et représentait 2,6 % des achats mondiaux, en légère baisse par rapport à 2,7 % en 2010 et en 2007. La croissance annuelle du marché a régulièrement ralenti après avoir atteint un sommet de plus de 16 % en 2001. L'industrie s'est contractée pour la première fois en 2011 (décroissance de −0,9 %). Au cours du premier semestre de 2012, le marché pharmaceutique canadien affiche une reprise timide de 0,9 % après le repli de 2011. La figure 1 illustre la tendance de la croissance des ventes canadiennes et mondiales et le taux de la croissance annuelle canadienne.

Le rythme de la croissance sur le marché mondial a aussi ralenti, mais il demeure plus élevé que celui du Canada, essentiellement grâce à la forte croissance sur les marchés émergents. Le ralentissement de la croissance sur les marchés développés comme le Canada, les États-Unis (la croissance du marché nord-américain a été de 3,1 % en 2011) et l'Europe (croissance de 1,6 % en 2011) a été compensé par la croissance exceptionnelle et soutenue des marchés émergents. Le Brésil et la Chine ont affiché une croissance de 18,9 % et 17,1 % respectivement en 2011. Le ralentissement de la croissance mondiale se poursuit en 2012, à un rythme de 3,5 % jusqu'en juin 2012, un rythme encore plus lent que les 5 % atteints en 2011 et 2010. Le contraste sur le plan de la croissance du marché entre les pays développés et émergents oriente les choix de la plupart des multinationales en matière d'investissements cruciaux.

Figure 1 :  Croissance globale :  Le marché canadien a récemment été à la traîne; le contraste entre les marchés développés et émergents est frappant

Le marché canadien a récemment été à la traîne; le contraste entre les marches développés et émergents est frappant
Description de la Figure 1
Figure 1 :  Croissance globale :  Le marché canadien a récemment été à la traîne; le contraste entre les marchés développés et émergents est frappant (en pourcentage)
1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 Cumul de l'année au mois d'août 2012
Source  :  Pharmafocus 2016, IMS Brogan. Canadian Drug Stores and Hospital Purchases, cumul de l'année au mois d'août 2012.
Canada 11,5 13,6 16,7 12,8 8,9 9,5 7,1 8,3 6,1 6,9 6,3 1,5 −0,9 0,6
Globale 14,6 11,5 12,8 10,6 8,8 7,7 7,3 7,5 6,2 5,2 6,8 4,5 4,8 3,5

En grande partie, les facteurs du ralentissement de la croissance du marché canadien depuis la deuxième moitié de la dernière décennie expliquent aussi le ralentissement de la croissance dans d'autres marchés développés et du taux de la croissance mondiale. Ces facteurs comprennent :  les niveaux record de perte d'exclusivité d'importants produits de marque, une pénurie de nouveaux produits vedettes, l'adoption lente de nouveaux produits, un ralentissement des homologations de nouveaux produits et des délais de traitement plus longs aux fins de l'inscription sur les listes des médicaments remboursés des régimes publics. Plus récemment, différents éléments ont exacerbé l'effet de ces facteurs du marché au Canada et sur d'autres marchés mondiaux :  la baisse de la productivité des activités de R. et D.; la crise financière mondiale et la récession économique qui en a découlé; les pressions à la baisse sur les prix et les politiques de compression des coûts des payeurs; ainsi que le transfert d'activités vers les pays émergents.

La croissance des segments porteurs du marché pharmaceutique canadien est aussi marquée par des changements et des contrastes importants. Au cours des dix dernières années, nous avons observé une croissance spectaculaire du segment des produits génériques sur le marché canadien par suite de l'expiration de brevets et des politiques adoptées par des payeurs favorisant l'utilisation de ces produits, de même que l'adoption grandissante de produits plus coûteux dans les domaines de l'oncologie, de la biotechnologie et de médicaments spécialisésNote de bas de page 2. Dans la figure 2, nous comparons la croissance de segments clés du marché en 2007 et en 2012 (à la fin du deuxième trimestre). Au cours de la deuxième moitié de la dernière décennie, les produits génériques ont alimenté la croissance du marché canadien. En 2012, la biotechnologieNote de bas de page 3 et les médicaments spécialisés stimulaient la croissance tandis que le segment des produits génériques était aux prises avec une décroissance. La valeur annuelle des ventes de produits spécialisés a atteint 4,7 milliards de dollars en 2011 (la dernière année complète pour laquelle des données sont disponibles) tandis que les médicaments biotechnologiques ont enregistré des ventes de 3,4 milliards de dollars, notamment pour des modificateurs de la réponse biologiqueNote de bas de page 4 et des analogues de l'insuline humaine. Les ventes de produits génériques continuent de représenter une grande part du marché canadien, mais la croissance depuis 2010 a été négative par suite des réformes que les payeurs ont mises en œuvre à l'égard de la détermination des prix :  −5,3 % en 2011 par rapport à 2010 et décroissance de −2,6 % en juin 2012 (figure 2).

Figure 2 :  Augmentation annuelle des ventes canadiennes selon le segment du marché

Augmentation annuelle des ventes canadiennes selon le segment du marché
Description de la Figure 2
Augmentation annuelle des ventes canadiennes selon le segment du marché
  2007 2012
Marché total 6,3 % 0,9 %
Génériques 20,9 % -2,6 %
Tous les produits de marque 3,0 % 2,1 %
Biotech 16,3 % 12,4 %
Oncologie 11,8 % 3,3 %
Méd. spécialisés* N/A 7,7 %

MAT en décembre 2007, MAT en juin 2012 sauf pour le segment des médicaments spécialisés (en décembre 2011)
Source :  PharmaFocus 2012, 2016 (mise à jour de mars et de novembre)

Des changements considérables touchent aussi les ventes et la composition des principales catégories de produits thérapeutiques sur le marché canadien. Plusieurs catégories qui se classent désormais parmi les dix premières ne figuraient pas au palmarès en 2004, par exemple les antirétroviraux, les traitements pour troubles convulsifs et les anticorps monoclonauxNote de bas de page 5. La figure 3 présente une comparaison des dix premières catégories thérapeutiques en 2007 et en 2012 (à la fin du deuxième trimestre) et le taux de croissance annuelle composé sur la période quinquennale précédente. Les dix principales catégories thérapeutiques représentent 36 % du marché total en 2012, en légère et graduelle baisse par rapport à 39 % en 2007Note de bas de page 6. La catégorie des meilleurs vendeurs, les inhibiteurs HMG-CoA-réductase (ou statines) représentent 6 % du marché par rapport à 9 % en 2007, la croissance des dernières années étant beaucoup plus lente qu'au début des années 2000 à cause de la généricisation de Lipitor et, récemment, de Crestor. La deuxième catégorie, les modificateurs de la réponse biologique, représente 6 % du marché, soit le double de la part en 2007 et au premier rang des dix premières catégories pour ce qui est de la croissance (croissance annuelle composée de 24 % de 2007 à 2011). Les principaux produits de cette catégorie comprennent Remicade, Simponi, Enbrel et Humira. À cause de la généricisation de produits de marques importants, les principales catégories thérapeutiques en 2011 et à ce jour en 2012 sont en faible croissance ou en recul :  inhibiteurs HMG-CoA-réductase; inhibiteurs de la pompe à protons, c.-à-d. Nexium; principaux tranquillisants, p. ex. les antipsychotiques atypiques Seroquel XR et Risperdal; et les inhibiteurs de recaptage de la sérotonine, soit Cipralex et Cymbalta. Par ailleurs, la généricisation de produits de marque importants a modifié la position de plusieurs catégories qui figuraient parmi les meilleurs vendeurs en 2007 et qui sont sorties du top 10 en 2012 :  anticalciques, p. ex. Norvasc; inhibiteurs de l'enzyme de conversion de l'angiotensine (inhibiteurs ECA), dont Altace et Vasotec; et les traitements oraux contre le diabète, p. ex. Actos et Avandia.

Figure 3 :  Dix principales catégories thérapeutiques, selon les ventes au Canada :  2007 par opposition à 2012 et leur croissance dans la période quinquennale précédente
2007 2012
Rang   Part du marché en % TCAC 2002 à 2006   Part du marché en % TCAC 2002 à 2011
Source  :  Sous-catégories thérapeutiques (USC-4) in IMS Brogan, Canadian Drug Stores and Hospital Purchases, Basé sur le ventes MAT en décembre 2007 et MAT en juin 2012, Taux de croissance annuelle composé pour la période quinquennale précédente
1 Inhibiteurs HMG-CoA-réductase 8,8 10,1 Inhibiteurs HMG-CoA-réductase 6,0 (4,9)
2 Inhibiteurs de la pompe à protons 5,8 8,4 Modificateurs de la réponse biologique 5,7 23,9
3 Inhibiteurs du recaptage de la sérotonine 4,0 4,0 Inhibuteurs de la pompe à protons 4,3 (3,4)
4 Anticalciques 3,9 7,2 Inhibuteurs du recaptage de la sérotonine 3,9 3,3
5 Principaux tranquillisants 3,3 10,8 Traitement contre l'asthme 3,6 9,1
6 Inhibiteurs ECA 3,2 3,6 Principaux tranquillisants 2,6 (3,2)
7 Traitement contre l'asthme 3,0 9,4 Aides au diagnostic, autres 2,5 6,4
8 Modificateurs de la réponse biologique 2,6 40,5 Antirétroviraux 2,4 13,2
9 Traitement contre le diabète, oral 2,2 19,1 Troubles convulsifs 2,3 9,5
10 Aides au diagnostic, autres 2,1 9,1 Anticorps monoclonaux 2,2 12,4
Total des dix premières catégories 39,0 9,2   36,0 3,8

Des politiques restrictives en matière d'accès au marché et de prix pour les produits de marque et génériques ont considérablement nuisent à la performance de l'industrie canadienne. Les payeurs en quête de médicaments à meilleur prix ont fait glisser la part du marché vers le segment générique et plus récemment, la dernière ronde de réformes des régimes provinciaux d'assurance-médicaments a radicalement réduit les prix des produits génériques dans la plupart des provinces. Les niveaux d'accès au marché dans les régimes d'assurance-médicaments publics ont aussi été systématiquement faibles. Vingt pour cent seulement des médicaments lancés de 2009 à 2011 ont été inscrits sur la liste des médicaments remboursés par les régimes provinciaux et une proportion de plus en plus grande d'entre eux l'ont été avec restrictions. La figure 4 illustre cette tendance générale à la réduction de l'inscription de nouveaux produits sur la liste des médicaments entièrement remboursés dans les quatre plus grands régimes publics au Canada.

Figure 4 :  Pourcentage de nouveaux produits inscrits à la liste des médicaments entièrement remboursés dans les régimes publics
 % moyen sur une période de deux ans* des nouveaux produits donnant droit à un remboursement complet (pour les périodes de deux ans se terminant entre août 2009 et août 2012)

Pourcentage de nouveaux produits inscrits à la liste des médicaments entièrement remboursés dans le régimes publics
Description de la Figure 4

Chaque point de donnée représent une moyenne de deux ans
Source :  IMS Brogan. Proviancial Reinbursement Advisor. Novembre 2012.

Le fléchissement de la croissance des ventes et de la profitabilité handicape la performance des sociétés présentes sur le marché canadien. La marge de profits des fabricants pharmaceutiques au Canada a diminué de plus de 11 % en 2006 à 7 % en 2010Note de bas de page 7. De même, le rendement de l'avoir est passé de 11 % à moins de 6 % en 2010Note de bas de page 8. La pression à la baisse sur les profits se reflète dans le fléchissement de la croissance des ventes. En 2007, les plus grandes sociétés au Canada avaient affiché une croissance annuelle composée de 8,1 % sur quatre ans (2002 à 2007). La croissance des ventes avait considérablement ralenti en 2011. La croissance annuelle composée des dix plus grandes sociétés, d'après les ventes qu'elles ont réalisées en 2011, était de 3,9 % sur la période de quatre ans (2006 à 2010, voir la figure 5). De plus en plus, les multinationales modifient leur modèle d'affaires en se concentrant sur les domaines thérapeutiques spécialisés en croissance et en diversifiant leurs activités dans des marchés géographiques différents au moyen d'acquisitions et d'alliances. Dans les sections ci-dessous, nous analyserons plus en détail le contexte du marché des quatre principales catégories de sociétés dans l'industrie pharmaceutique canadienne.

3.2 Les multinationales de produits de marque et génériques sont les pierres d'assise de l'industrie canadienne

L'industrie pharmaceutique du Canada se compose d'un écosystème de sociétés multinationales et locales. Dans le passé, les multinationales pharmaceutiques de marque ont développé et commercialisé de nouveaux produits brevetés; on leur doit la plus grande part des ventes de médicaments et des investissements en R. et D. au Canada. La plupart des grandes sociétés pharmaceutiques de marque sont des multinationales étrangères ayant des filiales au Canada. Valeant est la seule multinationale de produits de marque ayant son siège social au Canada. Le segment générique comprend un mélange de multinationales canadiennes et étrangères et de sociétés plus petites. Elles fabriquent et commercialisent des produits génériques à moindre coût après l'expiration des brevets des pr oduits de marque. Apotex et Pharmascience sont du nombre des plus importantes sociétés pharmaceutiques canadiennes. Les PME biopharmaceutiques au Canada sont de petite taille et se concentrent en général sur les premières étapes de la recherche et du développement. Elles commercialisent peu de produits. La quatrième catégorie importante d'acteurs dans l'industrie est composée des fournisseurs de services contractuels (FSC), un mélange de petites sociétés ayant leur siège social au Canada et de grandes sociétés étrangères. Les FSC fournissent un vaste éventail de services contractuels dans le cycle de vie des produits, des activités de R. et D. et de fabrication en passant par les ventes et l'administration.

De nombreuses sociétés vendent leurs produits sur le marché canadien, mais la plupart d'entre elles ont leur siège social hors du Canada. Parmi les 20 sociétés ayant les plus grands chiffres d'affaires au Canada, les sociétés Apotex, Pharmascience et Valeant sont les plus grandes multinationales basées au Canada. En général, les sociétés basées au Canada sont relativement petites et servent des créneaux spécialisés de l'industrie. Elles sont plus nombreuses que les multinationales, mais ces dernières dominent par leur taille et leurs ventes sur le marché canadien.

Les multinationales qui dominent les secteurs des produits de marque et génériques par leurs ventes sur le marché canadien n'ont pas forcément une capacité de fabrication ou de R. et D. au Canada. Parmi les principales multinationales de marque par leurs ventes sur le marché canadien, les sociétés suivantes ont une capacité de fabrication au Canada :  Johnson & Johnson, Pfizer, la division des vaccins de Sanofi-Aventis (Sanofi Pasteur), Merck (Schering-Plough Canada Inc.), GlaxoSmithKline Inc et Valeant. L'empreinte canadienne de Johnson & Johnson comprend 400 employés affectés à l'administration et aux ventes et plus de 1 000 employés affectés à la fabrication et à la R. et D. à ses usines de Guelph et Montréal. Pfizer exploite une usine et un centre de distribution employant plus de 1 000 personnes à Montréal. L'usine de la société à Brandon fabrique la matière première de sa marque Premarin, le produit pharmaceutique le plus exporté du CanadaNote de bas de page 9.

Parmi les dix plus grandes sociétés de produits génériques, quatre possèdent des unités de production au Canada :  Teva, Apotex, Pharmascience et sa division Pendopharm de même que Sandoz. Ces quatre principales sociétés de produits génériques exploitent plus de 10 des 21 usines de produits génériques au CanadaNote de bas de page 10. Apotex, la plus grande société pharmaceutique basée au Canada, est un fabricant de produits génériques de premier plan spécialisé dans les médicaments pour les systèmes gastro-intestinal, cardiovasculaire et nerveux central. L'usine de pénicilline de Teva au Canada alimente les marchés de l'Amérique du Nord, de l'Europe et d'Israël. Sandoz, la deuxième plus importante société de médicaments génériques au monde, exploite une usine qui emploie 800 personnes à Boucherville (Québec). Elle se spécialise dans les produits injectables pour toutes ses filiales mondiales. Sandoz produit plus de 90 % des médicaments injectables utilisés au Canada, entre autres des anesthésiques, des analgésiques, des médicaments contre le cancer et des antibiotiquesNote de bas de page 11. Cobalt exploite une usine à Mississauga, mais elle en a annoncé la fermeture d'ici 2013 après avoir été acquise par Watson Pharmaceutical Inc., une société basée aux États-UnisNote de bas de page 12. Selon l'Association canadienne du médicament générique, le secteur des médicaments génériques emploie 11 000 personnes, essentiellement dans la région de Montréal, dans la région métropolitaine de Toronto et à WinnipegNote de bas de page 13.

La composition des sociétés présentes dans l'industrie a changé en fonction des conditions du marché global et de l'évolution de la dynamique au sein de l'industrie. La figure 5 présente la composition changeante des principales sociétés au CanadaNote de bas de page 14. Pfizer illustre l'impact de la chute des brevets dans le domaine public sur sa croissance, sa part du marché et sa position au sommet du marché canadien par rapport à 2007. Roche se classe désormais partie les dix principales sociétés, essentiellement grâce à sa force dans le segment des médicaments spécialisés qui connaît un essor rapide. L'accélération de la chute des brevets dans le domaine public en 2007 a coïncidé avec la première fois dans l'industrie pharmaceutique canadienne où deux sociétés de produits génériques se sont faufilées parmi les dix plus grandes sociétés :  Apotex and Novopharm. En 2011, deux sociétés de produits génériques figuraient encore parmi les dix premières places, mais Novopharm était alors la propriété exclusive de Teva, une société étrangère. Schering-Plough était une société indépendante parmi les dix plus grandes sociétés en 2007, mais elle est désormais dans le giron de Merck. Plus récemment, les sociétés qui connaissent l'essor le plus rapide au chapitre des ventes au Canada ne figurent pas parmi les dix premières places (figure 5) :  Shire, Lundbeck, BMS-Gilead et Nycomed (acquise depuis par Takeda). Il s'agit essentiellement de petites sociétés qui se concentrent sur des produits de créneau et des médicaments spécialisés. Les sociétés de produits génériques Sandoz et AA Pharma, plus petites, affichent aussi une croissance rapide.

Figure 5 :  Dix premières sociétés selon leur chiffre d'affaires annuel au Canda :  2007 et 2011 (en milliards de dollars)
2007 2011
Rang   En milliards de $ MAT déc. 2007 Part du marché en % TCAC 2002 à 2006   En milliards de $ MAT déc. 2011 Part du marché en % TCAC 2006 à 2010
Canada (marché total) 18,98 $ 100,0 8,4 Canada (marché total) 22,13 $ 100,0 5,2

* Les société comprennent toutes les division ou filiales qui fabriquent des produits pharmaceutiques.
Source  : IMS Brogan. Canadian Drug Stores and Hospital Purchases. MAT en décembre 2007 et MAT en décembre 2011
Plus récentes données annuelles disponibles.

1 Pfizer  2,34 $ 12,3 7,6 Johnson & Johnson  1,75 $ 7,9 3,4
2 Apotex Inc,  1,31 $ 6,9 15,1 AstraZeneca  1,68 $ 7,6 8,6
3 AstraZeneca  1,22 $ 6,4 7,6 Pfizer  1,57 $ 7,1 (7,1)
4 Johnson & Johnson  1,21 $ 6,4 8,0 Teva  1,21 $ 5,5 17,3
5 GlaxoSmithKline  1,00 $ 5,3 0,9 Apotex  1,21 $ 5,5 5,3
6 Novopharm  0,71 $ 3,8 17,6 Merck  1,11 $ 5,0 4,1
7 Novartis  0,68 $ 3,6 8,5 Novartis  0,98 $ 4,4 10,7
8 Abbott  0,65 $ 3,4 5,7 GlaxoSmithKline  0,93 $ 4,2 1,3
9 Lilly  0,63 $ 3,3 11,8 Abbott  0,88 $ 4,0 8,4
10 Schering Plough  0,60 $ 3,2 7,0 Roche  0,73 $ 3,3 3,9
Total des dix premières sociétés 10,35 $ 54,5 8,1   12,05 $ 54,4 3,9

3.3 Performance du secteur des produits de marque et du secteur des produits génériques

Au cours des dernières années, la performance des secteurs canadiens des produits de marque et génériques a été essentiellement l'histoire de la chute des brevets dans le domaine public (la perte des revenus pour les produits de marque à cause de la généricisation). En 2006, les pertes causées par l'expiration des brevets ont représenté 341 millions de dollars au Canada. Elles ont ensuite atteint un sommet spectaculaire de 1,2 milliard de dollars en 2007 et depuis, elles ont toujours été supérieures à un milliard de dollars par an. Les pertes des brevets devraient atteindre 2,4 milliards de dollars en 2012, un record absolu, étant donné l'expiration des brevets d'importants médicaments-vedettes comme Crestor et Plavix (figure 6 ci-dessous).

Figure 6 :  Valeur annuelle des pertes dues à l'expiration de brevets au Canada, en millions de dollars

Valeur annuelle des pertes dues à l'expiration de brevets au Canada, en millions de dollars
Description de la Figure 6
Figure 6 :  Valeur annuelle des pertes dues à l'expiration de brevets au Canada, en millions de dollars
Années Valeur des pertes dues à l'expiration de brevets au Canada (en millions de dollars)
Source  :  Pharmafocus 2016. IMS Brogan. Canadian Drug Stores and Hospital Purchases, août 2012. MIDAS; juillet 2012
2005 291
2006 341
2007 1 200
2008 1 000
2009 1 000
2010 1 800
2011 1 100
2012 2 460
2013 755
2014 964
2015 828
2016 462

La chute des brevets dans le domaine public entraîne une perte de revenus considérable et presque immédiate pour le secteur des produits de marque. Par suite des expirations de brevets, la part du marché de ce secteur au Canada a diminué. En 2011, les ventes de produits de marque ont atteint 16,7 milliards de dollars et représentaient 75,6 % du marché canadien. En 2007 , la part était de 79,5 % et totalisait 15,1 milliards de dollarsNote de bas de page 15. Cette réduction de la part se reflète aussi dans les capacités de générer des revenus des produits de marque les plus populaires et leur importance dans le marché global. En 2007, le volume des ventes de dix principaux produits de marque représentait 17,7 % du marché total et 3,36 milliards de dollars d'achats en 2007. Tous ces produits ont été généricisés depuis. En 2011, les dix principaux produits représentaient 14,9 % du marché total (en baisse par rapport à 15,6 % en 2010 et 17,4 % en 2009) et 3,29 milliards de dollars d'achats totaux. La chute des brevets dans le domaine public est l'un des facteurs de l'évolution du modèle d'affaires, des médicaments-vedettes à des médicaments de créneaux ciblés plus chers. Ces créneaux touchent généralement un petit nombre de patients.

L'impact financier de cette perte d'exclusivité pour de grands produits de marque est un grand handicap pour la performance de leurs fabricants. Au cours de la deuxième moitié de la dernière décennie, le taux de croissance historique des dix principales sociétés pharmaceutiques de marque a été nettement plus lent qu'au cours de la première moitié de la même décennie. En 2011, ce groupe a affiché une décroissance de 1 % et une part de marché légèrement inférieure à 60  %. En 2007, il accaparait 65 % du marché canadienNote de bas de page 16. Parmi les dix plus grandes sociétés (selon leurs chiffres d'affaires au Canada), Pfizer et GlaxoSmithKline ont affiché une décroissance  en 2011. Les achats de produits de Pfizer au Canada ont chuté de 25,5 % par rapport à 2010, coïncidant avec la fin de l'exclusivité du Lipitor. Le scénario était très différent pour Pfizer en 2007 alors qu'elle était en tête du segment des produits de marque au Canada, pour ce qui est des ventes et de la croissance (plus de 9 %), essentiellement grâce à Lipitor et à Norvasc. En 2011, Johnson & Johnson a été la société de produits de marque affichant la croissance la plus rapide et les meilleures ventes au Canada (en hausse de 6,6 % par rapport à 2010), sous l'impulsion des produits biologiques Remicade et Simponi et du médicament oncologique Velcade (de sa filiale Janssen). Comme nous l'avons vu, Roche fait désormais partie des dix premières sociétés au Canada par son chiffre d'affaires et elle accapare une plus grande part du marché comparativement à 2007 grâce à sa force dans le segment des médicaments spécialisés qui connaît un essor rapide.

Les multinationales de marque vivent un déséquilibre entre la généricisation de leurs principaux produits de marque et la performance des nouveaux produits qu'elles lancent, qui ne compensent pas les pertes de revenus dues à l'expiration des brevets. Autre preuve de cette faiblesse en matière de développement de produits :  en 2011, trois des dix marques affichant la croissance la plus rapide étaient des reformulations. Il y a eu moins de lancements de produits innovateurs et l'adoption des nouveaux produits n'a pas été suffisante pour compenser la perte des revenus due à l'expiration des brevets. La part du marché des nouveaux médicaments de marque, entre autres de nouvelles substances actives et l'élargissement de gammes de produits, s'est considérablement rétrécie sur le marché canadien au cours des dix dernières années. Par exemple, les nouveaux produits lancés sur le marché canadien en 2003 représentaient 0,63 % du marché canadien. En 2008, la part s'établissait à 0,21 % et en 2011, à 0,08 % (voir le tableau à la figure 7)Note de bas de page 17. Parmi les facteurs ayant contribué à la performance des nouveaux produits lancés, on a évoqué le processus réglementaire menant à l'homologation et l'examen subséquent des nouveaux produits par les régimes publics d'assurance-médicaments. Ainsi, l'homologation de nouveaux médicaments par Santé Canada et l'examen subséquent en vue de leur inscription sur la liste des médicaments remboursés par les régimes provinciaux peuvent s'étendre sur deux ans et demiNote de bas de page 18.

Figure 7 :  Part du marché canadien des nouveaux lancements de produits entre 2006 et 2011 (nouvelles substances actives et élargissement de gammes de produits)

Part du marché canadien des nouveaux lancements de produits, 2006 à 2011
Description de la Figure 7
Figure 7 :  Part du marché canadien des nouveaux lancements de produits entre 2006 et 2011
(nouvelles substances actives et élargissement de gammes de produits)
  Année de lancement Année 2 Année 3 Année 4 Année 5 Année 6
Source :  IMS Brogan, Canadian Drug Stores and Hospital Purchases, MAT décembre 2011
Nouveaux Produits 2004 0,43 % 1,29 % 1,78 % 2,26 % 2,62 % 3,05 %
Nouveaux Produits 2005 0,26 % 1,16 % 1,84 % 2,45 % 2,95 % 3,42 %
Nouveaux Produits 2006 0,21 % 0,99 % 1,27 % 1,49 % 1,64 % 1,75 %
Nouveaux Produits 2007 0,28 % 1,09 % 1,53 % 2,02 % 2,53 %  
Nouveaux Produits 2008 0,21 % 0,64 % 1,07 % 1,76 %    
Nouveaux Produits 2009 0,15 % 0,71 % 1,38 %      
Nouveaux Produits 2010 0,12 % 0,50 %        
Nouveaux Produits 2011 0,08 %          

Le secteur des produits génériques au Canada a affiché sa plus forte croissance pendant une grande partie de la dernière décennie, mais en 2009, le secteur a commencé à affronter de forts vents contraires, en l'occurrence à cause de l'instauration de politiques de prix des produits génériques plus restrictives dans les régimes d'assurance-médicaments publics et privés. Des sociétés de produits génériques ont aussi éprouvé des problèmes de fabrication parce qu'elles ont été incapables de se procurer des ingrédients actifs et qu'elles ont ainsi eu de la difficulté à approvisionner leurs clients. Le problème d'approvisionnement chez les fabricants de produits génériques a été ressenti au Canada, aux États-Unis et dans d'autres parties du monde. Les ventes sur le marché canadien des produits génériques sont passées en territoire négatif pour la première fois en 2011 (en baisse de 5,3 % par rapport à 2010) et au deuxième trimestre de 2012, la valeur des ventes était aussi en décroissance. La décroissance fait nettement contraste au taux de croissance de 8 % observé en 2004, 2007 et 2008. On s'attend à ce que la performance du segment des produits génériques sur le marché canadien reste faible à court terme en dépit d'une autre vague d'expiration de brevets en 2012, puisque d'autres réformes des régimes d'assurance-médicaments publics et privés entrent graduellement en vigueurNote de bas de page 19. Le récent ralentissement sur le marché canadien des produits génériques est visible dans la performance des principaux fabricants. En 2011, les dix plus grands vendeurs de produits génériques sur le marché canadien ont enregistré des ventes totalisant 5 milliards de dollars, une baisse par rapport à 5,3 milliards de dollars en 2010, un net revirement par rapport à la croissance qui était supérieure à 20 % en 2008. L'industrie est fortement concentrée puisque les dix plus grandes sociétés de produits génériques sont responsables de plus de 90 % des ventes dans cette catégorie au Canada.

3.4 Évolution des modèles d'affaires des multinationales :  place aux FSC

La chute de brevets dans le domaine public et les conditions difficiles du marché, conjuguées à la faible productivité des activités de développement de nouveaux produits des multinationales, ont été les agents catalyseurs de la transformation de leur modèle d'affaires. Les sociétés de produits pharmaceutiques de marque mondiales ont rationalisé leur équipe de mise en marché et de vente et leur capacité sous-utilisée de R. et D. et de fabrication dans les marchés matures. Quelques exemples de rationalisation :  Pfizer a soustrait 10 000 employés à son effectif mondial entre 2006 et 2008 AstraZeneca (7 600 employés), Merck (7 200 employés) et Bayer (6 000 employés) ont aussi considérablement élagué leur effectifNote de bas de page 20. Les multinationales de marque qui maintiennent leurs unités de fabrication réinventent leur modèle de production de façon à se concentrer sur la fabrication de haut de gamme et s'aventurent dans d'autres domaines, par exemple les matériels médicaux, les produits en vente libre et les produits en soins de santé.

Étant donné la concurrence de plus en plus féroce et les politiques de réduction des prix des produits génériques instaurées par les payeurs, les sociétés du secteur des produits génériques suivront probablement l'exemple des sociétés de produits de marque afin de réduire leurs coûts et de rationaliser leurs actifs. Teva, la première société de produits génériques du Canada, a regroupé ses opérations après avoir acquis Ratiopharm en 2010 et elle a vendu l'unité de production que Ratiopharm exploitait à Montréal. Cette unité qui employait plus de 300 personnes sera désormais exploitée par Halo Pharmaceutical, un manufacturier pharmaceutique à forfait (MPF), avec un effectif réduit. Des multinationales dans le segment des produits génériques seront mises au défi de maintenir leurs activités et leurs investissements au Canada puisque la proposition de valeur pour attirer des investissements dans ce secteur tient à une combinaison d'un marché intérieur connaissant un essor rapide et d'un contexte d'exploitation à faible coût, comme c'est le cas de l'Inde. Le marché canadien est relativement petit et les coûts d'exploitation sont plus élevés que ceux des exploitations rivales dans les marchés émergents. Par contre, des unités hautement productives offrant une capacité de production souple conjuguée à des mesures d'encouragement à l'investissement et à des incitatifs fiscaux peuvent permettre à un pays ayant un petit marché intérieur d'attirer des investissements dans le secteur des produits génériques, essentiellement en vue de produire pour des marchés d'exportationNote de bas de page 21.

Les multinationales ayant des opérations au Canada ont réagi et réagissent encore aux conditions du marché et à la dynamique de la concurrence mondiale en rationalisant et en réduisant leurs investissements directs. La transition à l'impartition et à l'investissement indirect au Canada par des multinationalesNote de bas de page 22 a créé des possibilités pour les fournisseurs de services contractuels (FSC) au Canada.

Au Canada, l'emploi dans le secteur de la fabrication pharmaceutique a recueilli 8 % de 2007 à 2011 et s'établit à environ 27 000 travailleurs. Toutefois, le nombre d'usines de production a légèrement augmenté au cours de la deuxième moitié de la dernière décennie (selon les données de Statistique Canada)Note de bas de page 23. Les FSC assument une partie des opérations et des services que les multinationales ont abandonnés. Ainsi, des fabricants contractuels exploitent désormais les anciennes unités de production de plusieurs multinationales (AstraZeneca, BMS, GSK, Pfizer, Novartis, Roche, Shire et Teva)Note de bas de page 24. L'usine de Teva à Montréal (qui appartenait à Ratiopharm) a été vendue à Halo Pharmaceutical en 2012. Halo fabriquera plusieurs produits de Teva pour les marchés internationauxNote de bas de page 25. De même en 2008, BMS a vendu son usine à Uman Pharma et Pfizer a vendu son usine d'Arnprior à la coréenne Keata Pharma; cette usine porte désormais le nom de Pilar5 PharmaNote de bas de page 26. Bien que les multinationales réduisent leur niveau d'investissements directs, leurs dépenses aux fins de l'impartition de la fabrication ont profité au segment des FSC.

Les FSC actifs dans le domaine de la fabrication (manufacturiers pharmaceutiques à forfait) dans l'industrie canadienne sont soit des sociétés basées au Canada, comme CPL, Laboratoires Confab, Pillar5 Pharma et Trillium Health Care Products, qui ont établi des alliances manufacturières avec des multinationales ou des FSC mondiaux. Jubilant HollisterStier (dont la société mère est l'indienne Jubilant Life Science), Piramal Healthcare (Inde) et Patheon, des FSC mondiaux, ont une présence établie au Canada et prouvent que les multinationales de l'industrie ne se limitent pas aux sociétés de produits de marque et aux produits génériques. Patheon est née au Canada dans les années 1970 et a démé nagé son siège social aux États-Unis après le rachat de la société canadienne par JLL Partners/JLL Patheon Holdings LLC en 2007.

En plus de la fabrication, les activités de recherche et la gestion des ventes et de l'administration sont deux autres fonctions que les multinationales sous-traitent de façon prédominante à des fournisseurs de services contractuels. Les entreprises de recherche contractuelle (ERC) offrent leur soutien au processus de R. et D. dans des domaines comme l'obtention de licences de PME biopharmaceutiques et d'établissements d'enseignement, le développement de recherches potentielles et l'octroi de licences à des sociétés pharmaceutiques. Plus de 80 ERC pharmaceutiques au Canada fournissent essentiellement des services de recherche préclinique et exécutent des essais cliniques. Par exemple PharmaMedica Research basée à Mississauga se spécialise dans la recherche de phase INote de bas de page 27.

Plusieurs considérations poussent les multinationales à impartir leurs fonctions. Pour les sociétés de produits de marque, la généricisation mine les marges de leurs produits. L'impartition de la production de produits à faible marge leur permet de contrôler et d'optimiser leurs coûts. Les FSC offrent un avantage financier aux multinationales grâce à leur production ciblée et allégée, la réduction du gaspillage et la conservation des ressourc es. Les économies de coûts sont particulièrement importantes dans un contexte de fabrication à faible marge. Les FSC possèdent une capacité spécialisée et leurs coûts sont donc généralement plus faibles que les grandes multinationales pharmaceutiques intégrées. En outre, dans les marchés difficiles où la demande est de plus en plus volatile, l'impartition de fonctions opérationnelles permet aux multinationales de réagir rapidement à l'évolution des conditions sans avoir la lourde charge de rajuster leur capacité opérationnelle. Elles peuvent donc se concentrer sur l'innovation et sur leurs fonctions essentielles.

3.5 PME biopharmaceutiques et de R. et D.

Le Canada se classe loin sur l'échelle mondiale des priorités des sociétés en matière d'investissement en R. et D., bien qu'il soit le huitième marché mondial. La plupart des multinationales pharmaceutiques dépensent moins de 1 % de leurs investissements directs en R. et D. au CanadaNote de bas de page 28. Boehringer Ingelheim et la canadienne Valeant sont les deux seules sociétés qui ont fait plus de 2 % de leurs investissements en R. et D. au CanadaNote de bas de page 29. De fait, la vague de fermetures d'installations de R. et D. annoncées en 2012 semble être signe d'incertitude à l'égard de la capacité des unités canadiennes de multinationales de soutenir et d'attirer davantage d'activités de R. et D. Il y a plusieurs exemples récents de multinationales ayant rationalisé leurs activités de R. et D. au Canada :  Boehringer Ingelheim fermera son centre de R. et D. de Laval au début de 2013 (170 employés); en 2012, AstraZeneca a fermé son établissement de recherche en neurosciences de Montréal, une décision qui a touché environ 17 % de l'effectif de la société au Canada; Johnson & Johnson a fermé sa division de R. et D. de Montréal en 2012 (132 emplois); et Sanofi a annoncé le licenciement de 100 personnes à son centre de R. et D. de Laval. Des multinationales ferment leurs centres de R. et D. au Canada parce que ces installations sont actives dans des domaines thérapeutiques qui ne sont plus dans la mire de la société ou par suite d'impartitions de travaux et d'obtention de licences destinées à réduire les coûts et les risques inhérents au développement de produits à l'interne. En outre, les multinationales regroupent leurs centres de recherche dans des grappes situées plus près du siège social de la société ou dans des marchés géographiques attrayants. Les conditions qui rendent des marchés attrayants comprennent l'investissement dans des infrastructures et des incitatifs accordés par l'État, par exemple en matière fiscale.

La recherche clinique est reconnue comme une force de l'industrie pharmaceutique canadienne. De fait, les centres de R. et D. des sociétés pharmaceutiques internationales au Canada se consacrent principalement à la gestion de la recherche clinique plutôt qu'à la recherche pure. En matière de recherche clinique, les essais de phase III reçoivent généralement l'essentiel des dépenses en recherche clinique. Celle-ci représente généralement 45 % des dépenses en R. et D. du secteur pharmaceutique au Canada, ce qui représente la plus grande part de ces dépenses au CanadaNote de bas de page 30. Le Canada cède le pas aux États-Unis en ce qui concerne le nombre de sites d'essais cliniques actifs (4 449 et 27 610 respectivement)Note de bas de page 31. La réputation et l'importance de la recherche clinique au Canada peuvent être attribuées à l'infrastructure des soins de santé et aux réseaux de recherche en santé du Canada. Cependant, le nombre d'essais cliniques confiés au Canada a diminué depuis 2010, de 1 241 à 1 069 en 2012Note de bas de page 32. L'émergence de concurrents de marchés émergents capables de faire de la recherche clinique à faible coût et l'amélioration de leur qualité et les frais généraux croissants des hôpitaux et des établissements universitaires au Canada conjugués à la force du dollar canadien continueront de compromettre l'avantage du Canada en matière de recherche cliniqueNote de bas de page 33. Malgré ces défis, la capacité du Canada en recherche clinique et en R. et D. offre des avantages aux plans de l'inscription de patients et des réseaux mettant en relation des multinationales, des PME biopharmaceutiques, le milieu universitaire et des centres de recherche. Le savoir-faire et la filière en place au Canada de même que les initiatives d'établissements de recherche universitaires qui s'harmonisent avec les orientations stratégiques de multinationales peuvent permettre à l'industrie canadienne de tenir tête à ses concurrents à coûts réduits en recherche cliniqueNote de bas de page 34. La décision de Roche d'investir 190 millions de dollars dans un centre de recherche clinique de calibre mondial à Mississauga témoigne de cette capacitéNote de bas de page 35.

Les PME biopharmaceutiques canadiennes possèdent l'une des filières de R. et D. les plus solides de l'industrie à l'échelle mondiale avec plus de 800 produits dans ses filières, dont la moitié à la première phase de développementNote de bas de page 36. Toutefois, l'accès au capital est l'obstacle le plus important à la commercialisation pour les sociétés biopharmaceutiques. Les sociétés canadiennes ne possèdent pas les capacités financières et commerciales pour survivre au long processus qui va des premiers travaux de recherche à la commercialisationNote de bas de page 37. L'industrie biopharmaceutique canadienne est composée de quelques grandes sociétés, dont Valeant et Paladin, et de plusieurs petites sociétés et sociétés en démarrage. En 2011, Valeant et Paladin Labs représentaient 75 % de la capitalisation du marché des sociétés biopharmaceutiques cotées en bourseNote de bas de page 38.

On attribue souvent à l'investissement que le gouvernement du Canada a fait dans la recherche en génomique au début des années 2000 le mérite d'avoir catalysé la croissance de l'industrie de la biotechnologie et des sociétés biopharmaceutiques basées au Canada. Entre 2000 et 2007, Genome Canada a investi plus de 700 millions de dollars à la grandeur du Canada et de concert avec d'autres partenaires, l'organisme a engendré des investissements totalisant 1,5 milliard de dollars dans 115 projets de rechercheNote de bas de page 39. Pendant cette période, l'infrastructure de l'industrie de la biotechnologie au Canada a été renforcée et s'est acquis une bonne réputation. Cependant, au cours des dernières années, étant donné les défis survenus dans l'économie mondiale et l'industrie biopharmaceutique, l'industrie canadienne a eu de la difficulté à convertir des PME et leur recherche fondamentale en des positions commerciales viables.

Les PME biopharmaceutiques ont de la difficulté à réunir des capitaux et affirment que le processus réglementaire est une entrave supplémentaire. La crise financière et la récession économique ont exacerbé les difficultés que les sociétés biopharmaceutiques doivent affronter. À la fin de 2008, 92 sociétés biopharmaceutiques cotées en bourse au Canada ont perdu 80 à 90 % de leur capitalisation boursière. En 2011, la capitalisation boursière des 30 plus grandes sociétés de biotechnologie canadiennes cotées en bourse avait augmenté de 18 % par rapport à 2010, essentiellement sous l'impulsion de la hausse du prix des actions de Valeant et de Paladin Labs. Le financement public demeure la principale source de financement pour les sociétés biopharmaceutiques, en valeur absolue. Par exemple en 2011, les sociétés ont réuni 1,8 milliard de dollars par des appels publics à l'épargne comparativement à 130 millions de dollars en capital de risqueNote de bas de page 40. Les PME biopharmaceutiques au Canada ont de la difficulté à attirer du capital de risque à cause du rendement faible des premiers appels publics à l'épargne et des processus réglementaires lourds. On estime que pour assurer la viabilité du segment biopharmaceutique, il faudrait investir environ 2 à 3 milliards de dollars par an, mais le secteur ne reçoit annuellement qu'une fraction de ce montantNote de bas de page 41.

De nombreuses PME biopharmaceutiques ont disparu au cours de la récente récession. Les PME qui ont survécu à la récession ont réduit leurs effectifs, vendu des équipements ou produits de recherche, mis fin à des programmes et établi des alliances et des partenariats. Paladin Labs (qui avait acquis ViRexx Medical) a vendu une partie de sa technologie pour survivre aux conditions difficiles du marché financier. La rationalisation dans le secteur biopharmaceutique signifie généralement que les sociétés survivantes sont en meilleure santé financière et ont de meilleures perspectives de commercialisation qu'auparavant, mais des experts de l'industrie croient que le secteur est faible et que son empreinte au Canada diminue, en partie à cause des acquisitions. Il est ironique de constater que pour de nombreuses PME biopharmaceutiques canadiennes, le chemin typique vers le succès est de se faire acheterNote de bas de page 42.

La conclusion d'alliances avec des multinationales apporte aux PME biopharmaceutiques une infusion d'argent pour poursuivre le développement de produits et une source de revenus pour soutenir leurs opérations et leur croissance. Pour les multinationales, les alliances avec des PME biopharmaceutiques dotées de filières de produits prometteurs, ou leur acquisition pure et simple, sont des moyens de composer avec la faible productivité de leurs activités de développement. Xenon Pharmaceuticals de Vancouver (Colombie-Britannique) est un parfait exemple de ce modèle d'alliance. La société, dont l'activité fondamentale est la découverte et le développement de médicaments, a établi des partenariats générateurs de revenus importants avec des multinationales comme Roche, Novartis, Merck, Takeda et Teva. Rien qu'en 2012, la société a conclu des ententes avec Teva et Roche totalisant un milliard de dollars. Ce modèle a récemment abouti à l'homologation de la première thérapie génique dans un marché développé (pour le traitement de la déficience en lipoprotéine lipase, une maladie orpheline)Note de bas de page 43. Le marché que Merck et la canadienne Alectos Therapeutics ont conclu en 2010 est un autre exemple. Le partenariat procure à Alectos une infusion d'argent et en retour, Merck acquiert les droits de licence exclusifs pour le monde entier lui permettant de pousser plus loin la recherche sur le médicament d'Alectos contre l'Alzheimer, le développer et le commercialiser. Récemment, Angiochem de Montréal a aussi conclu un accord de licence exclusif avec Geron. Ainsi, Angiochem obtient les revenus des droits de licence et Geron, les droits de licence exclusifs sur le composé anti-cancer d'Angiochem.

3.6 S'unir pour survivre :  les fusions et acquisitions et les alliances

Depuis l'intense période de la chute des brevets dans le domaine public en 2007, l'industrie pharmaceutique mondiale a dû affronter des pressions substantielles s'exerçant sur ses revenus et ses coûts. Il n'est pas étonnant que l'augmentation spectaculaire de la valeur des pertes liées aux brevets en 2007 ait coïncidé avec une explosion de la valeur des fusions et acquisitions dans l'industrie pharmaceutique mondiale, laquelle a atteint 73 milliards de dollars, soit 28 % de plus qu'en 2006Note de bas de page 44. Sur les 57 plus importantes acquisitions survenues en 2007 (à l'échelle mondiale), 60 % ont été faites par des multinationales et 42 % des sociétés achetées étaient des sociétés biopharmaceutiques. La réaction à la situation de l'industrie mondiale depuis 2007 a été un déferlement de fusions et d'acquisitions tandis que des sociétés o nt cherché à consolider leur structure de coûts, à élargir leurs filières de recherche et à étendre leur portée géographique. En 2008, en plein cœur de la chute des brevets dans le domaine public et de la récession économique, les multinationales pharmaceutiques ont été responsables de plus de 70 % des opérations de grande valeur en matière de fusion et d'acquisition dans le secteur des soins de santé (opérations de plus de 100 millions de dollars)Note de bas de page 45. Il y a eu en 2008 un nombre record de 36 alliances importantes entre des sociétés pharmaceutiques, comparativement au niveau plus normal de 29 à 30 alliances importantes par an à l'échelle mondiale. Entre autres.

  • Genpharm, qui figurait parmi les dix plus importantes sociétés de mé dicaments génériques au Canada au sein de Merck Generics, a été achetée par Mylan en 2007Note de bas de page 46;
  • en 2007, la canadienne Apot ex a acheté la belge Topgen E.S.V. afin d'élargir son accès au marché européen des médicaments génériques;
  • Ranbaxy, une société indienne figurant parmi les meilleurs vendeurs de médicaments génériques au Canada, est entrée dans le giron de la société pharmaceutique japonaise Daiichi Sankyo en 2008;
  • l'un des meilleurs vendeurs de médicaments génériques au Canada, Cobalt Pharmaceuticals (le bras canadien de la multinationale de médicaments génériques, The Arrow Group) a été achetée par l'américaine Watson Pharmaceutical Inc en 2009;
  • en 2009, Merck a fait l'acquisition de Schering-Plough et Pfizer a fait l'acquisition de Wyeth. Dans les deux cas, les acheteurs étaient motivés par leur désir de renforcer leurs filières de produits en développement peu productives. Les acquisitions de Schering-Plough et Wyeth par Merck et Pfizer, respectivement, ont abouti à la réduction et au regroupement de leurs installations au Canada.

Les fusions et les acquisitions peuvent procurer des économies d'échelle dans des domaines ciblés, l'accès à de vastes marchés ou à des marchés en croissance et des ajouts à la filière des produits en développement. Ainsi en 2010, l'une des plus grandes sociétés du Canada, Biovail, a pris le contrôle de Valeant, basée aux États-Unis. L'acquisition visait à améliorer la position financière et la structure de coûts de Biovail qui a considérablement élargi sa présence sur des marchés clés en Amérique du Nord. Après l'acqui sition, la société fusionnée a gardé le nom de Valeant. La nouvelle Valeant bâtit sa filière de produits au moyen d'acquisitions, en partie pour contrer des ventes en baisse et la généricisation de ses principaux produits. L'acquisition d'Enobia Pharma par la société biopharmaceutique américaine Alexion Pharmaceuticals en 2011 est un autre exemple de l'acquisition de la filière de produits en développement d'une PME biopharmaceutique canadienne par une multinationale. Basée à Montréal, Enobia se spécialisait dans le développement de thérapies nouvelles contre des pathologies osseuses et son enzymothérapie de substitution (ENB-0040) avait obtenu la désignation orpheline aux États-Unis et dans l'UE en 2008.

À compter de 2008 et tout au long de la crise des marchés financiers, des acteurs de l'extérieur ont commencé à s'inviter dans le paysage pharmaceutique. Par exemple en 2008, 15 % des fusions et acquisitions de grande valeur sur le marché mondial des soins de santé ont été faites par des entités non pharmaceutiques et non biotechnologiques, une proportion relativement élevée. Les sociétés de capital-investissement de premier plan comprennent KKR & Co, Carlyle Group et TPG Capital. Par exemple, KKR a acquis l'un des principaux distributeurs de médicaments en gros d'Allemagne, Andreae-Noris Zahn (pour 522 millions de dollars) en 2010Note de bas de page 47 et en 2011, KKR a acheté Capsugel, une filiale de Pfizer spécialisée dans les produits d'administration de doses (pour 2,4 milliards de dollars)Note de bas de page 48. Les sociétés de capital-investissement ou des conglomérats diversifiés sont entrés sur le marché pharmaceutique alors que les évaluations marchandes des sociétés pharmaceutiques étaient relativement faibles, en partie à cause de la chute des brevets dans le domaine public qui a réduit les gains des sociétés. Pour avoir accès à des capitaux au cours de la récession économique, des sociétés pharmaceutiques ont vendu les flux de recettes futures de leurs produits à des sociétés de capital-investissement et elles ont ainsi contribué à la présence accrue de ces sociétés dans l'industrie pharmaceutiqueNote de bas de page 49.

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4.0 Les perspectives du secteur pharmaceutique canadien, 2013 à 2016

4.1 Aperçu à moyen terme du marché pharmaceutique canadien

Dans l'ensemble, on s'attend à ce que le marché canadien doive affronter jusqu'en 2014 des défis et des incertitudes qui pèseront lourd sur les performances des entreprises. La situation de l'industrie devrait s'améliorer de 2014 à 2016 avec une croissance annuelle prévue variant entre 3 et 5 %, soit le double de la croissance léthargique prévue en 2012 et 2013. La prévision de la croissance annuelle moyenne composée pour la période de 2012 à 2016 s'établit à 2,8 %, le taux de croissance prévu étant identique pour les segments des produits de marque et des produits génériquesNote de bas de page 50. Cette prévision est encourageante comparativement aux dernières années, mais la croissance de l'industrie pharmaceutique canadienne continuera d'être à la traîne derrière celle des marchés émergents.

Le marché au Canada et dans les pays développés continuera d'être distancé par les marchés émergents dont l'essor est rapide (voir la figure 8). La Chine et le Brésil, les plus grands marchés émergents, devraient connaître une croissance de 13 % et 17 % par an à moyen terme. Les marchés émergents seront le moteur de la croissance mondiale globale et continueront d'acquérir une plus grande part des volumes de ventes et des marchés. La valeur du marché mondial devrait atteindre le billion de dollars en 2014.

Figure 8 :  Prévisions de la croissance des ventes et des marchés mondiaux d'ici 2016

Ventes globales
Description de la Figure 8
Figure 8 :  Prévisions de la croissance des ventes et des marchés mondiaux d'ici 2016
Année Ventes globales de médicaments (milliards de dollars américains) Croissance du marché pharmaceutique global (%)
Source :  IMS Market Prognosis, septembre 2012
2007 728,6 7,1
2008 799,9 6,.4
2009 832,.9 7,.3
2010 882,5 4,7
2011 955,0 5,1
2012 959,1 2 à 4
2013 980,4 2 à 4
2014 1 032,9 4 à 6
2015 1 091,2 5 à 7
2016 1 158,0 5 à 7

Les deux principaux facteurs positifs de la croissance à moyen terme seront les lancements de médicaments novateurs et spécialisés coûteux et l'amélioration de l'accès à des services de santé primaires qui augmentera le volume des ventesNote de bas de page 51. La chute des brevets dans le domaine public sera un boulet moins lourd pour la croissance du marché canadien puisque les répercussions des pertes de brevets devraient s'amenuiser après 2012 et se stabiliser sous les 500 millions de dollars d'ici 2017. En plus de la chute des brevets dans le domaine public, d'autres événements importants qui devraient avoir une incidence sur la performance à moyen terme du marché canadien comprennent la fin de la règle BAP-15 du Québec qui prévoyait l'inscription des produits de marque à la liste des médicaments remboursés après 15 ans et l'étendue des réformes relatives au prix des produits génériques par les payeurs publics et privés. Ces réformes annoncées par les provinces ont été en grande partie mises en œuvre, mais d'autres provinces pourraient décider d'appliquer de façon globale des politiques de prix des produits génériques dans une fourchette de 20 à 25 %Note de bas de page 52. En janvier 2013, les provinces (sauf le Québec) ont collectivement convenu de fixer le prix de six médicaments génériques à 18 % du prix du produit de marque, en date du 1er avril 2013Note de bas de page 53. La figure 9 montre l'évolution globale de l'établissement du prix des médicaments génériques prévu dans les politiques provinciales. g

Figure 9 :  Les provinces ont commencé à réduire les prix des médicaments génériques, en partant de 70 % du prix des produits de marque en 2006

Les provinces ont commencé à réduire les prix des médicaments génériques, en partant de 70 % du prix des produits de marque en 2006
Description de la Figure 9
Figure 9 :  Les provinces ont commencé à réduire les prix des médicaments génériques, en partant de 70 % du prix des produits de marque en 2006 (en pourcentage)
  C.-B. AB SK MB ON
Public
ON
Private
QC* N.-B. N.-É. Î.-P.-É. T.-N.-L.
Source :  IMS Brogan. PharmaFocus 2016. Les hypothèses relatives au prix de médicaments génériques, sont fondées sur les mises à jour provinciales en date de mars 2012.
Jul-11 40 54 44 40 25 39 30 50 45 50 50
2012 37 47 37 37 25 28 26 44 37 50 50
2013 28 35 35 37 25 25 25 35 35 50 35

La croissance surviendra dans les domaines de besoins cliniques non comblés, les médicaments spécialisés coûteux et les mécanismes novateurs/nouveaux. IMS prévoit que les produits-vedettes sur le marché mondial seront des médicaments spécialisés et des produits biologiques dans les domaines de l'oncologie, des troubles immunitaires, des antiviraux, des immunostimulants, des immunosuppresseurs et de la sclérose en plaquesNote de bas de page 54. Par exemple, 11 nouvelles molécules ont été lancées sur le marché mondial au premier semestre de 2012, toutes des médicaments spécialisés Note de bas de page 55. Les médicaments biologiques représenteront au moins 17 % des ventes mondiales d'ici 2016, une part légèrement supérieure aux 15 à 16 % enregistrés en 2011Note de bas de page 56. Le marché canadien reflète cet aperçu des traitements à l'échelle mondiale. Actuellement, la filière canadienne compte 93 produits actifs de phase III. Parmi ceux-ci, 39 % sont des produits biologiques contre le cancer et des inhibiteurs du facteur de nécrose tumorale (anti-TNF) très coûteux. La figure 10 montre une estimation des lancements futurs de nouvelles substances actives, des élargissements de gammes de produits et de nouvelles indications selon les domaines thérapeutiques qui auront une incidence considérable dans le marché canadien.

Figure 10 :  Produits susceptibles d'avoir une présence importante sur le marché canadien
Comprend les nouveaux produits, les élargissements de gammes de produits et les nouvelles indications

Produits susceptibles d'avoir une présence importante sur le marché canadien
Description de la Figure 10
Produits susceptibles d'avoir une présence importante sur le marché canadien
Classes thérapeutiques Nombre de produits
Source :  IMS Brogan :  Pipeline Analyzer, avril 2012

PAFA :  Prévention des accidents vasculaires cérébraux à fibrillation atriale
TEV :  Thromboembolie veineuse
SCA :  Syndrome coronarien aigu

Oncologie 28
Diabète 17
Asthme/MPOC 10
Artère coronarienne 5
PAFA/TEV/SCA 4
Dyslipidémie 4
Hépatite C 4
Sclérose en plaques 4
Polyarthrite/Psoriasis 4
Alzheimer 3
Dépression 3
Obésité 3
Autres 28

Plusieurs médicaments biologiques perdront la protection de leur brevet de 2012 à 2016. Étant donné les complexités des médicaments biologiques, leur procédé de fabrication et les exigences réglementaires, les produits biologiques ultérieurs (PBU ou biosimilaires) entreront plus lentement sur le marché que les produits génériques conventionnels. Depuis 2009, un PBU a été homologué et lancé au Canada, Omnitrope (somatropine) de Novartis. Plusieurs PBU sont déjà disponibles en Europe où leur prix est 20 à 30 % inférieur aux versions de marque, au lieu de l'écart de 90 % entre le prix des versions génériques et le prix des médicaments de marque conventionnel sNote de bas de page 57. Ces prix de vente des PBU sont probablement suffisamment attrayants du point de vue de la marge de profit pour convaincre les sociétés de s'engager dans leur développement. IMS estime que l'incidence des PBU demeurera limitée à court terme et prendra plus d'importance au Canada après 2016Note de bas de page 58.

4.2 Évolution du modèle d'affaires de l'industrie

Les sociétés continueront de chercher des possibilités de renforcer leurs activités fondamentales et d'affecter leurs ressources à ces domaines et au marché en croissance. Par conséquent, elles continueront de mettre l'accent sur les stratégies d'impartition en ayant recours à des FSC ou à des partenaires. En même temps, les sociétés chercheront à diversifier leur marché afin de réduire leur risque. Par exemple : 

  • Johnson & Johnson, la société pharmaceutique ayant le chiffre d'affaires le plus élevé au Canada, a fait savoir que les vaccins sont une nouvelle priorité pour elle. En 2011, elle a acquis la société allemande Crucell qui se spécialise dans les vaccins contre la grippe. Elle concentre aussi ses efforts en R. et D. sur cinq principaux domaines thérapeutiques :  les neurosciences, les maladies infectieuses (VIH/VHC), les maladies cardiovasculaires et métaboliques, l'oncologie et l'immunologie. La société a mis sur pied des établissements de R. et D. en Chine et en Inde, des marchés à forte croissance.
  • Pfizer se profile comme un chef de file en oncologie. L'oncologie est le principal domaine d'activité dans la filière de développement de Pfizer et la société a formé une unité d'affaires spécialisée en oncologie s'intéressant particulièrement aux marchés émergents. En 2010, Pfizer, Lilly et Merck ont créé le Groupe de recherche sur le cancer en Asie afin de cibler les patients souffrant de cancer du poumon et du système gastrique, les formes de cancer les plus courantes en Asie. Pfizer intensifie aussi sa participation dans les médicaments génériques, surtout dans les marchés émergents comme la ChineNote de bas de page 59.

À l'instar de certaines multinationales de marque qui ont investi dans le secteur des médicaments génériques et sans ordonnance (p. ex. Sandoz est une filiale de Novartis dans le secteur des médicaments génériques), des multinationales de médicaments génériques ont investi et continuent d'investir dans l'espace des produits de marque.

  • Apotex s'oriente vers les produits hyperimmuns spécialisés, en grande partie par sa prise de participation dans CangeneNote de bas de page 60.
  • Teva compte doubler ses recettes provenant de médicaments de marque d'ici 2015, en partie pour compenser la stagnation des recettes et la concurrence grandissante dans le secteur des médicaments génériques. En 2011, la société a acquis Cephalon dont le portefeuille comprend des produits de marque pour le traitement des affections du système nerveux central, en oncologie et en gestion de la douleur.
  • Valeant concentre ses efforts sur la dermatologie et le système nerveux central. Les opérations nord-américaines de Valeant se concentrent sur les médicaments orphelins dans l'espace des médicaments spécialisés. Potiga, son médicament anti-épilepsie, a obtenu un avis de conformité au Canada en 2012. Les autres opérations internationales de Valeant se concentrent sur les médicaments génériques et sans ordonnance.

Les sociétés pharmaceutiques mondiales délocalisent leur production vers les marchés émergents pour économiser des coûts et avoir accès à la demande en forte croissance dans ces marchés. Cependant, les FSC au Canada sont des solutions de rechange attrayantes en raison des procédés de fabrication complexes de certains produits et de préoccupations en matière de sécurité et de responsabilité légale qui nécessitent la proximité du marché ultime au Canada et aux États-Unis. Néanmoins, vu l'intensification de la concurrence internationale, les FSC basés au Canada chercheront à se distinguer sur le plan de la qualité et par des avantages d'échelle dans leurs services pour plaire aux multinationales et satisfaire à leurs demandes. Certains FSC se positionneront plus en amont dans la chaîne de valeur et élargiront leurs opérations dans les marchés des sciences de la vie, des soins et des produits de santé. Le regroupement de FSC est à prévoir, par l'absorption de FSC locaux par des FSC mondiaux, surtout chez les manufacturiers.

Les opérations canadiennes de multinationales doivent mettre en œuvre des stratégies qui assurent leur position au sein de la société internationale afin d'accaparer une plus grande part des investissements. Qu'il s'agisse de fabricants de produits de marque ou de FSC internationaux, les multinationales prennent leur décision d'investissement en se basant sur les recettes et les profits en fonction du prix, de l'accès au marché et de la taille de celui-ci, des avantages locaux, des ressources et de la proximité des utilisateurs ultimes. Ainsi l'usine de Jubilant Life Sciences Limited (Jubilant DraxImage) de Montréal revêt une importance stratégique au sein de l'unité radiopharmaceutique de la société par sa proximité des ressources nucléaires.

Les sociétés de capital-investissement et les conglomérats diversifiés deviendront des acteurs plus importants dans l'espace pharmaceutique en fournissant de nouveaux modèles d'affaires et le développement de produits. Les multinationales qui cherchent à se décharger de produits à faible croissance ne s'inscrivant pas dans leurs principaux domaines d'activité représentent des possibilités pour les sociétés de capital-investissement et d'autres conglomérats qui peuvent acheter ces actifs et accroître leur présence dans l'industrie pharmaceutique.

4.3 Modèle de R. et D.

En conjonction avec la forte croissance dans les marchés émergents, le fléchissement de la croissance des autres marchés peut compromettre la capacité du Canada d'attirer des niveaux élevés d'investissements en R. et D. de multinationales. Les sociétés pharmaceutiques financent le développement de nouveaux médicaments à même les profits qu'elles tirent des produits actuels et des flux de recettes futures. Les rendements de l'investissement en R. et D. nécessaires pour poursuivre le développement de produits dépendent du potentiel de génération de recettes d'un produit. L'attrait commercial d'un produit dépend de l'ampleur de son adoption et de son utilisation, de la réglementation des prix, de l'accès à des régimes d'assurance-médicaments publics et privés et des politiques en matière de propriété intellectuelle. Une récente étude rétrospective d'un échantillon d'anciens produits de marque populaires dont l'exclusivité avait récemment pris fin a révélé qu'en dépit d'une politique prévoyant une durée de protection brevetée plus courte, le Canada est un marché attrayant comparativement aux États-Unis et à plusieurs pays de l'UE. Dans cette étude, ces marques ont conservé une plus grande part de leurs ventes après la perte de leur exclusivitéNote de bas de page 61. Les négociations en cours sur le libre-échange entre le Canada et l'Union européenne (AECG) pourraient avoir une incidence sur l'attractivité du marché canadien et, ainsi, un impact potentiel sur le niveau des investissements futurs en R. et D. au Canada. La fin du BAP-15 au Québec et le contrôle continu des prix exercé par le Conseil d'examen du prix des médicaments brevetés (CEPMB) auront aussi des répercussions sur la capacité du Canada d'attirer des investissements en R. et D.

Des sociétés canadiennes s'engagent dans des avenues nouvelles, des alliances et des partenariats pour financer et réduire le risque financier inhérent à l'élaboration de produits et l'élargissement de leur filière. Valeant s'associe à GlaxoSmithKline (GSK) afin de créer un médicament contre l'épilepsie. Des sociétés adoptent aussi un autre modèle de R. et D., soit un partenariat public-privé-universitaire à l'étape de la recherche sur des médicaments. Au Québec, le Consortium sur la découverte du médicament attire des investissements de multinationales. Novartis établit un partenariat avec l'Institut de recherche sur la santé de la population (à Hamilton). Roche collabore avec le Centre pour la recherche et le développement des médicaments (CRDM) de VancouverNote de bas de page 62. Le CRDM est l'un des 22 centres d'excellence pour la commercialisation et la recherche nationaux reconnus par le gouvernement du Canada. De concert avec le programme fédéral, ce Réseau des centres d'excellence dirigé par l'entreprise (REC-E) offre un savoir-faire et un soutien objectif en recherche et une possibilité aux sociétés de réduire leurs risques liés aux activités de R. et D. En partenariat avec le gouvernement du Québec, AstraZeneca et Pfizer participent à la création de l'Institut Néomed pour stimuler la recherche et la commercialisation de nouveaux médicamentsNote de bas de page 63. Plus tôt en 2012, Merck a annoncé des investissements dans trois centres de recherche de Montréal. Les partenariats en recherche font aussi abstraction des frontières géographiques. Lorus Therapeutics, basé à Toronto, s'associe à Cancer Research UK pour entreprendre l'essai clinique d'un nouveau traitement contre le cancer (IL-17E). Ces partenariats internationaux sont à la fois une occasion pour de petites sociétés canadiennes de puiser dans le savoir-faire mondial et un rappel de la mobilité des investissements en R. et D. Une infrastructure propice à l'établissement de partenariats et de réseaux de recherche au Canada, comparable au niveau d'appui offert dans d'autres pays, pourrait renforcer la compétitivité des grappes de recherche du Canada et la capacité de l'industrie pharmaceutique d'attirer des partenaires et des investissements dans des projets.

Des multinationales de l'industrie créent aussi des fonds de capital de risque afin d'alléger les charges financières des PME biopharmaceutiques. Par exemple, GlaxoSmithKline Inc. a créé le Fonds canadien d'innovation GSK pour les sciences de la vie afin d'investir dans des projets de biotechnologie canadiens. Depuis 2010, des fonds de capital de risque de sociétés pharmaceutiques ont pris part à 20 % des ententes conclues avec des sociétés de biotechnologie pour l'investissement de capital de risque; ces ententes représentaient en moyenne 4 millions de dollars US par investissementNote de bas de page 64. L'appui au secteur biopharmaceutique canadien qui possède actuellement une filière solide et l'aide accordée pour combler le fossé financier avec lequel ces sociétés doivent composer contribueront à la croissance des activités de R. et D. au Canada.

4.4 Tendances des soins de santé qui modèleront l'industrie à moyen terme

En plus des facteurs susmentionnés, nous soulignons ici plusieurs tendances générales qui devraient modeler les perspectives de l'industrie pharmaceutique et le niveau d'investissement au Canada d'ici quelques années.

Position du Canada dans l'industrie mondiale

La forte croissance des marchés émergents éclipse l'importance du marché pharmaceutique canadien. Les tendances actuelles semblent indiquer que le marché canadien est sur une trajectoire descendante qui le sortira de la liste des dix principaux marchés, puisque l'influence du Canada en tant qu'acteur mondial s'amenuise. Du point de vue des multinationales, les marchés à forte croissance de la Chine, du Brésil, de l'Inde et de la Russie représentent apparemment des investissements plus attrayants.

Conditions du marché :  réglementation et politiques

Les payeurs exercent une plus grande influence par le contrôle des prix et de l'accès au marché de médicaments spécialisés et de traitements coûteux. La balance du pouvoir penche du côté des payeurs et des fournisseurs de soins de santé au détriment des sociétés pharmaceutiques tandis que les payeurs s'efforcent de maximiser la valeur afin de maintenir leurs régimes d'assurance-médicaments face à une demande grandissante. La pression actuelle qui s'exerce pour réduire les prix des médicaments, surtout de la part d'administrations publiques confrontées à des déficits, aura d'importantes répercussions sur la vente et le développement de nouveaux produits. Plusieurs autres politiques de payeurs auront une incidence sur l'industrie :

  • en plus de nouvelles réductions des prix des médicaments génériques, les ententes confidentielles conclues avec des fabricants à l'égard de l'inscription à la liste des médicaments remboursés et la mise en œuvre d'un processus national d'appel d'offres concurrentiel dans les régimes d'assurance-médicaments publics pour une poignée de produits de sources multiples sélectionnés;
  • les résultats concrets de produits inscrits à la liste détermineront la mesure dans laquelle les payeurs sont prêts à rembourser certains produits (modèle du paiement à la performance).

Les parcours réglementaires auxquels seront soumis les produits biologiques ultérieurs (PBU) détermineront la mesure dans laquelle ceux-ci sont développés et lancés de même que le nombre d'acteurs dans cette sphère d'activité. Au Canada, les PBU ne peuvent être déclarés interchangeables avec un produit biologique original. Les PBU sont assujettis aux lois visant la protection des données et doivent être enregistrés en passant par la voie de la présentation de nouveaux médicaments et la soumission des données de nouveaux essais cliniques. Aux États-Unis, la FDA a publié des lignes directrices en février 2012 qui accordent aux nouveaux médicaments biotechnologiques une période d'exclusivité de 12 ans et oblig e les fabricants de médicaments génériques à soumettre des données d'analyse chimique et biologique détaillées.

Les politiques et réglementations fédérales et provinciales peuvent renforcer ou envenimer le climat d'affaires pour l'industrie pharmaceutique canadienne. Les décisions et les interprétations rendues par Santé Canada, le Conseil d'examen du prix des médicaments brevetés et les organismes de réglementation provinciaux déterminent l'attractivité du marché canadien et, par conséquent, les décisions d'investissement des sociétés internationales. Les gouvernements soutiennent l'industrie par des mécanismes comme des incitatifs fiscaux, des subventions et des modalités d'accès au marché. Au cours des dernières années, le soutien de programmes destinés à l'industrie a été orienté vers les domaines spécialisés et les produits biotechnologiques. Toutefois, les valeurs absolues de ces incitatifs sont petites comparativement aux investissements de l'État dans d'autres pays. Un renforcement de la politique officielle appuyant la R. et D. pourrait renforcer encore le savoir-faire du Canada dans les créneaux que sont les produits biologiques et les médicaments oncologiques.

Nature changeante de la recherche et de la pratique médicales

La recherche en médecine personnalisée prend rapidement de l'ampleur dans le monde entier. Au Canada, les gouvernements fédéral et provinciaux soutiennent ce domaine de recherche par des engagements financiers. En février 2012, le Canada a annoncé un stimulant financier considérable de 67,5 millions de dollars pour le secteur de la médecine personnalisée. Le développement de médicaments personnalisés nécessite beaucoup de ressources et oblige les sociétés à tirer parti de plusieurs partenariats. À cause des risques élevés liés au développement de médicaments personnalisés, les incitatifs à l'investissement joueront un rôle encore plus grand pour influer sur les décisions d'investir au Canada.

haut de la page

5.0 Analyse des forces, des faiblesses, des possibilités et des menaces (FFMP) dans l'industrie canadienne  

En général, les analyses FFPM portent sur deux dimensions :  les facteurs environnementaux, internes à une entreprise, et les facteurs externes à cette même entreprise. La présente analyse FFPM s'applique à l'industrie, de telle façon que les facteurs internes considérés comme des forces ou des faiblesses se situeront dans l'industrie tandis que les facteurs externes considérés comme des possibilités ou des menaces se rapporteront au contexte opérationnel global de l'industrie au Canada. Cette analyse FFPM prend en compte ces facteurs pour les quatre catégories de sociétés au sein de l'industrie pharmaceutique canadienne.

Forces

  • Le Canada demeure un marché important puisque la consommation et les prix des médicaments se maintiennent à un niveau assez élevé dans les classements internationaux.
  • La principale force du Canada réside dans le talent de sa main-d'œuvre, un critère clé des décisions en matière d'investissement dans la R. et D. ou la fabrication.
  • Le Canada a des forces reconnues mondialement du fait qu'il possède les capacités de recherche nécessaires pour exécuter des essais cliniques. Le Canada est doté d'une infrastructure de recherche clinique considérable et plusieurs provinces prennent des mesures pour améliorer encore le climat propice aux essais cliniques.
  • Des programmes d'incitatifs gouvernementaux efficaces, notamment le Programme d'aide à la recherche industrielle (PARI) et le Crédit d'impôt pour la recherche scientifique et le développement économique (RS-DE), ont donné naissance à un groupe diversifié de filières de produits en développement solides et de plateformes de découverte productives.
  • L'expertise en recherche reconnue mondialement sur l'oncologie, les troubles du SNS et les cellules souches.
  • Force démontrée de longue date dans la mise au point et la production de vaccins.
  • Infrastructure et savoir-faire considérables dans la fabrication de produits complexes, par exemple des produits injectables stériles, des petites molécules complexes et des produits biologiques (à une petite échelle).
  • Capacité de fabrication de médicaments génériques d'excellente qualité établie de longue date qui génère d'importantes exportations.
  • Stabilité économique relative du Canada comparativement aux États-Unis, à l'Union européenne et en particulier aux marchés émergents à forte croissance comme la Chine et l'Inde.

Faiblesses

  • Les prévisions de croissance du marché canadien sont nettement moins reluisantes que les prévisions pour d'autres pays rivaux.
  • Les coûts des essais cliniques menés au Canada augmentent rapidement, comparativement à d'autres pays.
  • L'accès à de grandes bases de données longitudinales est limité par les considérations relatives à la protection des renseignements personnels et des problèmes de coordination.
  • Le déclin des activités de R. et D. menées au Canada par des multinationales a affaibli le milieu de la recherche.
  • Le bassin des talents qualifiés du Canada n'est pas distribué uniformément dans l'ensemble des régions, des segments et des spécialités de l'industrie, d'où des pénuries de talents disponibles dans certains domaines, comme la fabrication de produits biologiques à grande échelle.
  • Les divisions opérationnelles canadiennes de multinationales ont souvent de la difficulté à accéder aux principaux programmes d'incitatifs à l'innovation du Canada (RS-DE) et ceux-ci ne prennent pas en compte l'évolution du modèle d'innovation dans l'industrie.
  • Le Canada ne possède pas la masse critique de multinationales basées au Canada pour stimuler l'industrie/la commercialisation.
  • Si elles sont efficaces pour soutenir les PME biopharmaceutiques dans les premières étapes de leur croissance, les mesures d'encouragement à la commercialisation peuvent être insuffisantes pour amener ces PME à l'étape de la mise en marché, d'où un « fossé de l'innovation ».
  • Dans l'ensemble, les réserves de capital de risque auxquelles les PME canadiennes ont accès sont allergiques au risque et souvent insuffisantes pour mener des produits jusqu'au marché, ce qui oblige les PME canadiennes à établir des partenariats avec des multinationales ou leur vendre leurs actifs.  
  • Les multinationales manufacturières ont actuellement une capacité limitée de fabriquer des produits biologiques au Canada.
  • À lui seul, le marché des médicaments canadien est insuffisant pour soutenir financièrement ou justifier tous les coûts de développement d'un produit pharmaceutique.

Possibilités

  • Se concentrer sur les domaines en croissance, par exemple les produits biologiques, les biosimilaires, les médicaments spécialisés/maladies orphelines et les diagnostics compagnons. Les capacités canadiennes sont harmonisées avec les priorités des multinationales  :  oncologie, traitements ciblés et vaccins. Les politiques canadiennes et un climat d'affaires favorable peuvent fournir à ces segments la capacité de tirer profit de cette croissance.
  • Exploiter les concessions de licences et les ententes de codéveloppement. Les PME biopharmaceutiques canadiennes possèdent de solides filières de projets de découverte ou de développement précoce attrayants pour les multinationales. Les PME peuvent bénéficier du nouveau modèle adopté par les multinationales, qui comptent sur d'autres sociétés pour découvrir et développer des molécules et obtiennent ensuite une licence pour exploiter cette innovation. Le vaste réseau de partenariats publics-privés et les réseaux de recherche publics du Canada sont bien placés pour tirer parti de ce nouveau modèle de recherche.
  • Saisir une plus grande part du marché mondial des services contractuels tandis que les multinationales continuent d'impartir d'importantes fonctions opérationnelles.
  • Les sociétés canadiennes peuvent se tourner vers des marchés comme la Chine, l'Inde et le Brésil afin d'établir des partenariats de codéveloppement, d'élargir l'accès au marché et d'étendre leur distribution et offrir ainsi un plus vaste éventail de services contractuels. En particulier, les sociétés chinoises sont peu habiles en R. et D. et cherchent des partenaires étrangers pour les aider. Des sociétés comme Sinopharm ont grandi rapidement par des fusions et acquisitions agressives et elles s'intéressent maintenant aussi au développement de produits novateurs. C'est pourquoi ils auront besoin de partenaires étrangers qui possèdent des capacités éprouvées dans ces domaines. De même, des sociétés indiennes cherchent à obtenir des licences pour fabriquer des produits destinés à leur marché local.
  • Des fabricants de médicaments génériques canadiens peuvent approvisionner des pays en forte croissance où des millions de nouveaux membres de la classe moyenne peuvent désormais se payer des médicaments.
  • Des fabricants de médicaments génériques canadiens peuvent se donner pour priorité de devenir des chefs de file dans le secteur des PBU, en particulier dans le développement et la production de PBU à faible volume et à coût élevé.
  • Exploiter les forces du Canada et bonifier l'avantage du coût de la recherche clinique. Saisir cette possibilité au moyen d'un bon couplage de dossiers médicaux électroniques et de bases de données de patients afin de guider la conception d'essais cliniques et d'accélérer le processus d'inscription de patients. Les politiques canadiennes peuvent aussi contribuer en uniformisant les exigences éthiques et juridiques afin d'éviter les redondances.
  • Du point de vue de la politique publique, le Canada peut se poser comme chef de file mondial en mettant en œuvre des modifications réglementaires dans des segments en croissance, comme les biosimilaires et les diagnostics compagnons.

Menaces

  • Le nouveau modèle d'affaires pour les multinationales de marque risque d'engendrer des défis pour le réseau de la santé canadien, par exemple des prix nettement plus élevés par médicament, un parcours réglementaire peu clair pour les diagnostics compagnons, la croissance des PBU et des médicaments orphelins.
  • Des FSC étrangers ont fusionné et conclu des ententes avec des multinationales pharmaceutiques de marque et génériques afin d'étendre leur portée mondiale. Les secteurs canadiens régionaux risquent d'être exclus de possibilités de partenariats ou d'être l'objet d'acquisitions s'ils sont incapables de rivaliser sur la scène mondiale.
  • À mesure que de nouveaux FSC des marchés émergents prennent de la maturité et deviennent plus compétitifs, ils rivaliseront directement avec des sociétés canadiennes.
  • La faible croissance du marché conjuguée à un cadre stratégique défavorable, allant du processus d'homologation réglementaire aux lois régissant l'accès au marché et la protection de la propriété intellectuelle, rendent le Canada moins attrayants à l'investissement commercial.
  • Les pays rivaux déploient des tactiques énergiques pour attirer des investissements dans l'industrie. La disponibilité de financement et de programmes destinés à encourager directement les multinationales à investir dans la R. et D. et la fabrication au Canada est faible comparativement à ce qu'offrent certains rivaux.
  • Les répercussions financières de la chute de brevets dans le domaine public et des fusions et acquisitions ne sont peut-être pas terminées. Il y a donc un risque d'une nouvelle rationalisation des opérations.
  • L'intention des régimes provinciaux de lancer des appels d'offres pour des médicaments de sources multiples en vue d'obtenir de meilleurs prix pourrait affaiblir encore le secteur des médicaments génériques.
  • Un nouvel accord économique et commercial global entre le Canada et l'UE pourrait ne pas prolonger la durée de protection des brevets au Canada comparativement à d'autres pays développés ce qui réduirait l'attrait du Canada en matière d'investissement pour les multinationales tout en conservant l'infrastructure de fabrication de médicaments génériques.

Annexe 1 : 

Perspectives positives à long terme au Canada, sous l'impulsion de médicaments de marque et génériques
Prévision du total des achats sur le marché, prix actualisés (produits de marque et génériques), 2011 et mis à jour de la prévision pour 2012 à 2016 (en milliards de dollars CAN)
  2011 2012 2013 2014 2015 2016

Source :  IMS Health, Market Prognosis Update, septembre 2012.  IMS Brogan, Canadian Drug Stores and Hospital Purchases, 2011
Canada's Pharmaceutical Industry and Prospects

Marché des médicaments de marque 16,78 $ 16,94 $ 17,03 $ 17,92 $ 18,55 $ 19,26 $
 % de croissance
(+/−1,5 %)
+0.6 % 0 to 1 % −0.5 à 1.5 % 4 à 6 % 3 à 4 % 3.5 à 4,5 %
Marché des médicaments génériques 5,38 $ 5,38 $ 5,48 $ 5,58 $ 5,87 $ 6,16 $
 % de croissance
(+/−1,5 %)
−5,3 % −1 à 0 % 1.5 % à 3,5 % 1 à 3 % 5 à 6 % 5 à 6 %
Marché total 22,16 $ 22,31 $ 22,51 $ 23,50 $ 24,42 $ 25,42 $
 % de croissance
(+/−1,5 %)
−0,9 0 à 1  % 0 à 2 % 3 à 5 % 4 à 5 % 4 à 5 %

Les payeurs à la recherche de médicaments à moindre coût continuen t de se tourner vers les médicaments génériq ues
Part du marché selon le volume d'ordonnances — médicaments de marque et médicaments génériques, 2005 à 2011 et cumul au mois d'août 2012

Les payeurs à la recherche de médicaments a moindre coût continuent de se tourner vers les médicaments génériques
Description de la Figure
Les payeurs à la recherche de médicaments à moindre coût continuent de se tourner vers les médicaments génériques
Part du marché selon le volume d'ordonnances — médicaments de marque et médicaments génériques, 2005 à 2011 et cumul au mois d'août 2012
  2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 cumul au mois d'août 2012

Source : IMS Brogan, Canadian CompuScript, cumul au mois d'août 2012.

Canada's Pharmaceutical Industry and Pros pects ©2012, IMS Health Canada Inc. All rights reserved

Part du marché des ordonnances - Produits de marque 56,1 % 54,9 % 51,7 % 48,2 % 45,3 % 42,7 % 40 % 37,8 %
Part du marché des ordonnances - Produits génériques 43,9 % 45,1 % 48,3 % 51,8 % 54,7 % 57,3 % 60 % 62,2 %

La part des marchés pharmaceutiques émergents passera à 30 %, leur attrait pour les investisseurs ne fera que grandir

Les parts des marches pharmaceutiques émergents passera à 30 % leur attrait pour les investisseurs ne fera que grandir
Description de la Figure
La part des marchés pharmaceutiques émergents passera à 30 %, leur attrait pour les investisseurs ne fera que grandir
Pays Contribution à la croissance mondiale 2007-2011 (%) Contribution à la croissance mondiale 2012-2016 (%) Part de marché en 2016 (%) en dollars US

Source :  IMS Market Prognosis. Septembre 2012

Canada's Pharmaceutical Industry and Prospects ©2012, IMS Health Canada Inc. All rights reserved

États-Unis 21 11 30
Canada 2 1 2
UE5 11 2 13
Reste de l'Europe* 5 1 5
Japon 8 7 10
Corée du Sud 2 1 1
Marchés émergents, Niveau 1 (Chine) 19 35 14
Marchés émergents, Niveau 2 11 18 9
Marchés émergents, Niveau 3 11 13 8
Reste du monde 11 11 8

Annexe 2 :  Description des sources de données d'IMS

L’analyse présentée ici s’inspire des sources et bases de données canadiennes et internationales exclusives d’IMS.

IMS Knowledge Link ®

IMS Knowledge Link intègre les données issues de la veille stratégique de l’industrie pharmaceutique mondiale dans un système exclusif basé sur le Web. Il est destiné à faciliter les activités d’étude de marché à tous les niveaux.

IMS Knowledge Link offre un avantage distinct  :  il permet aux utilisateurs de rassembler instantanément une multitude de renseignements d’un même endroit  : 

  • Évaluer les progrès de plus de 9 400* médicaments dans les filières de R. et D. actives, de la phase préclinique à la phase III, et examiner les produits enregistrés et récemment mis en marché (* en date de janvier 2006).
  • Analyser les données et les tendances des ventes mondiales et nationales pour plus de 2 000 sociétés pharmaceutiques, plus de 320 catégories thérapeutiques, 4 500 produits lancés et 38 profils de pays.
  • Obtenir un portrait détaillé de plus de 120 grandes sociétés pharmaceutiques à un niveau stratégique et local, notamment au moyen d’entrevues auprès de cadres supérieurs clés des sociétés, d’analyses stratégiques complètes, d’examens de produits et d’activités de R. et D., de données financières des sociétés, des fusions et acquisitions et des prévisions d’analystes de premier plan du secteur pharmaceutique.
  • Passer en revue la protection des brevets dans neuf grands pays pour plus 1 800 molécules et prévoir les répercussions de l’expiration de brevets.
  • Plus de 45 000 dossiers de brevets couvrant plus de 3 000 molécules dans neuf principaux pays.
  • Consulter les renseignements sur les lancements des 15 principaux produits dans TOUS les domaines thérapeutiques pour jusqu’à 70 pays.
  • Suivre les actualités de l’industrie chaque jour provenant de Reuters Health et les actualités en R. et D. de façon hebdomadaire.
  • Consulter les actualités de l’industrie et de la R. et D. de plus de 35 000 articles d’IMS archivés depuis 1995, mis à jour de façon hebdomadaire et une archive ouverte de 12 mois provenant de Reuters Healthcare News, mise à jour quotidiennement.

IMS Pharmafocus®

IMS Pharmafocus donne un éclairage sur la politique et les soins de santé au Canada, les initiatives de réforme et les modifications réglementaires du gouvernement en plus de questions d’actualité concernant le milieu des affaires et la commercialisation de produits pharmaceutiques.

IMS Company Profiles®

IMS Company Profiles fournit des renseignements pour aider les utilisateurs à comprendre la structure, la stratégie, les résultats financiers, les programmes de recherche et développement, le portefeuille de produits de différentes sociétés et les principaux événements qui les touchent. Les renseignements sont extraits d’entrevues auprès de cadres supérieurs clés des sociétés, des prévisions et commentaires d’analystes boursiers et de publications.

IMS World and Country Review®

IMS World Review et IMS Country Review fournissent un portrait complet des tendances du rendement des principales sociétés pharmaceutiques et des marchés ainsi que des domaines et catégories thérapeutiques. IMS World Review fournit des renseignements sur les tendances du marché et présente une ventilation des ventes selon le pays, les catégories thérapeutiques et les produits.

The Canadian Drug Store and Hospital Purchases Audit ®

Canadian Drug Store and Hospital Purchases Audit d’IMS Brogan est une source d’information sur les tendances des achats de médicaments au Canada, accessible par abonnement. CDH renferme des estimations nationales et provinciales des volumes des ventes en dollars et en unités de produits pharmaceutiques achetés par les pharmacies de détail et les hôpitaux.

CDH suit les produits pharmaceutiques, notamment les produits d’ordonnance et sans ordonnance et certains produits diagnostiques. Il suit les achats faits par des pharmacies et des hôpitaux auprès du fabricant (ventes directes) ou de grossistes en produits pharmaceutiques (ventes indirectes). CDH est publié mensuellement et comprend une archive ouverte qui couvre 71 mois de publication. Des renseignements détaillés sont disponibles sur la formulation/force du produit, les molécules, le fabricant et les marchés. CDH est aussi inclus dans la base de données MIDAS internationale d’IMS Health à laquelle les sociétés pharmaceutiques du monde entier se réfèrent.

CDH présente les données sur les achats en dollars et en unités selon le point de détail, l’hôpital et le total des achats aux niveaux ci-dessous  :

  • Catégorie thérapeutique (USC) - marché
  • Fabricant
  • Produit
  • Emballage du produit (SKU) - formulation, force et emballage
  • La valeur en dollars reflète le prix de la facture acquittée par les pharmacies et les hôpitaux
  • CDH est dynamique et prendra donc en compte les virements et les corrections des données antérieures.
  • Les retours sont saisis et inscrits dans le mois en cours.

Les renseignements sont recueillis et indexés de plusieurs sources :

  • Dossiers gouvernementaux
  • Communiqués de presse
  • Fabricants pharmaceutiques
  • Fournisseurs de données (grossistes et distributeurs de produits pharmaceutiques)
    • Données validées par le service de la statistique d’IMS Brogan
    • Données validées avec d’autres ensembles de données d’IMS Brogan

IMS Lifecycle®

IMS Lifecycle combine trois des bases de données pharmaceutiques les plus puissantes au monde dans une même plateforme. Vous obtenez ainsi un portrait des stratégies des fabricants pharmaceutiques à trois étapes cruciales et déterminantes du cycle de vie du médicament  : R. et D., lancement et expiration du brevet. IMS LifeCycle réunit les trois bases de données d’IMS ci-dessous dans une interface commune : 

  • R&D Focus
  • New Product Focus
  • Patent Focus

IMS LifeCycle contient ce qui suit  :

  • Renseignements sur la filière de R. et D. : Profils de 29 000 médicaments à l’étape de la R. et D., dont 9 300 médicaments en développement actif, mise à jour de façon hebdomadaire
    Renseignements sur les lancements : Plus de 300 000 profils de lancements de produits locaux comprenant les noms commerciaux locaux et les dates du lancement local, consignés depuis 1982 et mis à jour de façon mensuelle
    Renseignements sur les brevets : Plus de 4 600 familles de brevets de médicaments comportant plus de 85 000 dossiers de brevets incluant les dates d’expiration et de prolongation, mis à jour de façon mensuelle

IMS PharmaQuery®

PharmaQuery est un outil de recherche en ligne d’IMS conçu pour démêler les complexités des prix et des remboursements. Il fournit des renseignements détaillés sur les règles et la réglementation, les théories et les pratiques, les tendances et les nouveautés en matière de prix et de remboursement dans le monde entier.

PharmaQuery offre quatre services distincts :

Systèmes de prix et de remboursements : Base de données complète des régimes de soins de santé dans les principaux marchés mondiaux, notamment des détails sur la réglementation des prix et des remboursements, mise à jour de façon annuelle.

  • Régime de soins de santé (faits et chiffres, prestation et financement)
  • Détermination des prix (médicaments d’ordonnance, médicaments génériques, hôpitaux, produits pharmaceutiques, médicaments sans ordonnance)
  • Remboursement (admissibilité au remboursement, catégories de remboursements, prix remboursés, remboursement à l’hôpital, modifications du statut de remboursement, modifications du prix remboursé)

Pharmaéconomie (exigences pharma-économiques)

  • Majoration du prix (grossistes, pharmacies de détail, médecins prescripteurs, taxe de vente)
  • Limitation des coûts (récupérations de l’industrie, coûts promotionnels, franchises payées par le patient, contrôles des ordonnances, médicaments génériques, substitutions de médicaments en vente libre pour des médicaments d’ordonnance, commerce parallèle)
  • Perspectives (aperçu)
  • Ressources additionnelles (noms et adresses, terminologie, liens, diagrammes, tableaux, contexte)

Actualités sur les prix et les remboursements : Service d'actualités hebdomadaires livré directement sur votre bureau, hyperliens insérés dans le site à des articles connexes et des renseignements généraux archivés dans PharmaQuery Systems. Archives renfermant plus de 6 000 articles entièrement interrogeables remontant à 1998.

Données comparatives sur les prix et les remboursements : Faits et chiffres compa ratifs sur les principaux indicateurs d es prix et remboursements dans 31 pays.

Magazine mensuel sur les prix et les remboursements de produits pharmaceutiques : Actualités, opinions et analyses des nouveautés internationales dans le monde de la détermination des prix et du remboursement des produits pharmaceutiques.

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Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Dernière année complète pour laquelle des données annuelles étaient disponibles au moment de la rédaction.

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Note de bas de page 2

Les produits pharmaceutiques spécialisés sont des médicaments qui traitent des maladies chroniques complexes et spécifiques. Ils présentent au moins quatre des attributs suivants : prescrits seulement par un spécialiste, généralement non buccaux, nécessitent une manutention spéciale, distribution particulière, dépenses lourdes, nécessitent un counseling intensif du patient et une aide au remboursement.

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Note de bas de page 3

Tels qu’ils sont définis dans les rapports PharmaFocus d’IMS, les médicaments biotechnologiques comprennent des produits (pharmaceutiques ou vaccins) qui ont été produits dans des organismes vivants et fabriqués au moyen de la technologie de l’ADN recombinant. Les protéines plasmatiques non synthétisées au moyen de techniques de recombinaison sont exclues. Le segment du marché des produits biotechnologiques comprend certains produits oncologiques.

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Note de bas de page 4

Les modificateurs de la réponse biologique sont des anticorps monoclonaux qui bloquent le facteur de nécrose tumoral (anti-TNF) pour le traitement de maladies associées à des troubles du système immunitaire, par exemple la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite ankylosante, la maladie de Crohn, le psoriasis, l’hidrosadénite et l’asthme réfractaire (p. ex. Remicade, Simponi, Enbrel et Humira).

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Note de bas de page 5

PharmaFocus 2016, mise à jour de novembre 2012. Les trois principaux anticorps monoclonaux sont Herceptin, Rituxan et Avastin, tous de la société Roche. Les produits pour les troubles convulsifs comprennent Lyrica et la gabapentine générique; et les antirétroviraux comprennent Atripla et Truvada. 

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Note de bas de page 6

Catégorie thérapeutique selon le niveau USC-4

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Note de bas de page 7

Dernière année pour laquelle des données de Statistique Canada sont disponibles

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Note de bas de page 8

Statistique Canada, tableau 180-0003, CANSIM

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Note de bas de page 9

Selon Pfizer : http : //www.pfizer.ca/fr/media_centre/corporate_backgrounder/brandon/

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Note de bas de page 10

Nombre et emplacement des installations de fabrication du secteur générique fournis par Industrie Canada

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Note de bas de page 11

PharmaFocus 2016

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Note de bas de page 12

Information sur les unités de production fournie par Industrie Canada

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Note de bas de page 13

D’après les données de 2010, extraites du rapport d’octobre 2011 intitulé Propositions de l’Union européenne (UE) sur la propriété intellectuelle pharmaceutique, dans le cadre des négociations d’un Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne (AECG) : Impact possible sur l’industrie canadienne du médicament générique.

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Note de bas de page 14

Source : PharmaFocus 2012 et PharmaFocus 2016. En 2011, le taux de croissance annuelle composé (TCAC) sur quatre ans (2006 à 2010) était de 3,9 % pour les dix plus grandes sociétés. En 2007 (2002-2006), il était de 8,1 %.

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Note de bas de page 15

D’après les rapports PharmaFocus d’IMS

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Note de bas de page 16

IMS World Review 2012, Canada

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Note de bas de page 17

Les ventes sont fondées sur l’année civile; ainsi, le mois ou le trimestre au cours duquel de nouveaux médicaments sont lancés dans une année donnée aura une incidence sur la part de marché annuelle. Les données pour l’année 2 à 6 sont fondées sur les ventes de chaque groupe de nouveaux produits sur une année civile de 12 mois. Par exemple l’an 2 du groupe de nouveaux produits lancés en 2006 couvre janvier à décembre 2007. L’an 2 du groupe de nouveaux produits lancés en 2009 couvre janvier à décembre 2011.

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Note de bas de page 18

Fraser Institute. Access Delayed, Access Denied 2012 : Waiting for New Medicines in Canada. 4 avril 2012

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Note de bas de page 19

PharmaFocus 2016

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Note de bas de page 20

PwC Pharma2020 : Marketing the Future

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Note de bas de page 21

Source : discussion avec l’industrie

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Note de bas de page 22

L’investissement direct s’entend des investissements faits au sein d’une société visant directement une opération ou une installation de la société.

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Note de bas de page 23

Statistique Canada, Cansim, tableau 281-0024 Emploi (EERH) et tableau 301-0006

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Note de bas de page 24

Recherche d’Industrie Canada

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Note de bas de page 25

http : //www.tevacanada.com/Pdfs/08-01-2012-PR-Teva-Canada---Mirabel-Press-Release-.aspx

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Note de bas de page 26

Recherche d’Industrie Canada

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Note de bas de page 27

PwC, Pharma2020 : Challenging business models

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Note de bas de page 28

Recherche d’Industrie Canada

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Note de bas de page 29

Recherche d’Industrie Canada

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Note de bas de page 30

Recherche d’Industrie Canada

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Note de bas de page 31

Données fournies par Industrie Canada

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Note de bas de page 32

ClinicalTrials.gov

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Note de bas de page 33

Recherche d’Industrie Canada

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Note de bas de page 34

Recherche d’Industrie Canada

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Note de bas de page 35

http : //www.rochecanada.com/portal/fr/press_releases?siteUuid=re7246001&paf_gear_id=47000010&pageId=re7542220&synergyaction=show&paf_dm=full&nodeId=1415-e3feeb17c82e11e087c0f1249afd7fc9&currentPage=0

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Note de bas de page 36

Recherche d’Industrie Canada

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Note de bas de page 37

PharmaFocus  2012

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Note de bas de page 38

Sociétés biopharmaceutiques telles qu’elles sont définies dans les rapports PharmaFocus d’IMS; les recherches internes d’Industrie Canada n’utilisent pas les mêmes définitions.

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Note de bas de page 39

PharmaFocus 2012

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Note de bas de page 40

PharmaFocus 2016

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Note de bas de page 41

D’après des discussions avec des conseillers de l’industrie

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Note de bas de page 42

Enquête de BIOTEC Canada et PricewaterhouseCoopers, 2011, cité dans PharmaFocus 2015, p. 407

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Note de bas de page 43

D’après des discussions avec des conseillers de l’industrie et http : //www.xenon-pharma.com/2013/02/xenon-receives-a-milestone-payment-for-marketing-approval-of-glybera-in-europe/

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Note de bas de page 44

PharmaFocus 2012 p. 373

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Note de bas de page 45

PharmaFocus 2013 p .356

Return to footnote 445

Note de bas de page 46

Genpharm a été rebaptisée Mylan en 2009

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Note de bas de page 47

PharmaFocus 2015

Retour à l'appel de note 47

Note de bas de page 48

PharmaFocus 2016

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Note de bas de page 49

PharmaFocus 2013

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Note de bas de page 50

PharmaFocus 2016, mise à jour de novembre 2012

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Note de bas de page 51

IMS Market Prognosis 2012-2016, septembre 2012

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Note de bas de page 52

Dans le budget 2012, l’Ontario a annoncé son intention de mettre en œuvre une politique visant à réduire le prix des dix principaux médicaments génériques à 20 % du prix de leur équivalent de marque.

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Note de bas de page 53

Collaboration des provinces dans le cadre du Groupe de travail sur l’innovation en matière de santé du Conseil de la fédération - un secrétariat intergouvernemental composé des premiers ministres canadiens http : //www.councilofthefederation.ca/pdfs/NR-CoF-Generic%20drugs%20(Final)-Jan%2018.pdf

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Note de bas de page 54

IMS Institute for Healthcare Informatics, The Global Use of Medicines : Outlook Through 2016, juillet 2012

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Note de bas de page 55

PharmaFocus 2016, mise à jour de novembre 2012

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Note de bas de page 56

IMS Institute for Healthcare Informatics, The Global Use of Medicines : Outlook Through 2016, juillet 2012. Les médicaments biologiques servent de traitement dans un vaste éventail de domaines et les produits considérés comme des médicaments biologiques sont aussi classés sous d’autres catégories thérapeutiques. Par exemple certains produits en oncologie et certaines catégories d’insuline sont considérés comme des produits biologiques.

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Note de bas de page 57

PharmaFocus 2016, p. 316

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Note de bas de page 58

PharmaFocus 2016

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Note de bas de page 59

IMS Company Profile - Pfizer, juin 2012

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Note de bas de page 60

Cangene est une société cotée en bourse. En 1995, elle a fusionné avec Rh Pharmaceuticals, une filiale d’Apotex.

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Note de bas de page 61

L’étude est une comparaison de la durée d’exclusivité sur un marché au Canada, aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne et en France. Elle a été réalisée par IMS Brogan pour le compte d’Industrie Canada.

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Note de bas de page 62

Recherche d’Industrie Canada

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Note de bas de page 63

http://neomed.ca/fr/news/creation-de-l-institut-neomed/

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Note de bas de page 64

PharmaFocus 2016

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Autorisation de reproduction :

Reproduction à des fins non commerciales
À moins d’indication contraire, l’information contenue dans cette publication peut être reproduite, en tout ou en partie et par quelque moyen que ce soit, sans charge et sans autre permission de IMS Brogan, pourvu qu’une diligence raisonnable soit exercée afin de s’assurer de l’exactitude de l’information reproduite, que IMS Brogan soit mentionné comme organisme source, et que la reproduction ne soit représentée ni comme une version officielle ni comme un document préparé en collaboration ou avec le consentement de IMS Brogan.

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16720 Route Transcanadienne
Kirkland, Quebec H9H 5M3
Téléphone: 514-428-6000

Avis d'exonération de responsabilité :

Ce rapport a été produit par IMS Brogan en vertu d'un contrat avec Industrie Canada. Le contenu de ce rapport est celui de son auteur, IMS Brogan, et ne représente pas nécessairement l'opinion d'Industrie Canada ou du Gouvernement du Canada.

© Sa Majesté la Reine du Chef du Canada,
représentée par le ministre de l'Industrie, 2013
No de catalogue : Iu-44-93/2014F-PDF
ISBN 978-1-100-23168-6

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