Archivé — Pratiques exemplaires 2013 : Articles

Pratiques exemplaires 2013


L'apprentissage exploratoire au XXIe siècle : inspirer la présence cognitive en éducation

Gabriel Roman Ayyavoo

Gabriel Roman Ayyavoo
Notre Dame High School
Toronto (Ontario) 
Années et matières : Sciences, biologie, chimie, de la 9e à la 12e année

En tant qu'amant de la nature, j'ai été exposé au coup d'aile territorial des Pteropodidés, les chauves-souris « black flying fox » de Malaisie, et survécu à la morsure défensive des scolopendres géantes (centipèdes) sur une île en mer de Chine méridionale. Au cours de mes excursions de plongée cubaines, des piqûres de néamatocystes du corail de feu Millepora m'ont fait découvrir dans des circonstances douloureuses le camouflage aquatique. À Terre-Neuve, lors d'une excursion d'observation du comportement de l'orignal (Alces alces), je suis devenu une source alimentaire pour les tabanidés (taons) suceurs de sang. Inspiré par les aventures en plein air de Steve Irwin (le Crocodile Hunter), je partage moi aussi mon apprentissage expérientiel et exploratoire dans mes leçons, tout en inspirant l'autonomie cognitive à mes élèves férus de technologie.

J'aborde l'enseignement des sciences comme une occasion de partager des récits d'expérience personnelle à l'égard de phénomènes du monde naturel. Afin d'autonomiser tous les élèves d'origines et de cultures variées, je stimule l'apprentissage à travers leurs expériences sensorielles. En m'inspirant de la méthode de Gestalt qui reprend des expériences personnelles pour autonomiser les apprenants, j'incite les apprenants à découvrir leurs champs d'intérêt et à s'approprier l'apprentissage des sciences par le biais d'enquêtes. Il faut cesser le bourrage de crâne — la technologie aide, stimule et habilite les élèves. Je suis un immigrant dans le monde numérique et j'opte pour un apprentissage dirigé par l'élève plutôt que pour un apprentissage dirigé par l'enseignant; les récits et les expériences des élèves favorisent la restructuration cognitive et le développement de concepts novateurs de leur monde. L'approche constructiviste de ma méthode d'enseignement de la biologie consiste à encourager les élèves à se forger leurs propres idées par le biais d'essais et de débats avant de les intégrer à leur bagage de connaissances.

Après plus de 20 ans d'expérience en enseignement à Singapour et au Canada, mon intérêt pédagogique repose sur la littéracie scientifique des élèves et des enseignants par l'utilisation de la technologie dans trois domaines :

  • l'apprentissage du XXIe siècle qui englobe les différents types d'intelligence dans les technologies et logiciels propices à l'apprentissage (tablettes, téléphones intelligents, applications telles Edmodo, Jing, etc.);
  • le développement d'attitudes scientifiques, technologiques, sociétales, éthiques et environnementales (STSEE) par le biais de discussions électroniques asynchrones;
  • l'acquisition de connaissances cognitives et d'une pensée critique au moyen de projets de recherche scientifique conçus par les élèves, « Science Investigation Projects » (SIP), dans le cadre d'un enseignement scientifique du XXIe siècle s'inspirant de la technologie.

Mes leçons sont étayées par des procédures kinesthésiques pratiques stimulantes et des stratégies de résolution de problèmes théoriques créatives. Les SIP permettent aux élèves, sans distinction de sexe, de s'engager dans de véritables enquêtes créatives tout en participant à des discussions consultatives en ligne. La recherche de nouveaux traitements à base d'extraits de brocoli pour la réduction des cellules cancérogènes du sein avec des mentors des hôpitaux affiliés à l'Université de Toronto et l'utilisation de macroinvertébrés comme indicateurs biologiques pour évaluer la pollution dans la rivière Don et dans les cours d'eau en sont des exemples. Quel que soient leurs sujets, les élèvent réfléchissent, discutent, collaborent et présentent leurs conclusions sous forme de publications, de présentations dans le cadre de conférences et en ligne sur le site Damedetective entièrement conçu par des filles.

« J'entends et j'oublie, je vois je me souviens, mais à quel moment est-ce que je comprends? » Cet aphorisme confucéen est la ligne directrice que je partage avec mes collègues enseignants. Comme j'enseigne à des élèves aux origines diverses et aux capacités scolaires variées, j'encourage les élèves à recourir à une stratégie de résolution de problème axée sur le principe « je fais et je comprends » et à concevoir et à mener des enquêtes originales. Cette façon de faire ravit et captive les apprenants qui peuvent ainsi éclaircir les idées fausses sur les plans académique et sociétal.


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Ce que tout enseignant devrait savoir

Richard Baker

Richard Baker
Bluefield High School
Hampshire (Île-du-Prince-Édouard)
Années et matières : Ressource pour les 10e, 11e et 12e années

Décrire en 500 mots les pratiques exemplaires d'un enseignant n'est pas une mince tâche. Après 35 ans d'enseignement de la 3e à la 11e année, quelques exemples me viennent à l'esprit. Mes remarques ne vous apprendront rien, mais pourraient vous aider à valider ce que vous faites déjà dans votre classe. C'est vous l'expert. Vous n'êtes pas sans savoir que même les plans les mieux conçus risquent de devoir être abandonnés pour faire face à un imprévu à 13 h 57. Compte de mots activé, voici mes pratiques exemplaires :

  1. Soyez attentifs aux élèves devant vous. Essayez d'assister à leurs concerts, pièces de théâtre et événements sportifs. Essayez de comprendre leurs situations et leurs contextes. Certains de vos élèves portent-ils un lourd bagage? Leurs difficultés scolaires sont-elles les moindres de leurs problèmes? Conscient que vous ne pouvez pas résoudre tous les problèmes, efforcez-vous d'être à l'écoute. Il ne faut pas sous-estimer le pouvoir de l'empathie.
  2. Les élèves (comme les enseignants) n'apprennent pas tous de la même façon. De plus en plus d'élèves sont soumis à une évaluation psychologique complète. De telles évaluations sont adjointes d'une multitude de recommandations et certains élèves reçoivent un diagnostic de trouble d'apprentissage. Le fait de remplacer le terme « trouble » par « différence » constitue un énorme pas en avant. Il ne faut pas non plus oublier que dans notre système d'éducation, tous les élèves qui apprennent différemment n'ont pas nécessairement été soumis à une évaluation. Les listes d'attente sont longues. Combien avons-nous d'élèves dont les parents ne peuvent se permettre une évaluation en pratique privée? Ce qui nous amène au point 3.
  3. Gardons notre système d'éducation public. Préconisons le financement complet de l'éducation publique. Nous devrions tenter de réduire, voire d'éliminer, tous les frais d'utilisation, les frais de scolarité, les frais d'activités sportives, les frais d'excursions, etc. Au cours de ma carrière, nous avons réalisé des gains nécessaires en ce qui a trait à l'inclusion des élèves ayant des déficiences mentales ou physiques. Les élèves économiquement défavorisés subissent également une forme d'exclusion. Nous savons qu'il existe une corrélation entre la réussite scolaire et la participation aux activités scolaires.
  4. La réussite engendre la réussite. Vous ne devez pas pour autant réduire les attentes pour favoriser la réussite. Selon la zone proximale de développement (ou l'étayage) de Vygotsky, l'apprentissage doit être un défi. Il faut que le défi soit possible à relever avec votre aide. Comme vous le savez, lorsque les élèves fournissent un effort honnête et ne vivent que des échecs, ils risquent d'emprunter la voie du désengagement.
  5. Célébrons la réussite. Pas besoin d'être compliqué, il suffit de souligner les réalisations. Il ne faut pas beaucoup de temps, mais les élèves se rappellent. Un toast avec un verre de lait au chocolat (ce que je préfère) ou de « champagne » (lire boisson gazeuse) plaît à tous les élèves, du primaire jusqu'à la fin du secondaire.
  6. L'informatique (ordinateurs, écrans tactiles, téléphones intelligents, etc.) peut s'avérer un outil libérateur pour les élèves qui ont des difficultés en lecture, en écriture ou en organisation. La technologie d'assistance (texte-parole et parole-texte) s'est tellement améliorée au cours des cinq dernières années. Les élèves des niveaux scolaires plus élevés sont disposés à utiliser efficacement des écrans tactiles pour devenir des apprenants autonomes.

Enfin, l'enseignement peut être une profession des plus nobles, mais comme elle devient également de plus en plus difficile, il est important d'échanger des idées et de réseauter.


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L'apprentissage de la tradition orale

Leigh Brown

Leigh Brown
Children of the Earth High School
Winnipeg (Manitoba)
Années et matières : Anglais, psychologie, séminaire en affaires en 12e année

Que ferons-nous pour le mois de la lecture? Cette simple question a lancé l'école tout entière dans un voyage d'exploration qui a duré cinq mois et au terme duquel plusieurs de nos élèves sont devenus des auteurs publiés. Conformément au mandat de l'école, les élèves et le personnel participent régulièrement à des cérémonies autochtones traditionnelles, dont la cérémonie du calumet, la cérémonie de la suerie et les cercles de partage, au cours desquelles ils ont l'occasion d'apprendre de la même manière que nos ancêtres ont appris depuis des temps immémoriaux.

Les récits, dans la tradition orale, jouent un rôle important dans notre école, tant au quotidien que dans le cadre d'un projet très spécial entrepris par toute l'école. Nos élèves et les membres de notre personnel ont participé à un projet de narration de récits lié aux effets intergénérationnels du Système de pensionnats indiens (PI). Plusieurs de nos élèves ont été touchés par les conséquences négatives des PI sur la communauté autochtone en général. En cherchant une activité pour le mois de la lecture, nous avons décidé d'encourager nos élèves à devenir eux-mêmes des auteurs et à partager leurs récits plutôt qu'à lire les ouvrages d'autres auteurs.

Grâce à une série d'ateliers, nous avons aidé les élèves à comprendre le but et la fonction des récits dans un cadre historique et ce qu'ils pourraient eux-mêmes en tirer aujourd'hui. Nous avons démontré des façons de raconter des histoires oralement, de même que par l'écriture, la musique et l'expression artistique. À la fin de chaque séance de narration, tous les élèves écrivaient dans un journal leurs expériences, leurs pensées et leurs sentiments.

Au terme de ces ateliers, les élèves qui le souhaitaient ont pu partager leurs récits avec un public plus large. Les productions écrites, les œuvres d'art, les poèmes et les chansons de nos élèves se voulaient non seulement une expression de ce qu'ils avaient appris des cercles de partage, mais également une catharsis des sentiments qu'ils ont éprouvés au sujet de leur situation actuelle par rapport à des événements sur lesquels ils n'exerçaient aucun contrôle.

Le projet en entier a aidé nos élèves à aborder certaines questions qui affectent l'ensemble de la communauté autochtone. Il leur a donné l'occasion d'exprimer leur créativité et d'élaborer leurs récits, en mettant en rapport les problèmes et événements avec leurs propres expériences et situations personnelles. Les élèves avaient carte blanche sur la façon de présenter leurs récits. Le mois s'est prolongé cinq mois et, finalement, les élèves qui y ont participé sont devenus des auteurs publiés d'un ouvrage intitulé « Dreams of Thundering Voices ».

Ce projet n'est qu'un exemple de l'adaptation des moyens traditionnels de partage des connaissances au monde moderne et de leur utilisation à d'autres fins. Il n'est pas nécessaire d'être Autochtone ni même de suivre les traditions autochtones pour utiliser efficacement les méthodes d'enseignement autochtones pour améliorer les expériences d'apprentissage des élèves. Nous pouvons tous tirer parti des modes d'apprentissage traditionnels, puisqu'ils tiennent compte des expériences orales, visuelles et kinesthésiques des apprenants.


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La pédagogie par projets, toute une passion!

Gérald Charron

Gérald Charron
École Saint-Joseph
Lévis, Québec 
Années et matières : Maths, français, éthique, sciences, Ghec, arts pour 4e année

La pédagogie par projets, toute une passion!

Ce que j'apprécie dans ma profession d'enseignant, c'est qu'en plus de former nos adultes de demain, nous pouvons nous-mêmes apprendre à travers eux.

La pédagogie par projets me permet de réaliser cette passion d'acquérir des connaissances et des compétences avec mes élèves. J'aime relever les défis qui m'amènent à me surpasser. J'adore inculquer ce goût de l'aventure aux élèves.

À chaque année, je pense à mon nouveau sujet. Je me base sur l'actualité. J'ai l'habitude de produire des projets en lien avec les années mondiales ou internationales de l'UNESCO. L'an passé, j'ai élaboré un ensemble d'activités touchant de près le domaine de l'eau car 2013 est l'année internationale de la coopération dans ce domaine. Comme 2014 sera l'année mondiale de l'agriculture familiale; j'ai bâti un autre projet, qui cette fois, touchera à l'eau mais aussi l'agriculture familiale. Quand je produis mes activités avec les élèves, j'ai le souci de leur faire vivre des apprentissages concrets près de l'actualité et d'impliquer le plus grand nombre d'individus. Depuis longtemps, je construis ces projets autour d'expériences scientifiques, car je sais que c'est une belle porte d'entrée pour intéresser nos jeunes et les garçons en particulier.

Ces activités se déroulent de septembre à juin. Les élèves savent au tout début de l'année qu'ils auront à communiquer leurs résultats de recherche et d'expériences à la classe. Cela permet de réguler leurs méthodes de travail. Ils auront aussi à présenter tous leurs travaux et leurs compétences lors d'un exposé qui se tient toujours en avril à l'école. Je dirais que c'est l'apothéose du projet. Tout est mis à contribution pour le partage des savoirs aux autres élèves de l'école, aux parents, au personnel de l'établissement, aux commanditaires et aux gens de la communauté.

Chaque discipline enseignée au niveau primaire est développée à travers le projet. Les sciences et l'univers social occupent une bonne partie. Il est facile de faire des liens avec l'histoire de nos ancêtres et leur utilisation de l'eau et des terres au temps de la Nouvelle-France. Le français est très présent par la lecture de textes et des écrits suite aux recherches effectuées. La communication orale est omniprésente car en plus de travailler en équipe, les élèves partagent leurs découvertes aux autres classes.

Des débats en éthique et culture religieuse se greffent à travers les enjeux environnementaux. Des sondages sont effectués sur l'utilisation de l'eau et des moyens sont suggérés pour éviter la surconsommation. Des statistiques et des diagrammes sont bâtis en mathématiques. Les arts occupent aussi une grande place dans mes projets. On parle entre autres de Frédéric Bach et de son film intitulé : « Le fleuve aux grandes eaux ». On réalise des activités en lien avec ses œuvres, on construit des maquettes de seigneuries, etc.

À l'intérieur de ces activités, mes élèves travaillent en collaboration avec d'autres classes de l'école dont des autistes et on réalise de la correspondance avec d'autres provinces ou pays. La classe garde ainsi sa fenêtre ouverte sur le monde!

Liens aux projets :

Participation au concours «Anime ta francophonie»

Reportage de Radio-Canada sur l'intégration d'une classe CATSA (classe d'adaptation du trouble du spectre de l'autisme)  et le Prix du Premier ministre

Blogue avec nos correspondants français pour le projet Regards croisés Loire-St-Laurent 


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L'éducation pour TOUS : réduire l'écart de rendement grâce à la technologie

Aviva Dunsiger

Aviva Dunsiger
Ancaster Meadow Elementary School
Ancaster (Ontario)
Années et matières : Littéracie, numéracie, mathématiques, sciences, études sociales en 6e année

Comment enseigner à des élèves qui éprouvent des difficultés? En tant qu'enseignante, je m'engage à enseigner à tous les élèves comment apprendre, et il s'agit souvent d'élèves qui ont déjà été aux prises avec des difficultés scolaires. L'utilisation appropriée de la technologie me permet de réduire l'écart de rendement et d'assurer la réussite scolaire de chaque élève.

La citation suivante fait office de signature dans mes courriels au Conseil : « S'ils n'apprennent pas ce que tu leur enseignes, enseigne de la façon dont ils apprennent. » En tant qu'enseignante, rien ne m'inspire autant que cet énoncé. Lorsque j'étais en deuxième année, on m'a diagnostiqué un trouble d'apprentissage non verbal et n'eut été de parents et d'enseignants extraordinaires qui m'ont aidée à trouver des stratégies qui ont fonctionné, je ne serais pas ici aujourd'hui.

En classe, j'ai à cœur d'aider tous les élèves à réussir. En incitant les élèves à produire des enregistrements audio ou vidéo, je permets à ceux qui éprouvent des difficultés avec l'écriture à partager ce qu'ils ont appris avec les autres. L'application Dragon Dictation (anglais seulement) pour transcrire la parole aide les élèves qui éprouvent de la difficulté à écrire, à réussir, tandis que WordQ (site en anglais seulement), qui est à la fois une application et un programme d'ordinateur, aide les élèves qui ont des difficultés en orthographe. Mieux encore, ils peuvent écouter ce qu'ils ont écrit, entendre leurs phrases interminables et les corriger. Ils peuvent ainsi acquérir une plus grande autonomie et réussir au plan académique. Lorsque nous avons commencé à utiliser et à partager des renseignements par l'entremise d'une émission de radio sur le Web, les élèves se sont mis à lire davantage afin d'avoir plus de sujets de discussion. La technologie a donné à mes élèves une tribune.

Bien que ces idées puissent bien paraître sur papier, il a fallu du temps pour les mettre en pratique. Les élèves se sont d'abord montrés réticents à utiliser un outil différent, même s'il les aidait à apprendre. J'ai donc dû revoir mes méthodes d'enseignement. Finie l'époque où la plupart des élèves rédigeaient leurs travaux sur papier, alors que seulement quelques-uns les faisaient à l'ordinateur. Je devais désormais veiller à ce que tous aient accès au « choix de l'élève ». Je commence maintenant par définir les attentes, puis je laisse aux élèves le choix de la meilleure façon de me soumettre ce qu'ils ont appris — que ce soit sur un appareil ou sur papier. Nous sommes tous différents, et nous apprenons tous différemment. L'apprentissage n'a pas à prendre la même forme pour tout le monde. Ma classe est différente d'une classe ordinaire et si vous y entrez au cours d'une journée normale, vous y trouverez des petits groupes de personnes qui font les choses de façons différentes.

Maintenant, lorsque je planifie mes leçons, je pense à Em DelSordo, un directeur de notre Conseil qui a dit lorsqu'il s'est adressé au personnel de notre école l'an dernier : « Je sais comment enseigner les fractions. Seulement, je ne sais pas comment enseigner les fractions à des enfants qui ne comprennent pas ». Le fait de tenir compte des forces et des besoins des élèves m'aide à planifier leur réussite. Par exemple, lorsque je crée un projet d'études sociales sur les partenaires commerciaux du Canada, je tiens compte du nombre d'élèves de ma classe qui éprouvent des difficultés à lire et à écrire. Comment puis-je les aider à trouver les ressources et à démontrer leur compréhension? J'ai commencé par trouver des vidéos qui traitent des faits essentiels. J'ai réécrit certains passages trouvés en ligne pour qu'ils soient plus faciles à comprendre. J'ai également enregistré certaines informations tirées des manuels. Puis j'ai proposé aux élèves des options pour leur permettre de partager ce qu'ils avaient appris : fichiers balados, affiches, modelages animés, présentations PowerPoint. Ils pouvaient également proposer leur propre projet. Avec autant de choix, chaque élève a réussi, et avec d'excellents résultats!

Rien n'est plus valorisant pour un enseignant que de savoir qu'il a fait une différence. La technologie m'aide à faire cette différence au quotidien et à réellement donner à tous la chance de réussir.


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Tout est une question de cœur…

Angelina Fabien

Angelina Fabien
Deninu School
Fort Resolution (Territoires du Nord-Ouest)
Années et matières : Chippewyan/Territoires du Nord-Ouest, de la maternelle à la 12e année

J'enseigne la langue chippewyan à la Deninu School, un petit établissement allant de la maternelle à la 12e année situé à Fort Resolution, dans les Territoires du Nord-Ouest. Lorsque j'ai été engagée, aucun de mes élèves ne parlait le chippewyan, la langue ancestrale de la communauté. C'est à Fort Resolution que se trouvait l'un des premiers pensionnats du Canada, ce qui explique que les parents et grands-parents de mes élèves ont perdu leur langue. Bien que plusieurs souhaitent la parler, peu de personnes dans la communauté la parlent couramment, et comme tous les aînés sont décédés, l'espoir d'une revitalisation de la langue a diminué.

C'est dans ce contexte que j'ai commencé ma carrière de moniteur de langue autochtone à la Deninu School. Avant mon arrivée, on enseignait depuis plusieurs années aux élèves dans leur langue, mais cette langue ne sortait jamais de la salle de classe. Contrairement à leurs parents, les élèves manifestaient peu d'intérêt pour leur langue, principalement en raison du peu de pertinence qu'elle avait pour eux. On la parlait rarement en dehors de la classe. Mon défi était de changer cette mentalité et de sortir la langue dans les corridors, dans la cour d'école et au-delà. Pour ce faire, j'ai dû redonner à la langue ses lettres de noblesse et réinstaurer son utilité dans la vie de tous les jours.

L'odyssée de cette transformation a commencé par un simple mot chippewyan Ɂedlánet'e-a qui signifie « Comment allez-vous? ». Tous les jours, j'accueillais les élèves en leur posant cette question. Rapidement, certains m'ont demandé comment répondre « je vais bien » ou « je suis fatigué » en chippewyan, ce que je leur ai appris avec plaisir. Peu de temps après, les élèves se saluaient lorsqu'ils entraient dans l'école ou qu'ils voyaient leurs amis dans la cour de récréation. Les élèves partageaient leur langue nouvelle retrouvée avec leurs enseignants et parents et les ont mis au défi d'en apprendre davantage. Tous ont accueilli avec enthousiasme les efforts déployés pour parler la langue chippewyan. J'étais très heureuse de répondre aux demandes des élèves qui souhaitaient en apprendre davantage.

C'est ainsi qu'a débuté la revitalisation de la langue dans toute la communauté. À l'école, les annonces de l'après-midi sont désormais faites en chippewyan et il n'est pas rare d'entendre les élèves parler entre eux dans cette langue. Les affiches dans l'école sont maintenant en chippewyan et plusieurs enseignants appuient le programme en saluant les enfants et en leur donnant des consignes simples dans cette langue. Grâce à cette expérience, l'apprentissage de la langue a maintenant un but et une pertinence pour les élèves.

Les parents aussi s'ajoutent à la liste des grands adeptes. L'enthousiasme de leur enfant pour la langue et sa maîtrise croissante a suscité un regain d'intérêt dans plusieurs foyers. Dans certains, ce sont les enfants eux-mêmes qui sont devenus les enseignants et il n'est pas rare qu'ils apprennent à leurs parents et à leurs frères et sœurs de nouveaux mots et de nouvelles phrases qu'ils ont appris dans leur cours de chippewyan.

La communauté s'est réapproprié sa langue. Les jeunes, grâce à leur enthousiasme et à leur intérêt, sont à l'origine de cette renaissance et ont sorti la langue de l'école pour la réintroduire dans la communauté. Il est maintenant permis d'espérer que la langue continuera de croître et de s'épanouir.

Les leçons que j'ai apprises sont nombreuses, mais la plus importante est que nous, en tant que moniteurs de langues autochtones, devons toujours enseigner avec notre cœur, parce qu'ainsi, nous touchons le cœur des nos élèves. C'est ce qui fait la différence et qui assure la survie de nos langues ancestrales.


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Développer l'empathie historique et favoriser la participation en classe

Adrian French

Adrian French
Mount Douglas Secondary School
Victoria (Colombie-Britannique) 
Années et matières : Études sociales, histoire, éducation physique, de la 9e à la 12e année

Comment un élève du secondaire peut-il s'identifier à un soldat qui était dans les tranchées lors de la Première Guerre mondiale? Cette question m'a amené à étudier les possibilités d'une méthode d'enseignement interdisciplinaire pour mes élèves du secondaire. Une approche par projet peut développer l'empathie historique et accroître la participation des élèves en classe.

Une éducation historique authentique doit s'articuler autour du contexte d'où elle émane. Les élèves doivent constamment réévaluer les décisions prises dans le passé tout en analysant les événements actuels. Comment peut-on comprendre la politique nationale et internationale contemporaine lorsqu'on ne connaît pas la quête d'autonomie nationale passée du Canada? Pour tenter de relever ce défi pédagogique, j'ai adopté une méthode par projets tout en cherchant à susciter une certaine rigueur, une certaine pertinence et à tisser des liens. Ce sont là les piliers d'une éducation authentique dans le parcours éducatif de chaque élève. La pédagogie par projets me permet de stimuler la curiosité intellectuelle de mes élèves tout en leur permettant de développer les connaissances et les compétences nécessaires pour s'intéresser à l'histoire, non seulement en tant que discipline, mais également au-delà de la salle de classe. Dans mes cours, les élèves sont en mesure d'apporter des réponses uniques, ciblées et personnelles aux questions historiques, tout en respectant le programme provincial.

En tant qu'enseignant, je suis conscient du paradigme dynamique de notre système d'éducation. Je réévalue sans cesse mes normes professionnelles et mes pratiques d'enseignement pour répondre aux changements constants tant dans l'éducation que dans la société. Lorsque je prépare mes cours, je me questionne sur l'importance de mes leçons pour ma discipline et pour les enfants. En fait, je crois que la méthode d'enseignement par projets aide nos jeunes à mieux comprendre l'histoire canadienne du XXe siècle, la quête d'autonomie de notre pays et la place qu'ils occupent au sein du Canada et dans le monde et, finalement, à prendre conscience de leur potentiel illimité en tant que Canadiens.

Quels que soient le cours, le niveau et l'intention académique, nos méthodes d'enseignement doivent viser le potentiel de réussite de chacun de nos élèves. Une attention consciente et constante aux différents types d'apprentissage des élèves est essentielle au développement d'une expérience éducative riche et passionnante. Il faut prévoir un enseignement différencié dynamique pour tirer parti du potentiel intellectuel et créatif de chacun de ces types d'apprentissage. C'est là mon plus grand défi. Je m'appuie sur mes propres traits d'apprentissage pour développer mes leçons et projets. Il est essentiel que ma démarche soit ouverte à toutes les pistes de réussite possible chez tous les élèves de ma classe, et non seulement chez ceux qui pensent comme moi.

Pour continuer à perfectionner mes aptitudes et ma pratique personnelle à l'enseignement, je suis toujours à l'affût des conseils et de l'expérience de mes conseils. J'ai bénéficié et bénéficie encore de la communauté d'apprentissage professionnelle d'enseignants de la région de Victoria. Que ce soit par l'entremise de séminaires de perfectionnement professionnel officiels ou par l'entremise moins officielle, quoique plus importante, de collaborations avec des enseignants particuliers, j'ai profité de l'expérience collective d'enseignants expérimentés que j'ai consultés et de la passion et des nouvelles idées d'enseignants débutants que j'ai conseillés et avec lesquels j'ai travaillé.

Bien que j'aie développé mes compétences pédagogiques et ma méthode d'enseignement personnelle avec l'aide de nombreux enseignants merveilleux, ce sont les élèves de ma classe qui ont réellement influencé ma carrière. Travailler auprès des jeunes est exigeant, éprouvant et merveilleux. Quelle joie d'aller travailler chaque matin en sachant que j'en apprendrai davantage de mes élèves qu'ils en apprendront de moi!


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Insuffler une véritable estime de soi — et un esprit de coopération créatif chez le jeune élève en développement — Sommes-nous à la hauteur?

Viviane Gaudreault

Viviane Gaudreault
First Avenue Public School
Ottawa (Ontario) 
Années et matières : Immersion française (mathématiques, arts du langage, éducation physique, sciences) en 2e année

La pédagogie de l'enseignement que j'ai choisie vise le développement affectif de l'enfant et se penche sur la nécessité de préparer les jeunes élèves à traiter efficacement avec les autres dans un environnement compétitif inconnu, afin de permettre à tous, selon un droit pleinement reconnu, de s'explorer eux-mêmes, d'explorer leurs propres capacités et les occasions d'apprentissage dans leur monde en évolution rapide et stressant. Tel un navire dans une armada qui, lors d'une expédition, se dirige vers des mers agitées inconnues, l'élève doit être en état de naviguer. Il doit être guidé par des connaissances et des compétences et en mesure de fixer le cap et de le maintenir.

Cette exigence en matière de réseaux efficaces de préparation citoyenne est plus pressante. Personne ne réalise à quel point le monde change. La compétitivité mondiale et les menaces toujours croissantes à l'égard de nos ressources et de notre souveraineté exigent davantage de notre part à tous. Nous avons besoin de citoyens bien équilibrés, résilients, ayant une grande capacité d'adaptation, travailleurs, persévérants, courageux, en possession de leurs moyens et bien informés. Et notre préparation à relever les défis mondiaux commence par le développement d'un enfant authentique, confiant, créatif, capable de s'accepter, conscient de lui-même, coopératif et éthique, conscient de ses droits et responsabilités. Nous devons développer notre capacité de synthèse et travailler de manière plus efficace compte tenu de la responsabilité qui incombe comme jamais aux enseignants.

J'estime que les enfants qui sont stressés ou émotionnellement bouleversés ne peuvent tout simplement pas apprendre ni travailler, et que les jeunes enfants doivent être conditionnés pour travailler de manière efficace, créative et en collaboration. J'estime également que le développement affectif et que le développement des compétences nécessaires dans la vie courante atteignent leur but lorsque les parents sont pleinement intégrés au processus et que les enfants sont mis sur la voie de la découverte de soi et de l'acceptation.

Forcément, nous devrions également nous demander si le développement émotif est une exigence implicite et présumée pour nos jeunes élèves dans le système d'éducation (et je n'en suis pas certaine), et si les enseignants, compte tenu des réalités actuelles, sont choisis et formés à la hauteur de la tâche en ce qui concerne leur tempérament affectif, leurs philosophies, leurs stratégies et leurs méthodes? Il y a de quoi se poser des questions! Et nous devrions nous demander, en ce qui a trait à la pertinence et à l'efficacité de fixer le cap et de le maintenir, si l'apprentissage et les compétences nécessaires à la vie courante sont bien cernés et établis pour atteindre cet objectif.

Je dois me poser ces questions dans le contexte éducatif actuel et de la couverture médiatique concernant la hausse de maladies mentales chez les enfants, et compte tenu du stress des élèves que je constate chaque jour dans ma classe. Si les enfants sont trop stressés pour apprendre et qu'ils n'ont pas acquis les éléments fondamentaux en mathématiques et en langage à la fin de la deuxième année, il devient très difficile pour eux de se rattraper et de se tenir à jour. Comme n'existe aucun filet de sécurité pour les enfants souffrant de graves problèmes affectifs, il est essentiel de mettre en place une stratégie et un programme de prévention efficaces.

J'ai adopté une approche pédagogique holistique et développé un programme d'autonomisation par l'éducation. Le programme est piloté par le système et dépend de lui, et se détache de l'approche « silo » au profit d'une approche plus organique. Il met les besoins des élèves à l'avant-plan et commence par un engagement total à l'égard de la préparation à long terme des élèves. On recourt trop souvent à un système mécanique purement axé sur le programme qui ne fonctionne pas pour tout le monde. L'enseignement doit être enrichissant pour l'élève et doit l'autonomiser. Nous devons préparer les élèves à la vie.


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Qu'ils se lèvent de leur chaise

James Brian Jackson

Brian Jackson
Ralph McCall School
Airdrie (Alberta) 
Années et matières : Sciences, études sociales, mathématiques, arts du langage, éducation physique, de la 6e à la 8e année

Les choses que nous souhaitons que nos élèves retiennent d'année en année à l'école ne sont pas toujours les leçons que l'enseignant donne à l'avant aux enfants qui prennent des notes et répondent à des questions. Malgré l'importance de l'écriture et de la réflexion, ce qu'ils retiennent ce sont les moments passés loin de leur pupitre. Voici quelques exemples qui ont fonctionné pour moi.

Je suis convaincu que nous avons tous, après une dure journée d'école, éprouvé la satisfaction quant au déroulement d'une leçon. Les enfants étaient en interaction et répondaient à vos questions. Ils semblaient « piger ». Ils ont peut-être même dit « C'était vraiment génial! ». Ils ont réellement compris ce que vous leur transmettiez. Ce sont de formidables journées! Mais on peut en tirer tellement plus! Dès que je sais qu'ils ont acquis les compétences préalables, on peut vraiment commencer à s'amuser.

J'adore donner à mes élèves l'occasion de se lever de leur chaise et de prendre plaisir à me montrer ce qu'ils ont appris. Nous avons construit et testé des avions expérimentaux. Nous avons lancé des fusées de toutes sortes. Lorsqu'on nous a interdit d'utiliser le toit de l'école, nous avons envisagé ensemble d'autres possibilités pour larguer des parachutes et des œufs. Les concepts scientifiques prennent vie lorsqu'ils sont enseignés loin des pupitres.

En mathématiques, nous avons mesuré la longueur de la foulée d'un élève de chaque niveau dans notre école afin de mesurer le nombre de pas nécessaires pour atteindre divers endroits dans la province. Nous avons utilisé des tartes le jour de Pi pour déterminer sa valeur approximative. Des fèves en gelée sont devenues l'outil idéal pour créer des ratios et calculer des pourcentages. Les mathématiques prennent vie lorsqu'elles sortent des manuels et des interrogations.

Plutôt que de lire des ouvrages traitant de la vie dans l'espace, les élèves ont eu l'occasion d'utiliser une radioamateur pour parler à un astronaute dans la station spatiale. Lorsque nous avons voulu étudier les constellations de l'hémisphère sud, nous avons utilisé une radio pour parler à un astronome en Australie qui nous a dit ce qu'il pouvait voir. Toujours grâce aux radioamateurs, nous avons pu parler de condition physique et de nutrition avec un professeur canadien sur le mont Everest.

L'apprentissage ne s'arrête pas lorsque les élèves sortent de la classe. Les week-ends, nous avons un club de sciences spatiales qui construit et lance des fusées, organise des fêtes d'observation des étoiles pour la communauté et partage ce que nous avons découvert au sujet des planètes et des étoiles. Les élèves créent et partagent leurs propres présentations publiques sur divers sujets astronomiques. Ils deviennent les experts. Ils ont lancé, suivi et récupéré de grands ballons gonflés à l'hélium lorsqu'ils ont compris les différentes couches de vent jusqu'à 30 480 mètres. Ils ont travaillé en équipes pour soumettre des demandes de photos prises à partir de la station spatiale. Ils comprennent parfaitement comment trouver un endroit idéal aux particularités géologiques uniques, prévoir le trajet de la station et prévoir les conditions météorologiques autour du globe pour permettre à la caméra de prendre des images saisissantes.

Nous avons tous souvenir de moments où l'apprentissage allait au-delà de nos pupitres et de nos manuels. J'ai eu la chance de faire partie intégrante de ces souvenirs chez mes élèves. Je suis impatient de leur donner d'autres occasions de se lever de leur chaise!


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En faire plus sans s'épuiser

Vernon Kee
Photo : Ian Crysler /
Courtesy of Professionally Speaking,
Ontario College of Teachers

Vernon Kee
Danforth Collegiate Technical Institute
Toronto (Ontario)
Années et matières : Technologie, design, exploration de carrière, informatique de la 9e à la 12e année

On dit que les enseignants sont plus susceptibles de démissionner par épuisement dans les cinq premières années de leur carrière. Généralement, ce sont des enseignants qui en font trop, soit en raison des grands besoins qu'ils constatent dans leur communauté ou de leurs propres exigences d'en faire toujours plus. Étant moi-même constamment à la limite de l'épuisement, je peux affirmer que les trois choses suivantes m'ont aidé à traverser mes cinq premières années d'enseignement :

  1. Évitez de vous occuper seul d'une activité parascolaire. Si vous souhaitez démarrer un club, entraîner une équipe ou offrir du tutorat, entourez-vous le plus possible. Passez le mot pour voir si d'autres enseignants sont prêts à vous aider. Rendez le club le plus autonome possible en nommant un responsable parmi les élèves. Les activités du club peuvent se dérouler normalement même si vous devez vous absenter pour le déjeuner ou pour faire votre préparation de cours. Passez le mot dans la communauté, beaucoup de gens adorent apporter leur aide et redonner au système d'éducation. Soyez le catalyseur et non le pilier principal.
  2. Documentez vos réussites. Lorsque j'ai commencé à enseigner, une enseignante chevronnée de Danforth, Tanya Neub, m'a dit avoir trouvé très difficile chacune de ses journées au début de sa carrière et s'être sentie constamment découragée en raison de ses lacunes. Sa mère, qui était également enseignante, lui a dit de noter chaque jour sur un bout de papier une bonne chose qui était arrivée pendant la journée et de l'afficher sur son réfrigérateur. Au bout de quelques semaines, le réfrigérateur était couvert de bouts de papier. On se rappelle plus souvent les mauvais coups que les bons coups. Vous devez vous concentrer sur ce que vous avez fait pour changer l'école et non sur ce que vous avez raté. La tenue d'un journal peut également s'avérer très utile. Vous seriez étonné de constater à quel point vous évoluez et changez au fil du temps et un journal vous permet de brosser un tableau complet de la situation et de vous situer dans le moment en question. Vous pouvez également y consigner des choses que vos élèves ont dites et qui vous ont fait rire.
  3. Recourez à la technologie. Ma classe est maintenant sans papier. En préparant vos leçons en PowerPoint pendant l'été, vous n'aurez plus de préparation de cours à faire pour le reste l'année ou pour toute autre année où vous donnerez le cours, sauf pour les mises à jour, bien entendu. Moodle, pour votre propre site Internet, et Google Docs sont d'une grande utilité! Un sondage mené auprès des élèves est pour moi le meilleur outil pédagogique, puisqu'il me permet de savoir ce que je fais de bien et de cerner les points à améliorer. J'ai ainsi appris que certains garçons de ma classe tenaient des propos inappropriés et j'ai pu adapter une leçon pour aborder la question du harcèlement sexuel. Cela permet d'autonomiser les élèves et de leur inculquer les valeurs d'une amélioration continue.

Foncez et faites tout ce que vous pouvez pour faire une différence, mais avant tout, prenez soin de vous et assurez-vous de vous ménager du temps pour la famille, les amis et votre croissance personnelle. Chaque fois que vous commencez à vous sentir coupable de ne pas abattre assez de travail ou à sentir que l'école est une immense vague qui risque de vous emporter, demandez l'appui de mentors ou d'autres enseignants pour vous aider à vous maintenir à flot!


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Interpeller les apprenants du centre-ville difficiles à atteindre

Janey (Min-Wah) Lee

Janey (Min-Wah) Lee
Thunderbird Elementary School
Vancouver (Colombie-Britannique) 
Années et matières : Maternelle

Il y a quinze ans, je commençais ma carrière d'enseignante à l'école élémentaire Thunderbird – une école défavorisée du quartier est du centre de Vancouver située directement en face du plus grand projet de logement social de la Colombie-Britannique. Les élèves sont issus de familles immigrantes, réfugiées ou monoparentales. Plusieurs sont prestataires de l'aide social et vivent dans la pauvreté. Au début, j'ai eu de la difficulté à établir le contact avec les élèves, mais j'ai vite compris que je travaillais avec des enfants ayant des connaissances de l'anglais et une expérience de vie limitées. Je devais changer ma méthode d'enseignement afin d'inspirer et de stimuler ces « apprenants difficiles à atteindre ». J'ai décidé de rendre l'apprentissage plus captivant et plus amusant en partageant avec eux certaines de mes passions.

J'ai notamment créé un milieu d'apprentissage innovateur et stimulant en enseignant à mes élèves de maternelle l'un des sports préférés des Canadiens, le hockey. Étant moi-même une partisane indéfectible des Canucks de Vancouver, j'ai partagé cette passion avec ma classe en trouvant des façons créatives d'appuyer l'apprentissage des élèves. Au printemps pendant les éliminatoires, par exemple, j'apporte à chacun de mes élèves un t-shirt des Canucks afin qu'ils le portent les jours de match. Mes élèves participent avec enthousiasme à diverses leçons et activités amusantes sur les arts du langage, les mathématiques et les arts plastiques. Ils fabriquent un tableau en deux volets afin d'aider à prédire les équipes gagnantes, ils font des pictogrammes représentant leurs joueurs favoris, ils apprennent le numéro de chaque joueur et ils dessinent leurs propres maillots. Mes élèves apprennent d'importantes compétences nécessaires à la vie courante comme la communication, l'équité, la fidélité, la compassion et la collaboration. Notre classe a même fait les manchettes du journal « Vancouver Province » et l'objet d'une interview à la station « CKNW Radio » au sujet de l'intégration du hockey dans mon enseignement.

Une autre de mes passions est la cuisine. Les élèves participent toutes les deux semaines à une activité culinaire intégrée au thème en cours. Mes élèves de maternelle travaillent en groupes, petits et grands, pour mesurer, mélanger, nettoyer et couper les ingrédients que nous utilisons. Ces activités permettent aux élèves de développer une passion pour la cuisine, les incitent à essayer des aliments nouveaux et différents et font la promotion d'une saine alimentation. Ils apprennent également à collaborer de manière pratique et amusante tout en acquérant d'importantes compétences mathématiques, langagières et sociales. Je collabore également avec les parents et grands-parents et les fais participer à l'apprentissage des élèves dans le cadre de projets culinaires et les encourage à devenir nos « spécialistes en culture ».

De plus, comme je suis profondément convaincue que les élèves apprennent mieux en faisant, j'offre à ma classe un milieu d'apprentissage s'adressant à la fois aux mains et à l'esprit. Nous participons par exemple à des activités et à des expériences scientifiques hebdomadaires et j'encourage les enfants à tenir le rôle de scientifiques qui formulent des hypothèses, expérimentent, observent attentivement au moyen de leurs cinq sens. L'an dernier, notre école a établi un partenariat communautaire avec la « Society for Promoting Environmental Conservation » (SPEC) pour enseigner aux élèves la salubrité, comment cultiver des fruits et légumes biologiques et préparer un potager à l'école. En collaboration avec un enseignant d'une école secondaire locale, nous avons, avec l'aide de tous les élèves de l'école, construit quatre bacs de bois pour le potager de l'école. Le potager s'est transformé en classe extérieure et est devenu une source d'inspiration pour les cours de mathématiques, de sciences et d'arts du langage. Ces expériences ont véritablement aidé nos élèves à devenir des citoyens plus proactifs, bienveillants et socialement responsables à la maison, à l'école et dans la communauté.

La plus grande leçon que j'ai tirée de mes quelque 20 ans dans l'enseignement, c'est qu'il ne faut pas avoir peur d'essayer quelque chose de nouveau, de novateur et de créatif pour satisfaire aux divers besoins d'apprentissage de nos différents groupes d'élèves. Prenez de bons gros risques dans le cadre de votre enseignement et vos efforts contribueront à inspirer, à mobiliser et à revitaliser la passion de vos élèves à l'égard de leur propre apprentissage.


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Inspirer les élèves pour le permettre d'atteindre leur plein potentiel

Margaret Murphy

Margaret Murphy
Templeton Secondary School
Vancouver (Colombie-Britannique)
Années et matières : Formation de chef, arts culinaires de la 10e à la 12e année

En tant qu'enseignante, j'avais pour but d'inspirer les jeunes afin qu'ils puissent développer au mieux leurs capacités au sein d'une communauté de mentors dévoués qui pourraient les guider. En 1989, j'enseignais dans une classe inhabituelle — une cafétéria — avec 12 élèves ayant des besoins particuliers et une brigade de cuisine qui préparait le repas du midi pour 80 personnes. Vingt-quatre ans plus tard, le programme s'est transformé et compte 160 élèves aux aptitudes variées et sept employés qui préparent chaque jour des repas pour 500 à 800 personnes et offrent des services de traiteur dans le cadre d'une multitude d'événements communautaires.

Les élèves de l'école secondaire Templeton proviennent de milieux socio-économiques et culturels différents. Le défi était pour moi de faire comprendre aux élèves à quel point l'apprentissage de compétences et de concepts au sein de ce milieu éducatif enrichirait et changerait leur vie entière pour le mieux. Mon approche consistait à franchir les frontières d'une salle de classe traditionnelle. En classe, les élèves acquièrent non seulement des compétences en cuisine et en pâtisserie, ils apprennent la collaboration, l'éthique du travail, la gestion du temps, le leadership, l'organisation et la communication. À mesure qu'ils développent ces habiletés, les élèves peuvent mettre en pratique et démontrer leurs capacités dans plusieurs endroits dans la communauté. Ce faisant, ils reçoivent la rétroaction et la confirmation qui leur donnent confiance, facilitent leur transition vers le milieu du travail ou les études postsecondaires et les aident à s'intégrer à la communauté.

Les élèves étaient encouragés à saisir autant d'occasions que possible; en voici quelques-unes :

  • Approche communautaire : les élèves cuisinent pour des organismes à Vancouver dans le cadre d'événements tels le « Homeground » pour lequel pendant trois jours les élèves préparent et servent 1 500 repas à des résidents démunis de la partie est du centre-ville de Vancouver. Plusieurs de ces élèves sont issus de foyers aussi pauvres que les gens qu'ils servent, mais ils sont heureux de redonner à la communauté.
  • Compétitions culinaires : les élèves cuisinent devant un public, comme dans le cadre des compétitions télévisées de l'émission « Iron Chef ». Des équipes de trois concurrents doivent préparer des hors-d'œuvre, un plat principal et un dessert avec un même ingrédient vedette. En préparant leur projet, les élèves réalisent qu'ils doivent faire appel à des compétences transversales en mathématiques, en chimie et en anglais pour y parvenir. Comme c'est en forgeant qu'on devient forgeron, le fait de cuisiner devant les médias et des groupes pouvant atteindre 500 personnes, en plus d'être jugé par de grands chefs canadiens, les élèves développent confiance, concentration et faculté d'adaptation.
  • Transitions travail-vie personnelle : en tissant des liens avec des restaurateurs locaux, plusieurs élèves se sont joints à l'industrie par l'entremise d'un apprentissage mixte école-industrie. Une telle expérience de travail s'appuie essentiellement sur la relation continue entre ces établissements et l'école afin que les élèves aient l'occasion de réussir et d'accéder au monde du travail et, souvent, à un apprentissage.
  • Mentorat : en interagissant avec d'anciens diplômés et de grands chefs du milieu collégial de l'industrie, les élèves acquièrent des compétences et ont l'occasion d'apprendre des stratégies qu'ont utilisées les professionnels qui ont réussi. Ainsi, les élèves constatent qu'eux aussi peuvent réussir.
  • Possibilités de voyages axés sur l'alimentation : plusieurs élèves ont visité des pays comme la France, l'Espagne, l'Italie, les États-Unis et le Japon, ont découvert à l'école une variété d'instituts comme le « Culinary Institute of America », Cordon Bleu et La Notre et ont participé à des visites d'installations de production locale d'aliments tels des truffes et du fromage Parmesan. 

Dès le premier jour d'école, les élèves apprennent à s'approprier leur apprentissage grâce à des occasions de leaderhip dans le cadre d'activités scolaires quotidiennes et par le biais d'une variété de véritables enjeux qui touchent leur quotidien tels la sensibilisation culturelle et les droits fondamentaux des enfants. En découvrant leurs passions, les élèves ont le sentiment d'avoir un but et peuvent apporter une contribution significative et précieuse à la classe, à l'école, à la communauté et au monde entier.


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Combinaison spatiale — Oser rêver grand

Maria Nickel

Maria Nickel
Woodlands Elementary
Woodlands (Manitoba) 
Années et matières : Technologie, sciences, mathématiques et arts, de la maternelle à la 8e année

Comment une enseignante peut-elle inspirer une génération d'amateurs de sciences en donnant des exemples pratiques de science spatiale tirés de la vie de tous les jours? Ma réponse est une combinaison spatiale unique d'apprentissage, d'exploration et de simulation d'un véritable scientifique en temps réel. Je me concentrerai sur les programmes que j'exécute à l'école : le « Space Knights Space Club » et le « Student Spaceflight Experiment Program ».

Mes élèves me connaissent sous le nom de Commandant Nickel. Je porte une combinaison de vol d'astronaute bleue lorsque j'anime Le club de l'espace, lors d'excursions et dans les cours de science; c'est mon appât pour attirer l'attention des enfants. Ils savent que lorsque je porte ma combinaison, le plaisir est sur le point de commencer. Je dirige le « Space Knights Space Club » depuis cinq ans pour les élèves de la 6e à la 8e année. J'ai été inspirée par ma participation au « Honeywell Educators@Space Academy Program » et je collabore depuis à des projets liés à l'espace.

Tous les membres du club doivent soumettre une demande d'adhésion et rédiger un essai pour y être admis; ils doivent être des modèles positifs, avoir d'excellents résultats scolaires et un esprit d'équipe. Les enfants de mon club spatial critiquent et testent des prototypes d'expériences de la NASA qui s'adressent à des élèves du primaire pour le compte du programme NASA Education, assistent à des ateliers sur la robotique et l'astronomie, participent à des expériences pratiques et dirigent un projet spatial (space riot) pour communiquer au reste de l'école la passion de la science spatiale.

J'ai réussi à inviter Dr Jeff Goldstein, directeur du « Student Spaceflight Experiment Program » (SSEP) aux États-Unis, à clavarder avec mes élèves. Il m'a encouragée à soumettre ma candidature au poste de directrice du SSEP pour notre division scolaire. Huit écoles primaires de 450 élèves de notre division ont participé à une compétition locale de conception d'expériences en vol. Des équipes d'élèves s'opposaient pour proposer des expériences à exécuter en vol dans la Station spatiale internationale (SSI). C'était la première fois au Manitoba, au Canada et au monde que des élèves du primaire soumettaient une expérience pour la SSI. Ce programme s'est avéré une source d'exploration, de découverte et de pur plaisir pour les élèves.

Ce programme a suscité auprès des élèves de la maternelle à la 8e année de notre école et de notre division scolaire bien plus que de l'intérêt pour les sciences. Les élèves ont voulu y participer et travailler d'arrache-pied à des projets de science. J'ai des élèves de maternelle qui me montrent des robots qu'ils ont construits à partir de matières recyclées et d'autres qui m'abordent dans le corridor pour me dire à quel point ils sont excités de soumettre leur demande d'adhésion à mon club. L'appât était qu'ils pouvaient proposer une expérience de leur cru à exécuter en vol.

Je recommande aux éducateurs d'utiliser un appât pour intéresser les enfants et les amener à en demander davantage. L'appât ne fonctionne pas uniquement pour les sciences, mais pour toute autre matière. Il suffit de lancer l'appât pour que les enfants nous démontrent que l'impossible est possible.

Pour participer au « Student Spaceflight Experiment Program », consultez le site http://ssep.ncesse.org/ .


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L'apprentissage par des expériences pratiques pour les élèves et l'enseignant

Kristen Sawyers

Kristen Sawyers
Simon Alaittuq School
Sac postal 002
Rankin Inlet (Nunavut)

Années et matières : Mathématiques, sciences, arts d'expression anglaise et études sociales en 6e année

L'enseignement au Nunavut m'a offert de nombreuses possibilités et expériences uniques dans ma carrière d'éducatrice. L'intégration des traditions inuites et de la culture par le biais du programme Inuuqatigiit m'ont démontré la valeur de l'enseignement à l'extérieur des murs de la classe. Mes méthodes professionnelles ont évolué et comportent maintenant des volets d'apprentissage par l'expérience sur le terrain, par projets et par des voyages humanitaires. Cette méthode d'apprentissage par l'expérience pratique centrée sur l'élève est devenue la base de ma philosophie d'enseignement et une pratique exemplaire dans ma classe.

Le Nunavut, quel endroit inspirant pour un éducateur, la terre qui entoure votre école, la culture inuite et un programme qui appuient l'enseignement à l'extérieur de la classe traditionnelle et une école qui favorise une approche de soutien au comportement. J'enseigne au Nunavut depuis neuf ans et je ne cesse d'être impressionnée par toutes les possibilités qui me sont offertes pour engager les élèves dans leur apprentissage, qu'il s'agisse de participer à des camps scientifiques et culturels, d'accompagner des élèves lors d'expo-sciences régionales et nationales ou d'un voyage humanitaire estival au Botswana et, tout dernièrement, de faire participer mes élèves aux plans d'enseignement individualisé de l'apprentissage par projets. En cherchant des moyens créatifs de relier le programme à la culture inuite et d'encourager le leadership dans ma classe, j'ai pu cultiver ma passion pour l'enseignement. Plus je fais d'exercices pratiques, plus ils sont heureux, ce qui permet d'atteindre les résultats du programme d'une façon qui entraîne des effets durables chez les élèves.

J'ai vécu de nombreuses expériences positives au fil des ans grâce à cette méthode d'enseignement et d'établissement de liens avec mes élèves. L'assiduité s'est améliorée, la gestion du comportement est minime et les élèves semblent plus heureux d'être à l'école, stimulés et enthousiastes à l'idée d'apprendre. Le voyage humanitaire au Botswana s'est avéré une expérience enrichissante pour les élèves et pour moi-même. Le programme « Northern Youth Abroad » permet aux élèves du niveau secondaire d'obtenir des crédits pendant l'été et de faire des rapprochements entre leur propre culture et la culture san. Les élèves ont également acquis des compétences en leadership, une certaine indépendance et ont eu la chance de voyager et de faire du bénévolat. Mes excursions avec les élèves nous ont permis d'apprendre des aînés, d'apprécier la terre, de renforcer les liens de la classe et ont permis aux élèves de faire preuve de leadership et de devenir l'enseignant. Les expériences servent de moments propices à l'enseignement et de références dans le cadre d'une approche transversale. L'apprentissage par projets a révolutionné mon enseignement différentiel en classe. Les élèves qui ne participaient pas sont devenus les chefs de file en classe et dans l'école. Les campagnes de financement pour la Fondation Terry Fox, la construction d'une niche à chien et la sculpture en pierre de savon compte parmi les projets les plus mémorables. Les élèves étaient fiers de leur travail et prennent part à l'ensemble du processus d'apprentissage.

Je conseille aux éducateurs qui souhaitent sortir l'apprentissage de la classe de tenter l'expérience! C'est ce que j'ai fait en Ontario et au Nunavut, et bien que les formalités administratives soient un peu plus nombreuses en Ontario, les bienfaits se font sentir dans toutes les classes. Recherchez des ressources communautaires ou des parents prêts à appuyer l'apprentissage hors de la classe. Il peut s'agir d'un simple pique-nique dans la cour de récréation de votre école pour célébrer un pays que vous étudiez en études sociales. Les projets peuvent se concrétiser sur la table du fond, dans la cour de récréation, dans la cuisine ou dans des centres d'éducation en plein air. Les liens que vous tissez avec vos élèves, l'amour de l'apprentissage et l'effet positif sur votre classe et votre pratique professionnelles compensent largement les heures supplémentaires que vous consacrerez à la planification! Commencez par de petits projets et appuyez-vous sur vos expériences lorsque vous aurez acquis plus de confiance.


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Les échanges interculturels à l'âge numérique

Gregory Smith

Gregory Smith
Amalgamated Academy
Bay Roberts (Terre-Neuve-et-Labrador)
Années et matières : Toutes les matières en 5e et 6e année (à l'exception du français de base en 5e année)

Facebook, Twitter, le courrier électronique et les blogues sont autant de moyens pour nos élèves d'utiliser quotidiennement Internet pour établir des liens avec leurs propres familles et cercles d'amis. Mais dans quelle mesure les utilisent-ils pour établir des liens avec le monde extérieur? Nous présumons que cette technologie a donné lieu à un village plus global où nos enfants sont plus au courant de l'actualité mondiale et sont plus à même d'accepter et de comprendre les différentes cultures. Est-ce réellement le cas?

Je viens d'une petite école d'une région rurale de Terre-Neuve. Travaillant avec des enfants du niveau primaire, je suis toujours fasciné par le peu de connaissances qu'ils ont à l'égard du monde et des événements qui se produisent à l'extérieur de leur propre communauté. Notre programme actuel en éducation religieuse et en études sociales favorise la compréhension et l'acceptation des autres peuples et cultures. Ce concept est essentiel si l'on veut faire de notre monde le « village global » que nous souhaitons tous. Bien que nos élèves aient tout à leur disposition pour y parvenir, je crois, dans une large mesure, ce n'est pas le cas.

Ceci étant dit, j'ai cherché des options qui permettaient à mes élèves d'interagir avec des élèves d'autres cultures partout dans le monde. Avec l'aide de notre enseignant en ressources d'apprentissage, nous avons étudié le projet de classe virtuelle mondiale, « Global Virtual Classroom » (GVC), et « ePals » pour mettre nos élèves en communication avec des élèves d'autres pays et cultures.

« ePals » est une collection d'outils offerts sur Internet qui permet aux élèves de partout dans le monde de communiquer et de collaborer avec d'autres élèves dans un contexte d'échange culturel virtuel. Chacun de mes élèves a été jumelé à trois amis virtuels d'autres pays, dont la Pologne, la Suède, la Russie, l'Indonésie et de l'Afrique. Nous voulions que nos élèves connaissent une grande variété de cultures particulièrement différentes de la leur. Les élèves ont échangé des courriels avec les amis virtuels sur une base hebdomadaire. Le sujet de discussion de chaque semaine était choisi par les élèves, mais se devait d'avoir rapport à l'étude de la culture mondiale (la musique, les vêtements, la nourriture, l'éducation, etc.). Les élèves ont tenu un journal électronique des idées qu'ils pourraient éventuellement utiliser pour créer une présentation PowerPoint sur les diverses cultures qu'ils ont côtoyées. Notre projet « ePals » a volé de ses propres ailes lorsque nos amis virtuels de la Pologne et notre classe se sont mis à s'échanger des cartes de Noël et de St-Valentin, ainsi que des photos de leur école et de leurs activités pédagogiques.

Grâce au projet GVC, nous étudié en groupe un pays en fonction des similitudes et des différences culturelles. Nous avons communiqué avec des élèves aux États-Unis et au Japon et facilité un échange d'idées où les élèves ont pu discuter d'un éventail de sujets telles leurs préférences en matière de musique, d'aliments, de vêtements, d'éducation, de religion, etc. Nous avons créé et publié une vidéo d'une journée en classe qui donnait un aperçu de nos activités quotidiennes, et l'avons échangé contre une vidéo d'une journée en classe au Japon. Nos élèves ont constaté que malgré de grandes différences dans nos vies quotidiennes, les enfants d'autres pays et cultures n'étaient, en réalité, pas différents de nous. La démarche de GVC était légèrement différente de celle de « ePals ». Ces projets ont également été présentés dans notre classe à la fin de l'année scolaire.

Ma participation à ces deux projets m'a permis d'atteindre mes objectifs. Non seulement mes élèves ont-ils été exposés et mieux sensibilisés aux aspects culturels d'autres pays, ils ont également eu la chance unique de découvrir une affinité culturelle avec leurs pairs dans le monde entier.


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Jeter les bases : la citoyenneté mondiale commence à la maternelle

Gina Wong

Gina Wong
Florence Nightingale School
Vancouver (Colombie-Britannique)
Années et matières : Maternelle

Tous les élèves peuvent réussir leur apprentissage. Les jeunes enfants peuvent être des citoyens actifs qui contribuent à leur communauté et à la société en général. Les jeunes enfants sont encouragés à s'approprier leur apprentissage et à partager leurs connaissances en tant que nouveaux lecteurs lors de présentations par petits groupes à toute la classe et en tant que rédacteurs dans le cadre de rencontres individuelles de rétroaction par des pairs.

Ma classe de maternelle se trouve dans une école de centre-ville urbain. Dès le premier jour, mes élèves sont invités à utiliser les mêmes outils que l'enseignant — ils repèrent et lisent leur nom au moyen du tableau blanc interactif et dès le deuxième mois d'école, des élèves-moniteurs dirigent les routines de début de journée. Les élèves ont accès à diverses occasions d'apprentissage enrichissantes qui leur permettent de collaborer avec plusieurs membres et partenaires de la communauté — ils peuvent cuisiner avec des membres de la famille pour célébrer leur patrimoine, s'occuper du potager de l'école avec nos parents, concevoir des cartes de remerciements pour les célébrations du centenaire de l'école avec un artiste résident et collaborer avec des camarades plus âgés à un projet d'art multimédia. Malgré les nombreux défis et inconvénients que mes élèves de la maternelle doivent surmonter, ils apprennent très tôt que leur monde d'apprentissage s'étend au-delà des murs de la classe et qu'ils peuvent apporter d'importantes contributions à la classe, à la communauté et au monde.

Un projet remarquable qui a permis à mes élèves de maternelle d'étudier la « Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant » des Nations Unies, en collaboration avec une classe de première année et des étudiants de l'Université de la Colombie-Britannique, en est un exemple. Mes élèves ont étudié les principaux thèmes des déclarations les plus pertinentes pour eux dans leur vie quotidienne. Grâce à divers chants, ouvrages, vidéos, sites Web et récits personnels des enseignants et des pairs, les élèves ont pu s'identifier à d'autres enfants tout en reconnaissant les différentes difficultés qu'ils peuvent rencontrer — comme de ne pas pouvoir jouer, aller à l'école, se procurer des aliments sains ou se retrouver en famille aussi librement. Nous avons créé des silhouettes qui représentaient les différents droits des enfants que nous avons affichées autour de l'école pour partager avec d'autres ce que les élèves ont appris.

En connaissant et en comprenant mieux les droits fondamentaux de tous les enfants, mes jeunes apprenants se sont mis à chercher ce qu'ils pourraient faire pour aider d'autres enfants dans le monde et à en discuter. Nous avons décidé de créer un marché pour recueillir des fonds afin d'aider d'autres enfants des pays en développement. Les élèves ont fabriqué plusieurs objets d'artisanat, tels des marionnettes, des foulards en batik et des instruments de musique, dans le but de les vendre. Nous avons ensuite exposé les objets d'artisanat créés par les élèves dans le gymnase et invité toute l'école à venir acheter les produits tandis que les élèves de la maternelle et de la première année leur expliquaient le but de ce marché. Nous avons amassé plus de 300 $ que les élèves ont décidé d'utiliser pour parrainer un enfant ougandais afin de l'envoyer à l'école.

Les élèves ont appris que leur apprentissage et leur travail pouvaient avoir d'importantes répercussions sur la vie d'autrui à l'extérieur de leur communauté immédiate. Cela continue d'être un élément fondamental de ma pratique courante de l'enseignement lorsque je travaille avec différentes classes et différents groupes d'enfants : faire comprendre aux jeunes apprenants que, quel que soit leur âge, ils peuvent, en tant que citoyens mondiaux socialement responsables, grandement contribuer à la vie des autres — dans leur famille immédiate, dans la communauté en général et même dans le monde.

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