Profil industriel


Introduction

L'industrie des produits en caoutchouc regroupe trois industries secondaires qui sont les suivantes : pneus et tubes, tuyaux et courroies et autres produits en caoutchouc. Les produits industriels en caoutchouc regroupent les tuyaux et les courroies et autres produits en caoutchouc, mais excluent les pneus et les tubes.

Bien que les produits industriels en caoutchouc soient employés presque par toutes les industries, le marché dominant est celui de l'industrie de l'automobile (exemple : durites, courroies, joints et bourrelets). Les autres marchés importants incluent l'industrie des tapis roulants pour les secteurs des mines et de la sylviculture, des rouleaux de tapis et des produits de consommation.

Tout le caoutchouc naturel utilisé au Canada est importé; il peut être extrait à partir d'une variété de plantes, mais la source la plus importante est l'arbre à gomme. Les caoutchoucs synthétiques sont produits chimiquement à partir de produits de base pétrochimiques. Lanxess est l'unique fabricant de caoutchoucs synthétiques au Canada. Les principaux caoutchoucs synthétiques sont le styrène-butadiène, le butyle, le nitrile, l'isoprène, le chloroprène, le polysulfide et le terpolymère de silicone et d'éthylène-propylène-diène (EPDM).

La première étape dans la fabrication d'un produit en caoutchouc consiste à mélanger un ou plusieurs types de caoutchoucs à des additifs comme du noir de carbone, du pétrole, des antioxydants, des catalyseurs, des plastifiants, des pigments, des accélérateurs et des matières de charge. On traite le composé de caoutchouc pour lui donner la forme voulue par des procédés tels que l'extrusion, le moulage par compression, ou le calandrage (qui revêt un substrat comme la fibre de verre ou un textile de caoutchouc). À cette étape, le caoutchouc est encore plastique et sa forme peut être modifiée de façon permanente si on applique une pression déterminée or par une pression déterminée. Le caoutchouc est alors transformé en élastomère, ou matière qui recouvre sa forme originelle une fois relâchée la pression qui lui imprimait une forme particulière, par un procédé connu sous le nom de vulcanisation. Celle-ci entraîne la formation de nouveaux liens chimiques entre les différentes chaînes de polymères, ce qui donne au produit l'élasticité qu'on associe habituellement au caoutchouc. Dans certains cas, le moulage et la vulcanisation sont combinés en une seule étape.

Structure et rendement de l'industrie

Au Canada, l'industrie des produits industriels en caoutchouc comprend environ 298 établissements. En 2010, ce secteur employait 9 260 personnes et les expéditions s'élevaient à 2,3 milliards de dollars (voir les statistiques détaillées). Suite à une baisse de la production causée par la récession, l'industrie a montré une bonne croissance en 2010.

Selon les données de 2009 de Statistique Canada, la répartition des établissements était la suivante: 50 p. 100 en Ontario, 31 p. 100 au Québec, 9 p. 100 en Colombie-Britannique, 9 p. 100 dans les Prairies, et 1 p. 100 dans l'Atlantique.

La Figure 1 compare la moyenne des salaires et la Figure 2 compare les expéditions par employés, pour les produits industriels en caoutchouc et pour le total de la fabrication. Les expéditions par employé demeurent en-dessous de la moyenne de l'industrie de la fabrication, ce qui indique que l'industrie des produits industriels en caoutchouc nécessite une forte intensité de main-d'œuvre.

Figure 1: Salaires et traitements moyennes

Figure 1: Salaires et traitements moyennes

Source: Statistics Canada

Figure 2 : Expeditions par employe

Figure 2 : Expeditions par employe (la description détaillée se trouve sous l'image)

Source: Statistics Canada

Commerce

La Figure 3 montre les tendances commerciales. En 2010, les exportations se sont élevées à 1,0 milliard de dollars et des importations ont été évaluées à 1,8 milliards de dollars. Les échanges commerciaux se font principalement avec les États-Unis. En 2010, 55 p. 100 des importations provenaient des États-Unis, alors que 93 p. 100 des exportations leurs étaient destinées. Les exportations canadiennes ont augmenté d'une façon impressionnante pendant les années 1990, pour passer de 23p. 100 du montant des expéditions totales en 1990 à 45 p. 100 en 2010. Les importations canadiennes ont également considérablement augmenté pendant cette période et en 2010 elles représentaient 58 p. 100 du total de la consommation canadienne.

Figure 3 : Commerce

Figure 3 : Commerce (la description détaillée se trouve sous l'image)

Source: Statistics Canada

Cette industrie est maintenant essentiellement entièrement rationalisée en Amérique du Nord. Les sociétés ayant des usines au Canada et aux États-Unis ont changé leurs mandats de fabrication de sorte que leurs usines produisent une gamme plus restreinte de produits, mais en plus grande quantité pour satisfaire la demande dans un marché géographique plus étendu. Cette tendance de rationalisation a débuté au milieu des années 1970 et s'est accélérée après la récession de 1981–1982, pour devenir encore plus prononcée après la signature de l'ALE en 1988.

À partir du 1er janvier 1998, les tarifs ont été éliminés sur tous les produits en caoutchouc importés au Canada des États-Unis. Selon les termes de l'Accord du libre échange nord-américain (éricain">ALÉNA), les tarifs sur les produits en caoutchouc expédiés entre le Canada et le Mexique sont déjà éliminés pour pour tous les produits à partir du 1er janvier 2003.

Technologie

L'industrie a facilement accès aux matières premières nouvelles et utilise généralement de l'équipement moderne. Bien que la recherche et le développement (R-D) soient assez limités au Canada, les filiales peuvent obtenir la technologie nécessaire par l'entremise de leur réseau. Un grand nombre de plus petits fabricants de produits en caoutchouc dépendent entièrement des fournisseurs de matières premières, des formulateurs de produits intermédiaires, ou des fournisseurs de machineries pour obtenir l'aide technique nécessaire à la mise au point de nouveaux produits. Les fabricants de produits spécialisés doivent dépenser en R-Dplus que la moyenne des industries de ce secteur si elles veulent que leurs produits conservent une certaine supériorité au sein du marché.

L'évolution intervenue dans la technologie des élastomères thermoplastiques ouvre la porte à une amélioration marquée de la productivité et de la qualité des produits. Les élastomères thermoplastiques possèdent l'élasticité qu'on associe au caoutchouc, mais dans des conditions appropriées, ils peuvent être moulés comme les plastiques. Cette caractéristique permet l'utilisation de technologies de transformation des matières plastiques pour produire des produits élastomères, ce qui est moins coûteux et plus efficace que les méthodes traditionnelles de traitement du caoutchouc. Ces matières sont tirées soit de copolymères blocs, qui possèdent des zones élastomères et thermoplastiques distinctes (domaines), soit de mélanges de polymères élastomèriques et de thermoplastiques distincts. On s'attend à ce que l'utilisation des élastomères thermoplastiques augmente beaucoup plus rapidement que le marché de l'ensemble des produits industriels en caoutchouc. Les applications dans lesquelles les élastomères thermoplastiques remplacent les caoutchoucs de thermodurcis comprennent les joints, les joints d'étanchéité, les boyaux, les tuyaux flexibles, les tissus enduits, les gaines recouvrant les colonnes de direction, les toiles imperméables, les bourrelets, les courroies de tapis roulants et les conduits d'air des automobiles.

Questions liées à l'environnement

La gestion des déchets de caoutchouc post-consommation continue d'être une question importante pour l'industrie du caoutchouc. Bien que le secteur des pneus usagés ait retenu la majeure partie de l'attention du public, tous les gros fabricants de produits en caoutchouc devront finalement faire face au problème de l'élimination des déchets de fabrication. Il est plus difficile de recycler les produits en caoutchouc que le plastique, parce qu'on ne peut pas les retraiter en recourant simplement à la chaleur et à la pression. Le processus de recyclage se fonde sur la désagrégation mécanique de l'objet, la séparation et de la récupération de la composante en caoutchouc, et de l'incorporation des fragments du caoutchouc dans un autre procédé de fabrication. Quelques-uns de ces procédés ont été développés pour fonctionner dans une température ambiante et d'autres ont été conçus pour fonctionner à très basses températures (cryogénique), qui rendent le caoutchouc fragile et cassant. Certaines utilisations du caoutchouc recyclé comprennent :

  • un modificateur pour les chaussées en asphalte-caoutchouc et pour le revêtement des toitures
  • d'autres produits en caoutchouc tels que les paillassons de caoutchouc, les thibaudes, les revêtements de sol pour l'athlétisme, les conditionneurs de sol, les membranes des eaux de lessivage.

Un autre grand consommateur de pneus usagés, beaucoup plus utilisé aux États-Unis, est le carburant dérivé des pneus (CDP). Les pneus ont une puissance calorifique semblable à celle du charbon et ils peuvent en partie remplacer le charbon dans des applications nécessitant une énergie élevée telles que dans les fours à ciment et les chaudières des centrales électriques. L'utilisation de CDPpour l'incinération n'est pas très commune au Canada, en raison principalement de la politique de l'environnement qui a tendance à vouloir limiter son utilisation comme carburant de substitution.

La pyrolyse est une autre forme de conversion à hautes températures. Dans la pyrolyse, le caoutchouc est décomposé à températures élevées en l'absence d'oxygène. Ce procédé aboutit à la formation d'une large gamme de composants chimiques qui peuvent alors être raffinés et utilisés comme matières de base chimiques pour d'autres procédés. Les procédés de pyrolyse sont encore expérimentaux pour la plupart et ne sont pas encore tout à fait prêts pour être commercialisés.

Comparaison entre le Canada et les États-Unis

La valeur des expéditions par employé (ajustée en dollars canadiens constants) a été régulièrement plus élevée dans l'industrie aux États-Unis que celle du Canada, mais la différence a renversé récennement (figure 4).

Figure 4 : Livraisons par employe

Figure 4 : Livraisons par employe (la description détaillée se trouve sous l'image)

Source: Statistique Canada et département américain du commerce

Normalement, les salaires moyens aux États-Unis (convertis en dollars canadiens constants) ont été plus élevés que ceux du Canada (Figure 5). Cette différence a renversé récennement aussi.

Figure 5 : Salaires moyens

Figure 5 : Salaires moyens (la description détaillée se trouve sous l'image)

Source: Statistique Canada et département américain du commerce

Les marges bénéficiaires brutes est définie comme étant (la valeur ajoutée - le total des salaires et traitements)/les expéditions ont été utilisées comme mesure de base de rentabilité pour l'industrie dans les deux pays (Figure 6).

Figure 6 : Marges brutes

Figure 6 : Marges brutes (la description détaillée se trouve sous l'image)

Source: Statistique Canada et département américain du commerce

Perspectives d'avenir

L'industrie canadienne est composée de filiales de sociétés multinationales et d'entreprises de propriété canadienne.

Le défi des filiales est de continuer d'assurer la sécurité de leur mandat de production afin de permettre aux usines canadiennes d'utiliser leur capacité pour fournir les marchés nord-américains ou mondiaux à partir du Canada, et de convaincre leur maison mère de continuer d'investir au Canada, ce qui est nécessaire pour suivre le rythme de l'évolution technologique.

Pour les sociétés canadiennes, qui souvent ont tendance à se situer dans la catégorie des petites et moyennes entreprises, le défi sera de continuer à fabriquer des produits qui dérivent de leurs compétiteurs, mais de meilleure qualité ou qui visent les marchés à créneaux. Ces entreprises doivent continuer d'investir dans la R-Dliée au produit et à la technologie de la fabrication afin de conserver leur avantage concurrentiel, et elles doivent également continuer leur percée dans les marchés d'exportation afin de se développer.

Associations

Association canadienne du pneu et du caoutchouc

Principales sociétés
Entreprise Pays d'appartenance Location des usines
AirBoss Rubber Compounding Canada Kitchener (Ontario)
Acton Vale (Québec)
American Biltrite Ltd. États-Unis Sherbrooke (Québec)
Cooper Standard Automotive États-Unis Georgetown (Ontario)
Mitchell (Ontario)
Stratford (Ontario)
Garlock of Canada Ltd. États-Unis Oakville (Ontario)
GDX Automotive Allemagne Welland (Ontario)
Hamilton Kent Canada Weston (Ontario)
National Rubber États-Unis Toronto (Ontario)
Parker Hannefin États-Unis Orillia (Ontario)
PPD Rubtech Canada Waterville (Québec)
Soucy International Canada Drummondville (Québec)
Royal Mat Canada Beauceville (Québec)
Veyance Technologies Inc. États-Unis Bowmanville (Ontario)
Owen Sound (Ontario)
Québec (Québec)
Waterville TG Inc. Japon Coaticook (Québec)
Waterville (Québec)
Petrolia (Ontario)
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